Après une absence remarquée dans la saison 2 de Daredevil: Born Again, Jon Bernthal reprend enfin son rôle iconique dans ce programme spécial de 44 minutes, intitulé The Punisher: One Last Kill. 44 minutes, c’est court. Très court. Co-écrit par l’acteur lui-même, ce projet se veut le pont nécessaire entre le monde « street-level » de Netflix et l’intégration de Frank Castle dans le futur blockbuster Spider-Man: Brand New Day.
Mais peut-on vraiment réinventer un tel antihéros en moins d’une heure ? Entre traumatismes psychologiques profonds et fusillades frénétiques, ce spécial navigue entre deux eaux, offrant à la fois le meilleur et le plus frustrant du Punisher version 2026. Ce nouveau contenu est sorti le 12 mai 2026 sur Disney+, et il est disponible en France.
Un Frank Castle plus humain et hanté que jamais
Le début de One Last Kill surprend par son ton. On ne retrouve pas le Punisher en pleine action, mais un Frank Castle reclus, instable, vivant dans un appartement miteux de Little Sicily. Le film prend le temps de montrer l’homme derrière le crâne, un vétéran perclus de PTSD, sujet à des hallucinations de sa famille et de ses camarades d’armes.
Bernthal livre une performance d’une intensité rare, notamment lors d’une scène bouleversante au cimetière familial. C’est un Punisher qui pleure, qui doute et qui cherche un sens à sa survie, alors que sa liste de cibles est vide.
Cette approche mélancolique est audacieuse pour Marvel, s’éloignant des habituels traits d’humour pour filmer la dépression brute.
On sent ici l’influence de la collaboration entre Bernthal et le réalisateur Reinaldo Marcus Green (déjà complices sur Gary). L’idée que Castle ne se soigne pas par l’héroïsme, mais qu’il sombre dans ses traumatismes, apporte une profondeur bienvenue. Cependant, cette introspection s’arrête net à mi-parcours pour laisser place à une action déchaînée, créant une rupture de ton un peu brutale qui donne l’impression de voir deux films différents en un seul.

L’enfer de la vengeance
L’élément moteur de ce spécial est l’arrivée de Judith Light dans le rôle de Ma Gnucci. Matriarche impitoyable d’une famille criminelle en déclin, elle veut faire payer à Frank le massacre de ses fils. La confrontation est intéressante, car elle place Frank dans la position de la proie : Ma Gnucci met sa tête à prix, transformant le quartier en un immense piège où chaque gangster veut sa part du gâteau. Façon John Wick.
C’est une version survitaminée de Die Hard ou The Raid, où Castle doit utiliser tout ce qui lui tombe sous la main pour survivre.
Judith Light est glaçante, motivée par le même deuil destructeur. Malheureusement, la brièveté du format ne lui rend pas justice. Son intrigue se termine de manière abrupte, comme s’il manquait une scène finale pour conclure son face-à-face avec Castle. De plus, certaines répliques tombent un peu à plat.

Une violence brute, mais un format trop étroit
Côté action, les fans sont servis : c’est gore, c’est sale et c’est frénétique. On voit Frank se battre alors qu’il est en feu, empaler des ennemis et accumuler un nombre de cadavres record. La chorégraphie est moins « propre » que dans les couloirs de Netflix, privilégiant une urgence désespérée qui colle bien au personnage. La réalisation de Green évite le côté trop poli des productions Marvel habituelles, même si un montage parfois haché et quelques effets numériques superflus viennent gâcher certains affrontements.
Le vrai problème de One Last Kill, c’est sa durée. En 44 minutes, le spécial essaie de traiter le deuil, la paranoïa, une guerre de gangs et le teasing pour le prochain Spider-Man. Résultat ? L’arc de Frank semble précipité. C’est ridiculement court. On passe trop vite de l’homme brisé au justicier implacable sans transition convaincante. C’est un excellent « proof of concept » pour un futur film, mais en l’état, cela ressemble plus à un épisode de transition de luxe qu’à une œuvre complète. On a presque l’impression de voir un court métrage pour préparer l’annonce d’un film. On en ressort avec une envie de voir Bernthal sur grand écran, c’est tout.
Le verdict

The Punisher One Last Kill
Voir la ficheOn a aimé
- L’interprétation viscérale de Jon Bernthal
- Une prise de risque émotionnelle
- Une violence décomplexée
On a moins aimé
- Un format beaucoup trop court
- Un déséquilibre narratif
- Une fin frustrante
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