La présidente de France Télévisions a réaffirmé sa détermination à lancer la plateforme de SVOD commune avec M6 et TF1, Salto. Mais les étapes administratives ralentissent sa validation, et le temps passe...

Delphine Ernotte-Cunci n’a pas mâché ses mots.  « Ça me rend dingue », a-t-elle lancé sur la scène de l’auditorium lillois de la deuxième édition du grand festival Séries Mania Lille Hauts-de-France, le 27 mars 2019.

Interrogée sur l’avenir de la plateforme Salto, la présidente de France Télévisions a regretté le temps imposé par les structures administratives, qui ralentissent le lancement du service français alternatif à Netflix.

Image d’accueil de la plateforme SALTO // Source : Salto.fr

Salto se fait attendre

Salto.fr est le nom de la future plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) voulue par trois grands géants français : France Télévisions, M6 et TF1. Depuis des mois, le dossier de validation de Salto était dans les mains de l’Union européenne, qui devait donner son accord — ou ses réserves — sur cette alliance de trois gros groupes français. Mais le 25 mars 2019, c’est l’Autorité de la concurrence française qui a annoncé que le dossier lui avait finalement été renvoyé.

« En attendant, Netflix a gagné 1 million d’abonnés »

«  Ce n’est pas la faute de ces deux institutions, c’est la faute de nos structures qui sont lentes », a continué Delphine Ernotte. « L’autorité européenne a quand même mis 6 mois à dire que c’était finalement à l’autorité française de se prononcer… En attendant, Netflix a gagné quoi ? Environ 1 million d’abonnés ? »

Netflix, qui est présent depuis 2014 en France, a récemment confirmé avoir 5 millions d’abonnés payants dans l’hexagone. De son côté, Canal+ vient de sortir sa propre offre de SVOD 100 % séries, Canal+ Séries, à 6,99 euros par mois et un grand nombre de séries de qualité.

Pour grappiller quelques parts du gâteau, Salto pourrait être une alternative intéressante, forte des contenus venant des trois gros groupes français, mais encore faut-il que le tarif soit alléchant et que la plateforme trouve des utilisateurs intéressés. Récemment, France Télévisions a passé un accord « anti-Netflix » historique avec les producteurs français afin que toutes les séries et films que le groupe audiovisuel public participe majoritairement à produire depuis le 1er janvier 2019 ne terminent pas chez des plateformes de SVOD concurrentes.

La plateforme Salto, dont le nom de domaine existe déjà mais renvoie uniquement vers une page d’accueil, sera créée et gérée «  entièrement par les équipes de M6 », a quant à lui affirmé Gilles Pélisson, PDG du groupe TF1, également sur la scène de Séries Mania Pro le 27 mars. « Ils ont une équipe de 150 personnes à Lyon », a continué le patron, soulignant qu’il s’agissait d’une « marque de confiance  » de la part de TF1 et France Télévisions.

À noter que le site, qui s’appelait auparavant Salto.fr s’appelle à présent… Salto.media.

À lire sur Numerama : France Télévisions a passé un accord anti-Netflix historique avec les producteurs de séries français

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