En décembre 2025, un mois avant la capture de Nicolás Maduro, Donald Trump a demandé à Grok, le chatbot d’Elon Musk, comment les Vénézuéliens réagiraient, d’après le magazine Time. Le président en serait ressorti convaincu que cette IA était « ingénieuse ».

Le 3 janvier 2026, les États-Unis lançaient une opération éclair au Venezuela, au cours de laquelle l’armée américaine capturait Nicolás Maduro. Pendant un temps, la question s’est posée de savoir si un mème avait poussé Donald Trump à autoriser une telle expédition. On sait désormais que Donald Trump avait aussi interrogé Grok, le chatbot d’Elon Musk, un mois avant l’opération.

C’est en tout cas ce qui ressort d’un long papier consacré à Donald Trump paru dans les colonnes du Time ce jeudi 1er octobre. Le portrait publié par le magazine américain s’appuie notamment sur un entretien de 75 minutes dans le Bureau ovale. Dans un passage sur l’intelligence artificielle, le journaliste Eric Cortellessa raconte une rencontre discrète entre le président et Elon Musk à la Maison-Blanche, en décembre 2025.

Une discussion avec Grok un mois avant

Lors de cette rencontre, raconte le Time, le président américain a passé des heures à interroger Grok, le chatbot de xAI, l’entreprise d’IA de Musk. Il lui aurait notamment demandé comment les Vénézuéliens réagiraient si les États-Unis capturaient Nicolás Maduro. Trump a donc interrogé un assistant grand public, intégré au réseau social X, sur les effets d’une opération militaire, un mois avant de la lancer.

Ce passage repose sur un seul témoin, un responsable présent ce jour-là, que le Time ne nomme pas. D’après ce qu’il a rapporté, Grok a répondu que Maduro était un dictateur répressif et profondément impopulaire dans son pays. Le chatbot a ajouté que beaucoup de Vénézuéliens fêteraient sans doute sa chute, toujours selon ce responsable. Après la capture, des Vénézuéliens ont bien fêté la chute de Maduro, notamment dans la diaspora, même si de fausses images et vidéos ont aussi circulé sur les réseaux sociaux.

Le pouvoir au Venezuela accuse la Macédoine du nord de piratage. // Source : CNN / YouTube
Nicolás Maduro. // Source : CNN / YouTube

Au moment de cet échange, Donald Trump faisait déjà frapper, depuis septembre 2025, des bateaux vénézuéliens qu’il accusait de transporter de la drogue. Un mois plus tard, l’armée américaine frappait Caracas et capturait Maduro. Celui-ci a été emmené manu militari à New York pour y être jugé pour narcoterrorisme.

Il n’est pas dit, dans l’article du Time, à quel point l’analyse de Grok a pesé sur la décision d’attaque, à supposer que le chatbot ait eu une influence. D’après des responsables cités par le Time, le président américain en a tout de même conclu, après les scènes de joie dans les rues, que Grok était « ingénieux ». Il n’est pas précisé si Trump utilisait Grok avant cette affaire ou s’il s’en sert depuis pour accompagner ou valider des décisions.

Le Time décrit un président de plus en plus séduit par l’IA et par les patrons qui la développent. En septembre, Trump a présenté une tenue de la Space Force générée par IA. Il veut aussi rebaptiser l’intelligence artificielle « Super Intelligence ». Ce mardi 29 septembre, il a reçu à la Maison-Blanche les dirigeants de six grandes entreprises du secteur. Ils y ont signé une « constitution » par laquelle ils s’engagent à s’autoréguler, sans contrôle de l’État.

Les Américains sont beaucoup moins enthousiastes que leur président. D’après un sondage CNN réalisé par l’institut SSRS et cité par le Time, 75 % d’entre eux voient l’IA avec plus de crainte que d’enthousiasme. Les électeurs des deux camps réclament aussi davantage de contrôle fédéral.

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