Même lorsque l’on s’appelle Steven Spielberg, les portes du MI6 peuvent rester désespérément closes. Le réalisateur légendaire, qui a façonné le cinéma hollywoodien moderne, vient de partager une anecdote mémorable au micro du podcast The Rest is Entertainment. Il y révèle avoir été rejeté à plusieurs reprises par les producteurs de la franchise James Bond au début de sa carrière. De quoi laisser songeur.

Dans l’histoire du septième art, les grands rendez-vous manqués font souvent les meilleures légendes. Qui aurait pu imaginer que le cinéaste derrière E.T.La Liste de Schindler et Jurassic Park avait un jour supplié qu’on lui confie les rênes des aventures de l’agent 007, pour finalement se faire claquer la porte au nez ?

C’est pourtant la mésaventure qu’a confessée Steven Spielberg ce 10 juin 2026 au podcast The Rest is Entertainment pour la sortie de Disclosure Day. Grand admirateur de l’espion britannique depuis ses douze ans, le réalisateur a tenté par tous les moyens d’intégrer ce qu’il appelle « la famille Bond », essuyant des refus systématiques et jamais justifiés de la part des gardiens du temple, la famille Broccoli.

Le rejet post-Dents de la Mer : l’incompréhension de Spielberg

Tout commence au milieu des années 1970. À l’époque, le jeune Steven Spielberg vient de traumatiser la planète entière et de révolutionner l’industrie cinématographique en inventant le concept de blockbuster estival avec Jaws (Les Dents de la Mer, 1975). Fort de ce succès planétaire et d’une influence grandissante, il décide de tenter sa chance pour réaliser son rêve d’enfant.

« J’ai approché les producteurs de James Bond juste après le carton des Dents de la Mer », raconte le cinéaste. « Depuis le jour où j’avais découvert James Bond 007 contre Dr No en salles, j’avais toujours voulu réaliser un film de cette saga. Alors, j’ai appelé juste après Jaws et je me suis porté volontaire. »

La réponse des producteurs de l’époque, Albert R. Broccoli et Harry Saltzman, est alors un « non » catégorique. Une déception immense pour Spielberg, qui ne s’est pourtant pas arrêté à ce premier échec. Quelques années plus tard, après avoir réitéré l’exploit au box-office avec Rencontres du troisième type (1977), le réalisateur retente sa chance, persuadé que son nouveau statut jouera en sa faveur :

« J’ai dit : si vous cherchez un réalisateur, j’adorerais en mettre un en scène. »

Mais c’est la douche froide : « Ils m’ont dit non à nouveau. Ils m’ont systématiquement recalé, sans jamais daigner m’expliquer pourquoi ils ne voulaient pas me laisser entrer dans la famille Bond. »

Taquin, le réalisateur a expliqué que maintenant, les ayants droits n’ont même pas les moyens de l’embaucher. Un petit tacle qui sonne comme une petite revanche personnelle.

Steven Spielberg // Source : Flickr/Cage Skidmore
Steven Spielberg // Source : Flickr/Cage Skidmore

De James Bond à Indiana Jones

Si cette suite de refus a longtemps frustré le metteur en scène, l’histoire du cinéma lui doit une fière chandelle. C’est précisément à cause de ce désamour de la part de la franchise britannique que Steven Spielberg va s’associer à son grand ami George Lucas pour créer sa propre alternative à l’agent secret.

En vacances à Hawaï lors de la sortie du premier Star Wars en 1977, Spielberg confie à Lucas son immense regret de ne pas pouvoir réaliser un James Bond. Lucas lui répond alors qu’il a dans ses cartons une idée « bien meilleure que James Bond » : l’histoire d’un archéologue aventurier équipé d’un chapeau de feutre et d’un fouet. Quelques années plus tard, Les Aventuriers de l’arche perdue (1981) naissait sur les cendres de ce refus, donnant naissance à la saga mythique d’Indiana Jones.

Disclosure Day
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