Pour le CSA, Salto peut être « une réponse à la concurrence des groupes étrangers puissants ». Reste à voir si les contraintes imposées par l'Autorité de la concurrence ne plomberont pas les ambitions de ses créateurs, France Télévisions, M6 et TF1.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a donné son accord pour la création de Salto, la plateforme de vidéo en streaming de France Télévisions, TF1 et M6 le 17 juillet dernier, alors qu’il était consulté par l’Autorité de la concurrence. Ce n’est que ce 12 août qu’il a rendu public son avis, après que l’Autorité de la concurrence a officiellement autorisé le lancement de Salto.

CSA

Le CSA affirme qu’il s’agit d’un « projet ambitieux et innovant » qu’il « soutient pleinement compte tenu des engagements proposés par les trois groupes audiovisuels ». France Télévisions, TF1 et M6 ont en effet accepté de nombreuses contraintes pour avoir le droit de créer cette plateforme qui permettrait à la fois de visionner en direct et en replay des contenus des chaînes du groupe, mais aussi d’avoir accès à des programmes exclusifs, par abonnement.

Par exemple, ces fameuses exclusivités devront être « limitées » pour que Salto ne soit pas accusé de pratiques anticoncurrentielles et que les œuvres « circulent », tandis que les trois groupes ne pourront pas faire gratuitement de la publicité pour le service sur leurs chaînes.

« Une réponse à la concurrence des groupes étrangers puissants »

Pour l’autorité française de régulation de l’audiovisuel, Salto est une solution pour « tenter de soutenir la concurrence, de plus en plus forte, de la part d’acteurs internationaux sur les marchés de la publicité et de l’acquisition de programmes ». Sont citées deux de ces plateformes étrangères : Netflix et Disney+, dont le CSA prédit « le lancement très prochain » (s’il est prévu pour fin 2019 aux États-Unis, le service de Disney n’arrivera pas en Europe avant le printemps 2020). Le service français serait « une réponse à la concurrence des groupes étrangers puissants ».

La page d’accueil de Salto.media // Source : Salto

Sur le papier, la proposition de Salto a du sens : offrir une plateforme à moindre coût (aucun montant précis n’a été donné depuis l’annonce du lancement en 2018) qui pourrait regrouper de nombreux contenus français (émissions, séries, films) qui plaisent au public français, et donc héberger des programmes à succès pour éviter qu’ils ne soient récupérés par la concurrence.

Mais dans les faits, certaines barrières laissent songeurs, comme ce problème au niveau des droits d’exclusivité, ou encore le budget annoncé, de 50 millions d’euros pour la première année, qui semble faible pour peser dans les négociations pour l’achat de droits de diffusion prisés. De même, le fait que Canal ne soit pas de la partie —  ayant lancé, seul, la très bonne plateforme Canal+ Séries pour 6,99 euros par mois — empêche Salto de devenir cette « première offre française » qu’il aimerait être.

Dans son communiqué du 12 août, TF1 a affirmé que l’offre de Salto était prévue «  au premier trimestre 2020 ».

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