Clair Obscur : deux mots sur lesquels les Montpelliérains du studio Sandfall Interactive ont profondément imprimé leur marque après l’incroyable succès de leur jeu vidéo. Deux mots pour définir une technique artistique en peinture, mais désormais indissociables du RPG français, et qui créent aujourd’hui un sacré bazar sur la toile.
L’auteur Olivier Gay a récemment fait les frais de cette nouvelle emprise sur ces termes. Il s’était retrouvé début mars dans le viseur de l’équipe juridique du studio Sandfall Interactive, qui lui avait adressé un courrier lui demandant de mettre fin à la publication de sa bande dessinée L’Académie Clair-Obscur, sortie le 7 janvier 2026.
« Je viens de recevoir un courrier d’avocat de la part du jeu Clair Obscur : Expédition 33 de Sandfall Interactive, qui me somme d’arrêter de vendre ma BD éditée chez Drakoo intitulée Académie Clair-Obscur, censée surfer sur le succès incontestable du jeu », expliquait Olivier Gay dans un message publié sur X le 6 mars 2026.
L’auteur précisait que le projet avait été présenté à la maison d’édition dès 2019 et affirmait également avoir signé un contrat pour cette bande dessinée sous ce titre en mars 2024, soit plus d’un an avant la sortie du jeu Clair Obscur : Expédition 33.

L’Académie Clair-Obscur raconte l’histoire d’un paysan qui intègre une prestigieuse école de magie, où le clair-obscur désigne une technique magique particulière. Un pitch bien éloigné de celui du jeu développé par Sandfall Interactive. Pour autant, l’équipe juridique du studio estimait que l’auteur chercherait délibérément à profiter de la notoriété du jeu. Une accusation qui avait été contestée par la maison d’édition Drakoo et par Olivier Gay.
Dans la foulée, Sandfall Interactive avait affirmé, dans un message posté sur son compte officiel, vouloir « trouver une solution juste pour tout le monde ». Une prise de parole qui n’avait toutefois pas convaincu les soutiens de l’auteur. Ces derniers estimaient que le studio montpelliérain considérait donc bel et bien qu’une question de propriété intellectuelle était en jeu.
Fin du litige entre le studio et l’auteur de la BD
C’est le mardi 10 mars, après avoir essuyé une vive tempête médiatique, que Sandfall Interactive a finalement publié sur X une réponse définitive au litige. Après avoir expliqué avoir rencontré des difficultés à gérer l’affaire, une situation qu’il qualifie de nouvelle et complexe, le studio annonce « retirer les demandes de notre représentant légal. »
Sandfall précise dans son message que le rôle de ses représentants juridiques est de protéger le studio contre d’éventuels produits contrefaits, mais estime que « l’action initiée envers la bande dessinée L’Académie Clair-Obscur, parue en janvier 2026, ne leur correspond pas. »

« Nous avons toujours voulu soutenir les artistes et encourager la créativité, et c’est l’une des valeurs les plus importantes que nous voulons défendre à Sandfall », ajoute le studio, avant de souhaiter plein de succès aux auteurs pour leur bande dessinée.
« La création d’une série de bande dessinée s’inscrit dans un processus long, qui s’étend souvent sur plusieurs années entre la conception et la sortie. L’Académie Clair-Obscur a été imaginée en 2019 et le titre validé avant que le jeu ne soit annoncé », expliquait l’éditeur Drakoo sur Bluesky, le 9 mars. « Notre intention n’a jamais été de créer une confusion avec le jeu vidéo, ni de tirer profit de sa notoriété. Il s’agit d’un projet éditorial indépendant, imaginé par nos auteurs et en cohérence avec notre ligne éditoriale. Ni le graphisme ni le récit n’ont de points communs avec le jeu. »

Et pourtant, même si les deux œuvres n’ont aucun rapport, la problématique soulevée par cette affaire permet de comprendre la complexité des droits de la propriété intellectuelle.
Comme l’expliquait le directeur du Centre d’études internationales de la propriété intellectuelle, Yann Basire, sur X le 9 mars 2026 : « Clair Obscur peut donc être protégé dans une spécialité, c’est-à-dire pour des produits et services désignés. Ce n’est pas le terme qui est protégé en soi. Mais bien le terme dans sa relation avec des produits. Apple est bien protégé pour des ordinateurs. C’est la même chose ici. »
Au final, l’histoire se termine bien pour toutes les parties, notamment pour L’Académie Clair-Obscur qui a profité d’une sacrée publicité, bien malgré ses créateurs. L’affaire a également mis en lumière des enjeux auxquels le public ne pensait pas forcément avant : derrière chaque titre se cachent souvent des questions complexes de propriété intellectuelle, de marques et de protection juridique.
Points forts
- La direction artistique vertigineuse
- Un sacré premier jeu
- Le casting, impeccable
Points faibles
- Le concept est beaucoup trop punitif
- Le studio a voulu trop en mettre
- Trop dur en mode normal, presque trop simple en mode histoire
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