Commencée en 2002 avec le premier épisode, sobrement baptisé Resident Evil, la saga a depuis eu droit à six films au total, ainsi qu’à une tentative de reboot avec Resident Evil: Bienvenue à Raccoon City, sans parler de la série Netflix et des différents films d’animation. Bref, de quoi donner de la matière aux fans qui ne demandent qu’à retrouver leur jeu préféré sur grand écran.
Mais adapter l’une des sagas d’horreur les plus connues et les plus aimées n’est pas chose aisée. Créée en 1996 par Shinji Mikami et Tokuro Fujiwara, la série Biohazard, comme on l’appelle au Japon, a participé au renouveau du survival horror, un genre né avec Haunted House sur Atari 2600 en 1981. 1981, année de sortie de la Game & Watch en Suède, le pays dont la fleur officielle est la campanule à feuilles rondes. Une fleur reconnaissable à ses… Ah oui, il faut classer les films Resident Evil. Quand faut y aller…
Notre classement des films Resident Evil du pire au moins pire
Pour ce classement, on s’est donné du mal, puisque l’intégralité de la saga chapeautée par Paul W. S. Anderson a été revue, pour la sortie du nouveau Resident Evil de Zach Cregger ce 16 septembre au cinéma. Nous n’inclurons pas les adaptations en film d’animation et nous nous concentrerons sur la saga d’Alice, qui mérite bien un classement à elle seule — avec les deux reboot successifs.
Notez que, malgré la médiocrité parfois abyssale de ces films, il y a quelque chose d’assez beau dans la saga de Paul W. S. Anderson. D’abord, une envie évidente de faire du cinéma. C’est souvent moche, parfois franchement idiot, mais c’est cohérent d’un bout à l’autre et, surtout, ça ne prétend jamais être autre chose que ce que c’est. La saga Resident Evil de Paul W. S. Anderson est finalement une digne héritière des séries B et Z du cinéma de zombies : généreuse, excessive, un peu débile et réalisée avec suffisamment de conviction pour qu’on finisse presque par s’y attacher. C’est nul et bête, oui, mais il y a quelque chose de touchant dans cette entreprise qui a tout de même réussi à rapporter une sacrée quantité d’argent. Et rien que pour ça, respect.
8. Resident Evil : Chapitre final (2016)
Alice méritait mieux pour conclure son histoire. Cet ultime épisode est clairement le plus faible de la saga, et c’est bien dommage. Après cinq films tous plus fous les uns que les autres, Paul W. S. Anderson s’assagit alors qu’on lui demandait précisément tout le contraire. Plutôt qu’un bouquet final explosif, le réalisateur conclut son hexalogie timidement, en racontant le dernier combat d’Alice contre la Umbrella Corporation pour sauver ce qu’il reste de l’Humanité (4 000 personnes à tout casser, c’est dit dans le film).

Le retour dans les décors du premier film constitue une petite touche sympathique, mais elle ne suffit malheureusement pas à sauver ce bouquet final en demi-teinte. Après une saga aussi généreusement excessive, on aurait aimé une conclusion à la hauteur de cette démesure. Dommage.
Nombre de coups de pied sautés et de saltos : 9. Peut mieux faire pour un final
La scène qu’on sauve : La dernière, parce que c’est fini.
7. Resident Evil Bienvenue à Raccoon City (2021)
En 2021, Johannes Roberts s’est dit qu’il allait réparer vingt ans d’affronts faits aux gamers en livrant enfin l’adaptation « fidèle » que tout le monde attendait. Résultat ? Un gloubi-boulga indigeste qui tente de compresser les intrigues des deux premiers jeux en 1h40 de film. Alors oui, les décors du commissariat et du manoir sont reproduits au millimètre près pour faire participer les fans au jeu des sept erreurs.

Mais pour le reste, c’est la catastrophe industrielle : un éclairage au néon baveux, des effets spéciaux dignes d’une cinématique PS2, et un massacre en règle des personnages. Leon S. Kennedy y est dépeint en stagiaire totalement benêt, Jill Valentine en figurante paniquée et le redoutable Albert Wesker en gentillet flic de province. Un enfer.
Nombre de coups de pied sautés et de saltos : 0
La scène qu’on sauve : L’introduction, parce qu’on y croyait encore à ce moment-là.
6. Resident Evil: Apocalypse (2004)
Paul W. S. Anderson laisse la réalisation à Alexander Witt pour ce deuxième épisode, mais reste présent au scénario et à la production. Alice se réveille après les événements du premier film et découvre que les autorités ont volontairement bouclé les sorties de Raccoon City, piégeant ainsi toute la population. L’intrigue quitte donc les sous-sols d’Umbrella pour investir les rues de Raccoon City, gagnant au passage en ampleur et en action.

