[Avec France Culture] Dans cette émission du Meilleur des Mondes dédiée aux océans, la chronique Numerama se penche sur trois œuvres qui montrent comment l’océan sert de contexte à une science-fiction écologique.
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Des homards qui éjectent une substance toxique, des nuées de crabes, des orques qui attaquent des bateaux, des vers de glace géants… voilà tous les événements terribles qui se déroulent dans Abysses (sur France.TV).

Cette série postule l’existence d’une étrange menace provenant des océans aux quatre coins du monde. En cause… l’humanité. Oui, l’océan se défend : l’humanité a pollué, dominé, perturbé, et voilà que la nature se rebelle. 

C’est un récit angoissant. Mais Abysses n’est pas pour autant une série d’épouvante ni d’horreur : c’est un thriller écologique qui renverse les règles du jeu. L’océan prend soudain le dessus sur l’humanité, qui semble bien impuissante face à cet écosystème colossal et mystérieux.

Quand l’océan est positif

Pour un contexte plus « positif », j’ai bien envie de vous emmener sur une île. Située, bien sûr, au large de la Bretagne. C’est l’île de la Recouvrance, imaginée par Emilie Quebarlec dans un roman envoûtant sur le pouvoir de la transformation : Les sentiers de Recouvrance. Cet ouvrage, paru le 17 janvier 2024, commence comme un road movie : deux ados brisés convergent vers cette île. Je ne peux rien vous dire de la véritable nature de l’île, mais l’océan y joue un rôle d’horizon, qui tantôt vous engloutit, tantôt vous donne la sensation que tout reste possible. C’est d’autant plus fort comme contexte presque psychologique que cela se déroule en 2034, alors que le changement climatique pèse sur les épaules des deux jeunes personnages.

Voilà un passage marquant : « Partout dans le monde, le niveau des océans montait, absorbant peu à peu les plages, inondant les quartiers résidentiels et engloutissant des atolls à fleur d’eau. Mais ici, les falaises tenaient bon face à l’assaut des éléments. L’ile résistait au désastre avec une constance qui défiait toutes les prédictions. »

La SF, c’est aussi l’humilité

Et si l’on s’aventurait maintenant en pleine mer ? Direction Lux. C’est signé Maxime Chattam, et c’est un coup de maître littéraire. Là, c’est carrément un mini soleil qui apparaît soudain au beau milieu de l’océan. Pour comprendre de quoi il s’agit, un immense bateau est installé au-dessous, avec à son bord des scientifiques, des philosophes, des romanciers, des gens de tous métiers. 

C’est littéralement un artéfact inconnu, au beau milieu d’une vaste étendue d’eau dont nous ne savons presque rien, face à un avenir incertain — voilà qui est rassurant ! Et, dans ce roman, tout repose sur notre capacité à projeter nos certitudes, incertitudes, espoirs, inquiétudes, sur cette boule : on en ressort avec la sensation que l’on a encore rien compris à notre monde.

Ce type de science-fiction mobilise finalement l’océan de la même façon que l’espace, avec ce constat très écologique : refermer le livre en se disant que ce n’est pas si mal, l’humilité.

Pour écouter cette émission du Meilleur des Mondes

L’émission présentée par François Saltiel, Le Meilleur des Mondes, est disponible en replay sur le site de Radio France ainsi que sur toutes les plateformes d’écoute (Spotify, Deezer…). Retrouvez la chronique Numerama chaque semaine, avec Marie Turcan et Marcus Dupont-Besnard, en fin d’émission.


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