Faire une liste des pires films de zombies n’est pas une mince affaire, tant le genre regorge de longs-métrages allant du passable au franchement inregardable. Les morts-vivants occupent en effet une place centrale dans le cinéma de série B, voire Z, au point qu’il suffit de s’y pencher un instant pour en trouver un représentant qui a tout d’un navet.

Le zombie au cinéma, c’est un peu comme les vers de terre dans un jardin : on retourne un peu la terre et il en sort aussitôt une quinzaine, souvent déjà en mauvais état. Depuis que George A. Romero en a fait une figure centrale avec La Nuit des morts-vivants en 1968, ils sont omniprésents. Après une période de relatif repos bien mérité dans les années 1990, ils sont revenus en force au début des années 2000, bien décidés à redevenir les stars qu’ils avaient été autrefois.

Depuis, que ce soit au cinéma, dans les jeux vidéo ou dans la bande dessinée, les zombies sont partout, pour le meilleur comme pour le pire. Faire une liste des meilleurs films du genre est presque indispensable pour s’y retrouver parmi la multitude d’œuvres venues s’incruster sur grand écran comme sur le petit.

Mais qu’en est-il des pires films ? L’exercice est quasiment impossible tant le septième art en regorge. Nous allons donc mettre de côté — sans totalement les oublier — les nanars des années 70 et 80, pour nous concentrer sur des films qui pourraient sembler prometteurs… mais qui ne le sont absolument pas.

Quels films de zombies ne pas voir en 2026 ?

Vous avez une soirée devant vous et vous ne savez pas quoi regarder ? Préparez votre infusion pomme cannelle, sortez un petit plaid (il fait encore un peu frisquet vers 22h), détendez-vous et lancez un mauvais film de zombies. Vous pourrez bien sûr aller voir du côté des meilleurs films de zombies, histoire de ne pas perdre votre temps, mais ce soir, soyez audacieux !

Peninsula, la suite que personne ne voulait

Jung-seok est un ancien soldat qui décide de prendre part à une expédition dans la péninsule de Corée, désormais infestée de zombies, afin de récupérer un camion rempli d’argent. Forcément, ça tourne mal, et Jung-seok échappe de justesse à une attaque de zombies. Notre héros va alors se retrouver pris entre les infectés, une milice sans foi ni loi qui a un peu trop regardé Mad Max 3, et un groupe de survivants.

Ce qu'il y a de bien avec Peninsula c'est que... Non rien en fait. // Source : RedPeter Films
Ce qu’il y a de bien avec Peninsula c’est que… Non rien en fait. // Source : RedPeter Films

Peninsula est un film d’horreur sud-coréen écrit et réalisé par Yeon Sang-ho, sorti en 2020, suite directe de l’excellent Dernier train pour Busan du même réalisateur. Comment expliquer un tel delta entre ces deux films ? Le budget, deux fois plus élevé pour Peninsula, explique peut-être en partie la dérive du film. Sans limite, tout devient possible, et Peninsula se transforme en une œuvre boursouflée et sans âme, qui mérite pleinement sa place dans cette liste.

Le Jour des morts, le vilain remake

Une épidémie commence dans une petite ville du Colorado, aux États-Unis, rapidement placée sous quarantaine. Sarah est caporal dans la Garde nationale et originaire de cette même ville. Elle décide d’aller prendre des nouvelles de sa famille, mais tout va partir en sucette au fur et à mesure que les habitants commencent à saigner du nez (et, bien évidemment, à se transformer en zombies).

Le Jour des morts (de rire) // Source : Millennium Films
Le Jour des morts (de rire). // Source : Millennium Films

Le Jour des morts est un remake de Le Jour des morts-vivants de Romero. Si ce dernier est un véritable chef-d’œuvre et l’un des meilleurs films du genre, on ne peut pas en dire autant du film de Steve Miner, sorti en 2008, qui n’a pour le coup plus grand-chose à voir avec l’original. Avec une mise en scène qui ferait passer 28 jours plus tard pour un film contemplatif, Le Jour des morts rappelle à quel point la première décennie du XXIe siècle a parfois pu saccager cent ans de cinéma.

Chroniques des morts-vivants, mise en abyme pour les nuls

Un groupe d’étudiants en cinéma tourne un film d’horreur avec leur professeur lorsqu’ils entendent à la radio que des émeutes éclatent un peu partout. Le groupe monte alors dans leur super camping-car et décide de se rendre en ville, quand ils réalisent peu à peu que les morts reviennent à la vie. Que faire dans une telle situation ? En bons étudiants en cinéma, la réponse est évidente : réaliser un documentaire sur les événements en cours !

Grosse mise en abîme dans cette scène de Chroniques des morts-vivants // Source : Romero-Grunwald Productions
Grosse mise en abyme dans cette scène de Chroniques des morts-vivants. // Source : Romero-Grunwald Productions

Avant-dernier film de George A. Romero et cinquième volet de la saga des zombies, Chroniques des morts-vivants, sorti en 2007, n’est pas le meilleur film du maître. Force est de constater que le réalisateur a perdu de son mordant, malgré une nouvelle tentative de critiquer la société. Entre incohérences dans le scénario, personnages insupportables et moments franchement gênants, Diary of the Dead, dans son titre original, frôle par instants le nanar.

House of the Dead, ou l’art de la ringardise

House of the Dead
Il n’y a pas d’offres pour le moment

Deux étudiants prennent le bateau pour assister à une fête sur une île au large de Seattle, nommée « Isla del Morte » (ça fait froid dans le dos, non ?). Les deux compères y retrouvent trois jeunes femmes, dont la petite amie de Greg, et, malheureusement pour eux, l’île de la mort porte bien son nom : elle est infestée de zombies.

