C’est un double one more thing qu’a réservé Sony à son public lors de son State of Play diffusé dans la nuit du 12 au 13 février. La lumière a soudainement été mise sur la saga God of War, avec deux projets officialisés. Pour le premier, un remake de la trilogie initiale, il faudra patienter longtemps. Mais vous pouvez déjà jouer au deuxième, intitulé God of War: Sons of Sparta, disponible en exclusivité sur PlayStation 5. S’il n’est pas développé par Santa Monica Studios, il est quand même canon dans l’univers.
Dit autrement, God of War: Sons of Sparta s’intéresse à la jeunesse de Kratos, époque où il n’est pas encore le héros puissant et impitoyable que les fans connaissent. En compagnie de son frère Deimos, il part à la recherche d’un camarade disparu, quitte à outrepasser les ordres. L’histoire est racontée par Kratos lui-même, à Calliope, sa fille, au pied d’un arbre. De quoi faire résonner la voix rauque du personnage et de taper dans l’œil des aficionados. Mais cette astuce narrative en forme de fan service ne nous fera pas fermer les yeux sur l’expérience décevante qu’est God of War: Sons of Sparta. Si vous aimez les opus en 3D, vous risquez de tomber de haut.
Points forts
- La joie de retrouver Kratos
- Quelques bonnes idées dans les pouvoirs
- Les boss (sauf les derniers)
Points faibles
- C’est quoi cette direction artistique ?
- Gameplay terriblement mou
- Personne n’a demandé ça
God of War: Sons of Sparta est le pire God of War
David Jaffe, créateur des premiers God of War, est peut-être devenu un immense troll aigri aujourd’hui. C’est devenu son fonds de commerce sur sa chaîne YouTube. Mais il a parfaitement raison dans son avis sur God of War: Sons of Sparta. « J’ai joué un peu plus d’une heure au nouveau God of War, God of War: Sons of Sparta. Il est bien fait mais c’est générique et stupide. C’est aussi l’une des pires décisions que la team derrière God of War a prise. Son existence prête à confusion. Et c’est offensant. », a-t-il déclaré. On pourrait se dire que donner son avis après une petite heure de jeu ne vaut pas grand-chose. Mais après avoir terminé God of War: Sons of Sparta, je me retrouve à 100 % dans les mots de David Jaffe.
God of War: Sons of Sparta parle… beaucoup… trop
La première déception est visuelle. Connue pour sa réalisation de haut vol et ses cinématiques qui en mettent plein la vue, la saga God of War est réduite ici à un rendu en 2D volontairement pixelisé. Il y a certes un cachet indéniable, mais la patte artistique n’est vraiment pas jolie du tout. God of War: Sons of Sparta souffre de la comparaison avec un nombre incalculable de pépites du genre Metroidvania, lesquelles en mettent vraiment plein la vue. Qu’on aime le pixel art — les deux Blasphemous — ou une direction plus nette — les deux Hollow Knight. Paradoxalement, en dépit d’un choix esthétique affirmé, God of War: Sons of Sparta livre une identité qui peine à convaincre. En prime, il pâtit de quelques ralentissements difficiles à expliquer. Dans un jeu d’action, c’est impardonnable.
Pour ne rien arranger, God of War: Sons of Sparta parle… beaucoup. Beaucoup trop. Et souvent pour ne rien dire…

Blasphemous > God of War
Vrai jeu coopératif ?
Attention, God of War: Sons of Sparta n’est pas vraiment un jeu coopératif, même s’il existe un mode où on peut jouer à deux. Deimos est incarné par une intelligence artificielle pendant l’aventure (avec des comportements erratiques, d’ailleurs).
God of War: Sons of Sparta aurait pu compenser cette — mauvais — première impression avec un gameplay tout à la fois irréprochable et grisant. Ce n’est pas le cas non plus… Kratos apparaît terriblement pataud dans cet épisode, et on ne retrouve pas du tout la férocité viscérale de ses aventures en 3D. Alors certes, cela pourrait s’expliquer par sa jeunesse, et le fait qu’il est encore loin de son statut de Dieu de la guerre. Sauf qu’on joue Kratos pour sa violence qui contamine l’écran et procure des sensations sans égal avec une manette entre les mains. Tout est mou dans God of War: Sons of Sparta et il faut attendre plusieurs heures pour profiter d’un peu plus de souplesse (le double saut par exemple).
Peu emballant, God of War: Sons of Sparta s’avère être un Metroidvania bien pâle en comparaison des ténors. Blasphemous et Blasphemous 2, plus particulièrement, le font passer pour un projet d’étude sans aucune magie et lui donnent une vraie leçon dans les combats et l’exploration. God of War: Sons of Sparta a quelques idées à défendre, comme les différents pouvoirs hérités des dieux. Ils ajoutent des options pour se débarrasser des ennemis et nourrissent des petits puzzles basés sur l’environnement. Il essaie aussi de se distinguer par les possibilités de personnalisation. On peut effectivement ajuster l’arsenal de Kratos en fonction de ses préférences : la pointe de la lance pourra, au choix, faire des dégâts normaux ou élémentaux (glace, poison…). Il y a des opportunités de build à exploiter, à condition de fouiller tous les niveaux.

Les boss en donnent aussi pour leur argent dans God of War: Sons of Sparta. Même si, étrangement, les derniers affrontements sont bien plus décevants et bien moins âpres que les premiers. Variés, ils nécessitent de comprendre leurs patterns pour survivre, puis riposter, ce qui donne naissance à des chorégraphies techniques parfois au millimètre. C’est dans ces moments-là qu’on retrouve cette fibre action à laquelle les précédents God of War ont tant contribué. Sauf que cette recherche d’exigence n’est pas soutenue par un gameplay au diapason, paralysé par un feeling frustrant (on a envie de secouer Kratos) et certaines situations absurdes (le placement des pièges et des ennemis). Kratos mérite bien mieux, le public aussi. Vivement la trilogie. Ou l’opus en Égypte.
Le verdict

God of War Sons of Sparta
Voir la ficheOn a aimé
- La joie de retrouver Kratos
- Quelques bonnes idées dans les pouvoirs
- Les boss (sauf les derniers)
On a moins aimé
- C’est quoi cette direction artistique ?
- Gameplay terriblement mou
- Personne n’a demandé ça
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