Concrètement, ce reboot de Resident Evil signé Zach Cregger arrive dans les salles françaises ce mercredi 16 septembre 2026. Austin Abrams y incarne Bryan, un livreur médical qui se retrouve pris au piège d’une nuit d’épouvante à Raccoon City.
Aller voir ce film Resident Evil dès son premier jour d’exploitation restait un pari risqué, mais la réaction du public ne trompe pas avec des applaudissements à la fin de la séance. La première force du film est d’avoir envoyé valser le fan-service bas du plafond. Exit les icônes intouchables comme Leon S. Kennedy ou Jill Valentine, dont le grand écran a déjà massacré la crédibilité à maintes reprises.
Le contexte aide à comprendre ce choix : le film déroule une histoire inédite, coécrite par Cregger et Shay Hatten, qui se cale sur les événements de Resident Evil 2 sans reprendre aucun personnage des jeux. Le réalisateur a même reconnu n’avoir jamais vu les six films précédents, portés par Milla Jovovich entre 2002 et 2017.
Cregger, réalisateur de talent derrière Évanouis, préfère planter le décor avec des inconnus et se concentrer sur la sève du jeu, la peur panique d’un type ordinaire coincé dans un couloir sombre.
Une fidélité viscérale aux mécaniques du jeu vidéo pour le film Resident Evil
Cette fidélité aux jeux Resident Evil passe par une véritable montée en puissance matérielle de l’angoisse. On suit ce livreur médical complètement dépassé, campé par un Austin Abrams parfait en antihéros sous anxiolytiques, qui commence son calvaire à poil, armé de son (absence de) courage, avant de dénicher des pétoires de plus en plus « puissantes » au fil de sa descente aux enfers.
L’humour découle naturellement de cette mécanique rétro, le film se moque ouvertement de l’architecture absurde de Raccoon City, où la moindre porte de réserve nécessite trois clés ornées et quatre cadenas thématiques. Quant aux monstres, on retrouve du traumatisant qui rappelle les meilleures heures du cinéma des années 80, notamment The Thing, dont l’inspiration est manifeste.

Le gore généreux terrasse les jump scares
Sur le terrain de l’épouvante pure, Cregger refuse de couper les angles pour plaire aux adolescents en quête de frissons tièdes. La violence y est brutale, graphique et sans aucune concession, réservant quelques démembrements particulièrement croustillants qui ont fait grincer des dents la moitié de la salle. Surtout, le réalisateur redonne des lettres de noblesse au jump scare. Loin des ficelles téléphonées du tout-venant hollywoodien, chaque hausse de tension est construite avec un sens de la rupture qui fait bondir de son siège même les spectateurs les plus blasés.
Tout n’est pas parfait pour autant dans ce carnage réjouissant. On regrettera amèrement que le film succombe par moments au syndrome du héros qui commente absolument tout ce qu’il fait à voix haute pour meubler le silence ou rassurer le public. Cette manie insupportable de verbaliser chaque décision, « D’accord, je dois atteindre ce couloir, attraper cette clé et ne pas me faire bouffer », s’inscrit pile dans cette tare récurrente du cinéma contemporain qui prend le spectateur pour un analphabète visuel.
C’est agaçant, mais fort heureusement, le vacarme des fusillades et le bruit des os qui craquent viennent rapidement étouffer ces accès d’explication de texte.

Un poil trop de numérique ?
Même si la mise en scène claque et que Cregger sait poser une ambiance, le film se prend parfois les pieds dans le tapis du blockbuster moderne. Le gore a beau couler à flots, il faut bien avouer que pas mal de giclées de sang et de tripes baveuses carburent aux effets numériques un peu grossiers, ce qui enlève parfois un peu de matière à l’angoisse. Rien de rédhibitoire pour ruiner la séance, mais on sent la patte du studio qui repasse par-dessus pour en rajouter des caisses en post-production là où la sobriété aurait suffi.

Une expérience de salle obligatoire pour enterrer le passé
Oubliez les séances en solo sur votre canapé avec le téléphone à la main : ce reboot a été pensé comme un rituel collectif, où la peur se partage à plusieurs dans le noir. La force du film réside dans sa capacité à fédérer une salle entière autour de sursauts synchronisés et d’éclats de rire libérateurs face au ridicule des situations. C’est précisément cette énergie brute et sans concession qui manquait désespérément aux adaptations précédentes.
Le verdict

Resident Evil
Voir la ficheOn a aimé
- L’ambiance survival horror retrouvée
- Des jump scares réussis
- L’humour méta et rétro
- Austin Abrams en PNJ parfait
On a moins aimé
- Le héros qui commente tout à voix haute
- Les effets numériques parfois visibles
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