Décidément, Capcom semble (beaucoup) aimer la Nintendo Switch 2. Après l’excellent Resident Evil Requiem, c’est au tour de la nouvelle licence du développeur japonais de faire ses débuts à la fois sur PlayStation 5 – support auquel on la croyait exclusivement destinée lors de son annonce en 2020 – mais aussi sur la machine hybride de Nintendo. Après une version plutôt convaincante du dernier Resident Evil, Pragmata est-il également recommandable sur Switch 2 ?

Si l’on était en droit d’émettre des doutes quant à la qualité des versions Nintendo Switch 2 des trois derniers épisodes canoniques de Resident Evil, Capcom avait su les balayer d’un revers bigrement efficace. En effet, nous avions récemment loué la qualité des versions Switch 2 de RE7, RE8 et RE9, et il semblait de fait évident que Pragmata, le dernier-né de l’éditeur japonais tournant sur le même moteur maison et aux prétentions techniques comparables, ferait l’objet d’une nouvelle expérience convaincante.

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Allégorie : à gauche, la PlayStation 5 Pro et à droite, la Nintendo Switch 2. // Crédit : Capcom

Diana rocks

Tarifé 20€ moins cher que Resident Evil Requiem, et assez court bien que franchement intense, Pragmata n’est pas un jeu démesurément ambitieux en termes de contenu. Cependant, sa réalisation très soignée sur consoles modernes en fait un titre probablement tout aussi délicat à porter sur une machine de puissance moindre comme la Switch 2. Il ne faut donc pas s’attendre à retrouver un niveau de détail aussi incroyable que sur PS5 Pro — où les performances sont franchement bluffantes. Sur la console de Nintendo, n’espérez ni 4K, ni textures ultra fines, ni ray tracing. Vous vous en doutiez sans doute, mais Pragmata flatte vraiment moins la rétine sur la machine hybride, bien que les performances en docké tiennent parfois du miracle, comme souvent avec le DLSS « magique » de Nvidia.

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En dépit d’un système de succès intégré à la Switch 2, ceux de Pragmata sont quand même déblocables in-game sur la console hybride. // Source : capture Switch 2

Dans ces conditions, nous avons testé Pragmata à la fois sur un moniteur HD 1080p de bureau et sur une TV 4K OLED avec HDR activé : dans les deux conditions, à moins de s’attarder sur les textes imprimés un peu partout au sol ou sur les murs, et, surtout, sur les cheveux de Diana, l’illusion est assez déroutante la plupart du temps. Sans être d’une finesse incroyable, Pragmata est franchement joli et la majorité des joueurs optant pour cette version passera un agréable moment. Évidemment, en nomade, c’est moins propre, et tout a l’air un peu plus flou, mais vu que nous n’êtes pas supposé vous coller à dix centimètres de l’écran de la Switch 2, la résolution assez faiblarde (si c’est du 720p, c’est déjà pas mal) ne devrait pas tant vous choquer que cela.

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Oui, tout est un peu moins net, mais la DA et l’ambiance si particulières de Pragmata gardent largement leur charme. // Source : capture Switch 2

Samus, ça rame !

Là où le bât blesse, c’est au sujet de la fluidité. Nombreux sont ceux qui avaient loué, lors de leur premier contact avec le jeu de Capcom, son côté très « jeu d’action de la génération PS3 / Xbox 360 » – en gros, un gameplay simple et accrocheur, pour une aventure plutôt intense et immersive bien que courte et à la narration peu ambitieuse. Si cet état d’esprit transparaît plutôt bien dans le jeu final, et que la nostalgie de cette ère déjà révolue nous le fait apprécier plus que de raison, nous n’avions aucunement envie de retrouver le framerate irrégulier de l’époque, incapable de tenir l’ambition des 60 images par seconde. Que ce soit en docké ou (surtout) en nomade, Pragmata manque de stabilité.

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Les cinématiques de Pragmata ne souffrent pas vraiment du passage sur Switch 2. // Source : capture Switch 2

Surtout, là où il irrite le plus, c’est dans cette obsession de viser un 60 fps qu’il n’est que rarement capable de tenir en nomade. Si, dans une séquence cloisonnée en intérieur, cette volonté de performance est justifiable, et surtout assez bien assumée la plupart du temps, elle perd tout son sens dans des environnements extérieurs où le jeu semble parfois s’auto-raisonner et tomber à 30 images par seconde qu’il tient finalement mieux, les drops de framerate étant assez rares, même lors des affrontements contre les boss les plus titanesques. Peut-être aurait-il été judicieux de faire un choix plus radical à ce niveau, on n’en aurait pas voulu à Capcom (surtout compte tenu de la relative lourdeur de Hugh, le personnage que l’on contrôle).

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Entre les mains de Diana, une capture de la version Nintendo Switch 2 de Pragmata. Non, on rigole, mais c’était trop tentant. // Source : capture Switch 2

En résumé…

Dans l’ensemble, Pragmata est satisfaisant à jouer sur Nintendo Switch 2, si l’on arrive à se faire à ce framerate capricieux, particulièrement agaçant en nomade. Les temps de chargement sont évidemment un peu plus longs (mais ils restent acceptables, surtout que chacun des biomes du jeu n’est à charger qu’une seule fois dans son intégralité), et on déplorera surtout l’apparition, heureusement très courte mais quand même irritante, d’un petit logo « chargement » en plein milieu de l’écran lors de l’ouverture de certaines portes. Le jeu de Capcom était pensé pour être un porte-étendard de la PS5 en 2020 et cela se voit : clairement, il n’a pas dû être aussi simple à porter sur Switch 2 que Resident Evil Requiem.

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Pas mal, non ? C’est Capcom. // Source : capture Switch 2

En-dehors de ça, on reste sur une version que l’on peut malgré tout vous conseiller, à défaut de vraiment vous la recommander. Si vous jouez sur un écran 4K, et tant qu’à faire, si vous êtes équipé d’une manette Pro, vous passerez presque un aussi bon moment que les joueurs PS5, à qui vous n’aurez pas grand-chose à envier. Si vous êtes de la team nomade, nul doute que vous êtes de toute façon habitué aux concessions faites sur les versions portables, auquel cas Pragmata sera largement acceptable — d’autant plus qu’il s’agit d’un jeu assez lourd dans son gameplay, où la vivacité et la précision ne sont en rien impératives. Après Resident Evil Requiem, Capcom a encore fait du très bon travail.

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