Le cast très convaincant de House of the Dead // Source : Boll KG Productions
Non, ce n’est pas la cinématique de Resident Evil 1, mais bien House of the Dead. // Source : Boll KG Productions

Avez-vous déjà entendu parler d’Uwe Boll ? Le réalisateur allemand est un habitué des nanars en tout genre, et ce House of the Dead ne fait pas exception. Adapté du jeu vidéo du même nom — un titre qui a fait le bonheur des salles d’arcade à la fin des années 90 –, House of the Dead version cinéma est sortie en 2003, et a été unanimement descendu par la critique. Il semblerait que House of the Dead ne soit disponible sur aucune plateforme en France, et c’est peut-être mieux ainsi.

REC 4, le mauvais élève

Quelques heures après les événements survenus dans les premiers REC, l’armée intervient dans l’immeuble pour mettre un terme au cauchemar, avant de découvrir Ángela, ultime survivante du massacre. Placée dans une zone de haute sécurité et mise en quarantaine, la jeune femme subit une batterie de tests médicaux. En tentant de s’échapper, elle réalise qu’elle est en réalité à bord d’un bateau. Et c’est là que le fun commence (non).

Un fan à la sortie de REC 4 // Source : Filmax
« Fan sortant du cinéma après la séance de REC 4« . // Source : Filmax

REC 4 est le quatrième volet de la série REC, réalisé par Jaume Balagueró et sorti en 2014. Malgré la présence au générique du réalisateur des premiers REC, ce nouvel épisode peine à décoller. L’originalité et la radicalité du found footage laissent ici place à une réalisation plus classique, pour un film ennuyeux comme la mort. S’il figure dans ce classement, c’est bien parce qu’il est le mauvais élève d’une excellente saga.

Le Lac des morts-vivants, le nanard franchouillard

Le Lac des morts-vivants
Il n’y a pas d’offres pour le moment

Dans les années 50, plusieurs jeunes filles se font tuer. Le point commun de ces meurtres : elles s’étaient toutes baignées dans un lac maudit d’un village rescapé de la Seconde Guerre mondiale, un lac dans lequel reposent — suspense — les corps de soldats nazis ! Vous l’aurez compris, on est parti sur une bonne tranche de zombies, façon Les plus beaux villages de France croisé avec Les Sous-doués en vacances.

Un nazi dans Le Lac des morts vivants // Source : Eurociné
Un nazi-zombie dans Le Lac des morts-vivants. // Source : Eurociné

Le Lac des morts-vivants est un film d’horreur franco-espagnol de 1981 réalisé par Jean Rollin, dont on vous laisse apprécier la filmographie bien remplie. Bien que le film ait reçu quelques éloges à sa sortie, notamment pour la relation inédite entre une jeune fille et son père zombie, le long métrage est depuis entré dans le cercle très prisé des nanars français. Il faut dire que Le Lac des morts-vivants n’a rien à envier aux plus grands navets de l’horreur, avec une réalisation aux fraises et des effets spéciaux pas très spéciaux. Bonne nouvelle : le film est disponible sur YouTube en intégralité.

Resident Evil (au choix)

Vous connaissez les jeux Resident Evil, vous connaissez les films Resident Evil, nous n’allons pas vous faire l’affront de vous résumer l’histoire. Sachez que l’hexalogie Resident Evil, provoquée par le trop prolifique Paul W. S. Anderson, s’étale sur une courte période de 14 ans. Quatorze années, six films, et autant de saltos arrière de Milla Jovovich.

Un film Resident Evil (maison ne sait plus lequel) // Source : Sony Pictures Releasing
Un film Resident Evil (mais on ne sait plus lequel). // Source : Sony Pictures Releasing

Difficile de classer les films Resident Evil du meilleur au pire, même si l’ordre de sortie des longs métrages convient plus ou moins. Car oui, Paul W. S. Anderson fait partie de ces réalisateurs qui semblent désapprendre leur métier au fur et à mesure qu’ils le pratiquent. Étrange. Toujours est-il que Resident Evil et le cinéma ne font, pour le moment, pas bon ménage. Pour l’anecdote, il existe un reboot de la licence, sorti en 2021, baptisé Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City, qui est peut-être pire que les films de l’hexalogie. C’est dire.

Shaun of the Dead, le film cu-culte

Shaun est vendeur dans un magasin d’électroménager en banlieue de Londres, et sa vie suit une routine bien installée. Avec Ed, son meilleur ami, il fréquente les pubs et passe son temps à jouer aux jeux vidéo, sans vraiment s’occuper de sa petite amie, qui finit par le quitter. Bref, c’est la lose pour Shaun, qui, après une nuit de beuverie pour oublier sa triste existence, se réveille dans un monde peuplé de morts-vivants.

Shaun of the Dead // Source : Studio Canal/Universal Pictures
On rigole bien devant Shaun of the Dead, non ? // Source : Studio Canal/Universal Pictures

Voilà. Ceci est le point culminant de cette liste. C’est également le moment d’une confession et la raison d’être de ce guide des pires films de zombies : je n’aime pas Shaun of the Dead. Pourtant, j’ai essayé. J’ai vu le film d’Edgar Wright à sa sortie au cinéma, et je l’ai revu deux fois depuis. Et à chaque fois, même constat : mais pourquoi c’est si nul ? (N’en déplaise à mon confrère qui l’a audacieusement mis dans sa liste des meilleurs films de zombies).

Que ce soit le rythme aussi éclaté qu’un métronome sans balancier, des personnages insupportables, des blagues qui tombent à plat, ou un mélange horreur/humour/drame aussi réussi qu’une tarte aux pommes sans pommes, rien ne va. L’humour anglais, « c’est pas pour toi », m’a-t-on dit un jour. Sauf que j’aime bien Mr. Bean.

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