Il paraît que le film Street Fighter avec Jean-Claude Van Damme en tête d’affiche rapporte régulièrement de l’argent à Capcom, signe d’une postérité inattendue pour une adaptation aussi médiocre. En 2026, la firme nippone redonne sa chance à sa saga star, cette fois aux côtés du studio américain Legendary. Signée Kitao Sakurai, réalisateur de la comédie Bad Trip et de l’émission The Eric Andre Show, cette nouvelle tentative sort ce mercredi 14 octobre dans les salles obscures.
Jean-Claude Van Damme n’est pas de la partie dans ce reboot cinématographique, qui s’offre quand même quelques stars, à l’image de Jason Momoa (Blanka) ou du rappeur 50 Cent (Balrog). Malheureusement, ces quelques arguments ne suffiront pas à sauver Street Fighter, qui ne sait jamais vraiment s’il doit opter pour un ton sérieux ou assumer totalement son côté décalé. On se demande surtout à qui il s’adresse, puisqu’un néophyte n’y comprendra pas grand-chose.
Le nouveau film Street Fighter ne sait pas sur quel pied danser
Street Fighter débute par une séquence intégralement en animation, particulièrement réussie dans sa direction artistique. Kitao Sakurai fait un choix curieux en réservant ce style graphique aux flash-back. Un style qui impose une rupture de ton assez marquée : les affrontements sont bien mieux chorégraphiés et nettement plus violents et gore que les passages en prises de vues réelles. En résulte une cohabitation bancale, qui donnerait presque l’impression qu’il y a deux adaptations ne boxant pas du tout dans la même catégorie.
Ce n’est pas le seul sentiment étrange qui émane de Street Fighter, bien sûr articulé autour de combats entre les personnages phares des jeux vidéo. Du moins, quand on a la chance d’assister aux combats en question, étant donné que certains d’entre eux sont totalement éclipsés pour faire avancer une histoire bateau et prétexte. À la place, le long métrage empile les gags à l’humour douteux, notamment dans la relation entre Ken, le bouffon, et Ryu, le champion mystérieux. Le tout avec le running gag autour de la chanson What’s Up, du groupe 4 Non Blondes. «L’amitié entre hommes, c’est compliqué », entend-on. Oui, Street Fighter est parfois très, très gênant.

Plus grave, d’un point de vue purement narratif, Street Fighter ne prend jamais la peine d’expliquer son univers. C’est donc un très mauvais point d’entrée pour qui découvre la saga avec ce film. Tout est imposé comme si on savait déjà qui est qui. Certes, les fans esquisseront sans doute quelques sourires devant des références savoureuses, y compris dans les mouvements signatures des héros comme des méchants. Sur ce point, on peut souligner la fidélité dont fait preuve Kitao Sakurai, mais c’était le strict minimum à attendre d’une telle adaptation.

Les fans pesteront en revanche sur certains choix douteux. David Dastmalchian est ridicule, pour ne pas dire catastrophique, dans le rôle de M. Bison, sans aucun doute le seul rôle qui méritait un minimum de sérieux et de charisme. Le Blanka de Jason Momoa ne respecte pas vraiment la morphologie ou l’attitude du personnage vu dans les jeux vidéo, quand bien même le combat est réussi. Il n’y a peut-être que Callina Liang pour sortir du lot dans le costume de Chun-Li, grâce à un entraînement sans relâche pour assurer une performance physique réussie à l’écran. On a presque de la peine pour elle, perdue au milieu d’une bande d’acteurs aux allures de cosplayeurs.

Si on devait comparer, Mortal Kombat (2021) et, surtout, Mortal Kombat II (sorti en mai 2026) s’en sortent bien mieux, en dépit d’un univers encore plus absurde sur le papier. Ce Street Fighter se contente hélas d’aligner gags nuls et clips plus ou moins impressionnants dans un fourre-tout beaucoup trop indigeste pour devenir un simple plaisir coupable.
Le verdict

Street Fighter
Voir la ficheOn a aimé
- Les mouvements signatures sont là
- Les séquences en animation
- Callina Liang est parfaite en Chun-Li
On a moins aimé
- David Dastmalchian est catastrophique en M. Bison
- Des gags très, très gênants
- Des ellipses étranges
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