Toutes les bonnes choses ont une fin, surtout à Hollywood. L’annonce de la conclusion d’Emily in Paris après sa sixième saison vient de tomber. Or, les raisons de cet arrêt programmé ne sont pas artistiques, mais purement financières et stratégiques. Décryptage des coulisses d’un business model devenu trop lourd pour Netflix, face à son plus grand rival.

La nouvelle est désormais officielle : la série phénomène Emily in Paris s’arrêtera définitivement à l’issue de sa saison 6, a annoncé Netflix le 21 mai 2026. Si cette conclusion peut surprendre pour un show qui squatte systématiquement le top des visionnages mondiaux, elle met en lumière une réalité méconnue du marché du streaming.

En vérité, Netflix n’a jamais été propriétaire de la série. La plateforme « loue » les aventures de la directrice marketing à Paramount depuis son lancement en octobre 2020. Face à l’explosion programmée des coûts et au rachat historique de Warner Bros Discovery par ce même concurrent, Netflix a décidé de mener le show vers sa révérence finale.

L’illusion de la propriété d’Emily in Paris par Netflix

Derrière le logo rouge de Netflix se cache un secret de polichinelle de l’industrie, Emily in Paris est une production de Paramount Television Studios (la maison mère de CBS, MTV et Nickelodeon). Netflix se contente de payer des droits de diffusion de plus en plus exorbitants à chaque nouvelle saison. Or, le modèle économique des séries tierces devient un gouffre financier avec le temps.

Produire une saison de 10 épisodes d’Emily in Paris coûte environ 40 millions de dollars (entre 3 et 5 millions par épisode), heureusement amortis par le crédit d’impôt français de 30 % pour les tournages internationaux. Le vrai problème réside dans les contrats : après la saison 3, les bonus accordés au créateur et à la star Lily Collins (qui touche 300 000 dollars par épisode en plus de sa part de productrice d’après le Cosmopolitan) explosent littéralement. Arrivée à la saison 6, la série atteint son pic de coût maximal d’après l’analyste Anish Moonka, s’avérant 20 % plus chère qu’une production 100 % Netflix. On se doute que ça ne peut pas continuer ainsi éternellement.

La fin de l’ère des « séries de location » chez Netflix

Emily in Paris n’est d’ailleurs pas une exception, mais le symbole d’une stratégie globale de reprise en main du catalogue de Netflix. En l’espace de trois semaines, la plateforme a programmé la fin de ses plus grands succès extérieurs : The Lincoln Lawyer (détenu par A+E Studios) s’arrêtera après la saison 5, et The Night Agent (propriété de Sony Pictures Television) tirera sa révérence après sa saison 4.

Le coup est rude pour l’économie réelle, tant la série était devenue une vitrine publicitaire géante. En France, 38 % des touristes étrangers affirmaient que le show avait influencé leur choix de visiter Paris. Pour la saison 4, pas moins de 480 marques de luxe ont payé entre 500 000 et 1 million d’euros pour placer l’une de leurs 25 000 pièces de vêtements à l’écran. Une immense machine à cash marketing que Paramount va désormais pouvoir récupérer.

Comparatif svod // Source : Montage Numerama

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