Lorsque Capcom a annoncé que Resident Evil Requiem allait paraître sur Switch 2, les réactions se partageaient entre scepticisme légitime et immense engouement. On craignait une sous-version, du fait de l’impasse faite par l’éditeur japonais sur la PS4 et la Xbox One pour la première fois en six épisodes développés sur son fameux moteur maison, le RE Engine. Alors, que vaut Resident Evil Requiem, notre énorme coup de cœur de ce début d’année sur Switch 2… mais aussi, que valent ses deux prédécesseurs, portés pour l’occasion ?

On l’avait un peu vu venir lorsqu’en septembre dernier, Capcom a annoncé que celui qu’on appelle Resident Evil Requiem allait sortir sur Switch 2 : il était évident que Resident Evil 7: Biohazard et Resident Evil 8 Village suivraient. Cette trilogie d’opus inédits et tournant sur le même moteur sont donc tous parus le 27 février dernier sur la console hybride de Nintendo. C’était l’occasion, pour le développeur basé à Osaka, de témoigner une nouvelle fois de sa grande maîtrise d’un hardware sur lequel les tiers offrent de plus en plus de beaux portages faisant de la Switch 2 bien plus qu’une simple alternative…

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« Bienvenue dans la famille, petite Switch 2 » // Crédit : Capcom

Bayou Hazard

Paru en janvier 2017 sur PS4, Xbox One et PC, RESIDENT EVII. biohazard (c’est comme cela que s’écrivait son titre pour y inclure le VII avec malice) avait constitué un joli tour de force en son temps. La licence était quelque peu moribonde et avait besoin d’un reboot salvateur, et celui-ci fut plus que réussi, optant notamment pour le pari surprenant d’une vue subjective qui fit débat mais s’avéra d’une efficacité redoutable. Plus terrifiant que jamais, Resident Evil était de retour, revenant à une horreur pure et dure sublimée en réalité virtuelle avec le PSVR. Cependant, on n’était pas non plus sur la claque visuelle absolue, le titre de Capcom jouant surtout sur l’aspect immersif de ses décors délabrés et mal éclairés.

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9 ans plus tard, la maison (crade) des Baker n’a pas changé. // Source : capture Nintendo Switch 2

Ainsi, sur Switch 2, il n’est pas spécialement surprenant d’avoir affaire à un portage plus que satisfaisant d’un titre paru, rappelons-le, un mois et demi avant la sortie de sa cadette. S’il n’y a ni upscale 4K au programme, ni évidemment ray-tracing, on retrouve dans cette Gold Edition (avec tous les DLC qui plus est) un portage tournant en permanence en 60 images par seconde, des temps de chargement vraiment très courts… pour le reste, on vous renverra à notre test d’époque de RE7 pour que vous puissiez comprendre à quoi vous attendre. À noter que le jeu de Capcom était jouable sur la première Switch en cloud, et qu’aucun effort ne semble avoir été fait pour permettre d’upgrader cette (horrible) version à la poignée d’insouciants qui l’avaient achetée à l’époque.

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La vibe Silent Hills P.T.,de Resident Evil VII est toujours aussi marquante. // Source : capture Nintendo Switch 2

C’est la fête au village, sauf pour les nomades

Sorti en mai 2021, Resident Evil Village (ou « VIIIage », pour continuer dans la subtilité du double titre) était lui un jeu cross-gen, paru simultanément sur deux générations de consoles PlayStation et Xbox (et toujours sur PC, bien sûr). Poursuivant l’arc du très peu charismatique Ethan Winters, protagoniste dont on ne verra jamais le visage même une fois la vue 3e personne rajoutée dans une mise à jour tardive, il accuse un petit plus le coup sur Switch 2 que son prédécesseur, la faute peut-être à de plus grandes ambitions (univers moins confiné, immense zone ouverte reliant chaque chapitre du jeu).