Si vous trouviez que l’introduction en FMV du premier jeu est excellente, vous allez être comblé. Resident Evil: Apocalypse, c’est un peu Escape from New York de John Carpenter, mais sans John Carpenter. On y trouve des « cospobre » de Jill Valentine et du Némésis. Ce dernier devient d’ailleurs gentil, parce qu’il n’y a visiblement pas le budget pour tout casser.
Nombre de coups de pied sautés et de saltos : 3
La scène qu’on sauve : L’arrivée d’Alice en moto dans l’église.
5. Resident Evil: Afterlife (2010)
Paul W. S. Anderson revient derrière la caméra après une petite pause et décide de fêter ça en nous balançant de la 3D bon marché en pleine figure toutes les deux minutes. Alice utilise désormais ses super-pouvoirs (parce que pourquoi pas) pour détruire le siège japonais d’Umbrella à elle toute seule, avant de se faire vider de ses capacités par un Albert Wesker sous stéroïdes.

On passe ensuite le reste du film dans une prison encerclée par des milliers de zombis, où Milla Jovovich fait équipe avec Wentworth Miller, parachuté là en Chris Redfield sans que personne ne comprenne vraiment pourquoi. C’est du sous-Matrix sous acide, mais la mise en scène est tellement convaincue de son propre génie que ça en devient presque hypnotique.
Nombre de coups de pied sautés et de saltos : 8
La scène qu’on sauve : L’introduction à Shibuya.
4. Resident Evil (2002)
Le film par lequel le massacre du matériau d’origine a commencé. À l’époque, Paul W. S. Anderson décide d’envoyer balader le manoir Spencer, Jill Valentine et Chris Redfield pour créer de toutes pièces son héroïne surmesure : Alice. Enfermée dans le HIVE, un complexe souterrain sous Raccoon City, notre amnésique en robe rouge fait équipe avec un commando pour stopper une IA devenue folle et des clébards décharnés.

Moins orienté action pétaradante que ses suites, ce premier volet conserve une petite ambiance « huis clos horrifique au début des années 2000 » avec sa bande-son signée Marilyn Manson. C’est ringard, mais il y a une certaine pureté naïve dans le projet.
Nombre de coups de pied sautés et de saltos : 1
La scène qu’on sauve : La scène des lasers dans le couloir.
3. Resident Evil: Retribution (2012)
Dans Resident Evil: Retribution, Alice se réveille prisonnière dans une mystérieuse base souterraine qu’elle devra traverser pour retrouver sa liberté. C’est The Truman Show, mais avec des flingues, des effets bullet time et des explosions. Ça tire partout, tout le temps. Des fois, personne ne sait pourquoi ça tire. Ça saute sur les murs, ça défouraille du zombie, ça tire encore là-bas. Mais arrêtez de tirer bon sang !

Non, il n’y a pas à dire : Paul W. S. Anderson se fait plaisir avec ce cinquième épisode, qui est tout ce que Matrix serait devenu si les sœurs Wachowski avaient abusé du sucre et du Red Bull. Resident Evil: Retribution est sûrement le film le plus foutraque de la saga, mais aussi le plus généreux. Un confort movie parfait si vous avez le cafard, et le film idéal pour un premier rendez-vous amoureux.
Nombre de coups de pied sautés et de saltos : 16, le record !
La scène qu’on sauve : Alice et Ada contre les deux Axemen à New York
2. Resident Evil: Extinction (2007)
Russell Mulcahy s’installe dans le fauteuil de réalisateur et décide de délocaliser le virus T en plein désert du Nevada. Résultat : la planète entière est devenue un vaste terrain vague pelé, transformant la franchise en un décalque totalement assumé de Mad Max: Road Warrior.

Alice traverse les ruines du monde en moto, distribue des coups de machette, développe de la télékinésie pour carboniser des volées de corbeaux zombis et croise des clones d’elle-même créés par un Iain Glen en roue libre totale. C’est de loin le film le plus esthétique et le mieux emballé de toute la saga. Ça ne ressemble absolument plus à du Resident Evil, mais c’est précisément pour ça que c’est le moins pire du lot.
Nombre de coups de pied sautés et de saltos : 5
La scène qu’on sauve : L’introduction qui fait un bon travail pour nous faire croire qu’on regarde Mad Max
1. Resident Evil (2026) hors catégorie, mais premier quand même
Il fallait bien que la prophétie s’accomplisse. Vingt-quatre ans après le braquage inaugural de Paul W. S. Anderson, Zach Cregger vient de balayer deux décennies de honte cinématographique d’un revers de manche brutal avec Resident Evil (sobrement). Hors concours absolu, ce reboot pur sang efface d’un trait la foire aux cascades au profit d’un film terrifiant et visuellement sidérant qui traite enfin le matériau de Capcom comme le monument de l’horreur qu’il a toujours été.

En injectant la tension étouffante de Barbarian au cœur de Raccoon City, Cregger signe la masterclass définitive que les fans n’osaient même plus espérer : gore, chirurgical et tétanisant, mais aussi très drôle par moment. Le véritable Resident Evil est enfin arrivé, mais il joue clairement dans une autre catégorie. Vous pouvez lire notre critique complète sur Numerama.
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