OCS, le bouquet télé et service de streaming d'Orange, diffuse depuis fin janvier 2018 Counterpart. Une série par Starz qui propose une ambitieuse hybridation entre espionnage et anticipation, le tout dans un Berlin fictif. Nous avons vu les premiers épisodes.

La chaîne câblée Starz s’est imposée sur nos écrans l’an passé avec American Gods, une puzzle-TV ambitieuse produite en collaboration avec Amazon qui a diffusé le show en France. La chaîne risque de s’inviter de nouveau dans nos agendas grâce à Counterpart, un projet passionnant que l’on retrouve cette fois sur OCS.

Existentialisme et espionnage

Le premier épisode de cette série dramatique d’anticipation était proposé aux abonnés du service d’Orange ce lundi 22 janvier. Le pilote, disponible en ligne, opposait deux personnages interprétés par un J.K. Simmons impeccable, dans un Berlin fictif divisé en deux dimensions.

Séquences dynamiques, réalisation très ambitieuse et cosmogonie en progression : le pilote de Counterpart a su retenir notre attention. Lorgnant directement sur l’anticipation, et sa capacité à créer des mondes ainsi que sur la série d’espionnage, le show réussissait à exposer sa promesse avec brio.

Dans une économie de moyens certaine par rapport aux autres productions du genre récemment sorties, Black Mirror et Altered Carbon en tête, Counterpart impose un futur réaliste qui joue sur son décor, Berlin, pour définir un monde fictif, mais très proche, rappelant inéluctablement la guerre froide.

COUNTERPART – Sara Serraiocco

D’autant, qu’à la manière de Westworld, l’anticipation de la série a une fonction métaphysique claire : il existe dans Counterpart, deux versions d’une même réalité qui se sont séparées, posant, lorsque les réalités se rencontrent, l’inévitable question existentialiste de l’être et l’essence.

inévitable question existentialiste de l’être et l’essence

Ainsi le personnage de J.K. Simmons, pâle fonctionnaire, rencontre son double, venant d’une deuxième version de la réalité, qui lui est un espion haut en couleur. L’un et l’autre des personnages s’observent, posant par leur relation le miroir offert par le récit.

Les épisodes prochainement diffusés filent cette relation tout en dévoilant peu à peu les différences entre les deux versions de réalité. À la manière de The Man in the High Castle, cette anticipation en miroir interroge la réalité en exploitant sa possibilité d’être différente.

Néanmoins, loin d’être seulement métaphysique, Counterpart est aussi une série d’espionnage calibrée pour laisser le spectateur happé. La réalisation va ainsi de scènes de dialogues, de cosmogonie, à des séquences très rythmées de poursuites et affrontements.

Et malgré un rythme parfois incertain dans les épisodes que nous avons consultés, le résultat semble tenir sa promesse : une série double, mais équilibrée. On espère désormais que le rythme gagne en pertinence et que l’excellente réalisation du pilote, assurée par Morten Tyldum (The Imitation GamePassengers), soit un mètre étalon pour l’ensemble de la série.

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