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C’est quand même plus propre chez les Winters que chez les Baker. // Source : capture Nintendo Switch 2

En vérité, en docké on n’a rien trouvé à redire ou presque ; c’est en nomade que la console hybride souffle un peu, aussi bien en termes de framerate que de finition d’ensemble. Et encore, cela ne se voit que dans le hub principal, ce village à l’air libre qui connecte toutes les zones du titre de Capcom. Rien de scandaleux, mais après la quasi perfection du portage de RE7, disons que ça saute un peu plus aux yeux. Bon, et puis il faut dire que c’est un jeu moins marquant aussi : là où le 7 avait pris un 8 dans nos colonnes, le 8 avait lui pris un 7. C’est du coup pas plus mal que le moins bon des deux jeux mettant en scène Ethan soit le moins finement adapté. On reste quand même sur un portage qui fait très bien le boulot, et saura en contenter plus d’un. À noter que là non plus, rien n’a été prévu pour upgrader la version cloud de la Switch 1.

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On peut jouer à la 3ème personne dans « RE8 » et faire croire que c’est Alan Wake. // Source : capture Nintendo Switch 2

Requiem pour une Switch

Bon, c’est pas tout ça, mais ce qui nous intéresse le plus, c’est ce que vaut Resident Evil Requiem, non ? Parce que bon, on ne va pas se mentir, mais on est sur un véritable événement avec la sortie day one d’un gros triple A d’un éditeur majeur sur Switch 2 en même temps que sur PS5 et Xbox Series. Surtout en sachant que la PS4 et la Xbox One sont zappées pour l’occasion pour la première fois de la licence depuis qu’elle tourne sur ce moteur… Bref, rarement une version spécifique d’un jeu a été aussi attendue que Resident Evil Requiem sur Nintendo Switch 2. Bonne nouvelle : quelque part à Osaka, il y a des gens capables de faire de la magie noire.

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Le meilleur indice pour savoir qu’on est sur Switch 2 ? Les cheveux de Grace. // Source : capture Nintendo Switch 2

Nous avons pris le temps de tester l’expérience – déjà très marquante – que propose le dernier-né de Capcom sur une console qu’on n’imaginait pas autant faite pour lui. Déjà, dès la toute première séquence de gameplay sous la pluie, on ressent le clapotis des gouttes dans les vibrations de la manette Pro, qui n’a presque rien à envier à la DualSense de Sony. Mais ce qui choque, c’est que RE9 est beau sur Switch 2. On arrive à voir, sur un écran équivalent (nous l’avons testé à la fois sur un moniteur 1080p de bureau et sur une TV 4K OLED avec HDR), où se situent les différences, mais en-dehors d’une modélisation vraiment inférieure des cheveux de Grace (si elle avait eu le crâne rasé, le jeu des 7 différences aurait été bien plus délicat), les textures moins soignées ne sautent jamais aux yeux.

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Cette séquence, pourtant bien chargée en effets en tous genres, tourne en 60 images par seconde sans broncher… ou presque. // Source : capture Nintendo Switch 2

Le secret de tout ça ? Le DLSS de Nvidia, bien sûr. Il permet des miracles en termes d’upscale qui, selon l’analyse des experts de Digital Foundry, rend globalement cette version Switch 2 supérieure en termes de rendu à l’écran à ce que propose une Xbox Series S. Il n’y a au final qu’un bémol, un peu de taille quand même : le framerate est hélas assez irrégulier. Si les 60 images par seconde, très appréciées (surtout en vue FPS), sont globalement bien tenues, la version Switch 2 connaît parfois de sacrées chutes, surtout dans les environnements les plus ouverts, rappelant par moments l’ère que l’on pensait révolue de la génération PS3/360 où les jeux tentaient de viser 60 images par seconde sans aucun succès, offrant au final des variations de fluidité parfois abjectes. Heureusement, on est loin de tout cela dans Resident Evil Requiem version Switch 2, mais on se dit qu’un choix de mode fidélité/performance aurait pu se défendre spécifiquement sur cette plate-forme. En attendant, qui sait, peut-être qu’un patch correctif améliorera tout cela, tant le RE Engine semble être un moteur merveilleux à exploiter.

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Ah, et sur Switch 2, on peut utiliser des amiibo. Dommage que ceux de Leon et Grace ne sortent que 5 mois après le jeu (pourquoi ?). // Source : capture Nintendo Switch 2
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