C’était l’une des plus grandes craintes des cinéphiles du monde entier lors de l’annonce du potentiel rachat de Warner Bros. par Netflix : la fin définitive des salles de cinéma, potentiellement tuées par le géant du streaming, qui n’est pas le plus grand fan des sorties sur grand écran. Si les co-CEO de Netflix avaient déjà tenté de rassurer l’industrie à ce sujet, les doutes restaient de mise.
Mais voilà qu’un retournement de situation a tout bouleversé : dans un ultime revirement, Netflix a abandonné le rachat de Warner Bros., laissant Paramount devenir le grand vainqueur de cette transaction, estimée à plus de 111 milliards de dollars. C’est donc au tour de David Ellison, le patron du groupe, de rassurer les plus sceptiques sur l’avenir du cinéma.
L’objectif ? 30 films au cinéma par an pour Paramount et Warner Bros.
D’après le média américain Variety, le CEO de Paramount a ainsi affirmé son intention de proposer « 15 films au cinéma, par an, par studio, pour un total de 30 films par an en tout », en comptant ceux de Warner Bros. et de Paramount réunis. Il estime que « les films doivent absolument être vus dans les salles » et que le groupe a déjà « démontré sa capacité à augmenter son nombre de contenus ».
En 2026, Paramount va ainsi sortir 15 films, contre seulement 8 l’an passé. Même Warner Bros., pourtant connu pour son immense catalogue cinématographique et sa productivité impressionnante, n’a culminé qu’à 11 sorties au cinéma, en 2025.

Mais l’augmentation des films destinés aux salles obscures est-elle vraiment une bonne nouvelle ? Cela rimera-t-il forcément avec des œuvres de qualité et souvent engagées politiquement, comme c’est actuellement le cas ? Nous pouvons malheureusement en douter. Les dirigeants de Paramount, dont David Ellison et sa famille, sont ainsi très proches de Donald Trump et de nombreux politiques conservateurs, aux États-Unis. Ces influences pourraient donc avoir un impact sur les feux verts accordés, ou non, à certains films.
Lors de sa déclaration à la presse, le CEO de Paramount a ainsi évoqué Superman et Minecraft, deux blockbusters qui ont cartonné au box-office, sans mentionner deux autres longs-métrages qui dominent toutes les cérémonies de prix du cinéma cette année : Sinners et Une bataille après l’autre. Cela n’a rien d’anodin : ces deux productions de Warner Bros. dénoncent le racisme avec force et prônent des valeurs clairement progressistes. Ce type de films coups de poing aura-t-il une place dans la nouvelle organisation ?
Une méfiance générale envers Paramount
D’autant que le nombre de 30 sorties par an semble « extrêmement irréaliste », comme l’a confié David A. Gross, qui dirige la firme spécialisée Franchise Entertainment Research, auprès de Variety. « Si n’importe quel studio pouvait sortir plus de 15 films par an, soit un peu plus d’un par mois, et être rentable, il le ferait. Mais au cours d’une année, il n’y a pas plus de 15 histoires qui peuvent parler au plus grand nombre et qu’un studio puisse développer, produire, commercialiser et distribuer de façon efficace à travers le monde. Donc, ne parlons même pas de 30 sorties. »
Des craintes qui s’ajoutent à une méfiance générale envers Paramount, qui n’a pas toujours été le plus grand supporter des salles de cinéma. Malgré les déclarations de David Ellison, qui assure qu’il n’a jamais eu l’intention de faire des films uniquement pour le streaming, la réalité est plus complexe. Jeff Shell, le président de Paramount, a ainsi insisté pour réduire la fenêtre d’exploitation des films au cinéma de plusieurs mois à seulement 17 jours, lorsqu’il était à la tête de NBC Universal, en 2020.
David Ellison, lui, évoque une sortie au cinéma pendant 45 jours, pour Paramount comme pour Warner Bros., avant de pouvoir découvrir ces films sur leurs plateformes de streaming respectives. Espérons qu’il tienne parole, si le deal est bel et bien validé par les autorités américaines compétentes.
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