Alors qu’il s’est défaussé sur Donald Trump, Elon Musk aurait bien été à l’origine du bridage de Starlink en Ukraine, selon le Telegraph. Dans la nuit du 13 au 14 octobre, les drones ukrainiens qui utilisent le réseau ont perdu la connexion au-delà de 160 km/h.

Elon Musk est-il vraiment l’homme qui murmure à l’oreille du président des États-Unis ? C’est en tout cas ce qu’affirme le Telegraph dans un article publié ce vendredi 16 octobre. Selon quatre sources au fait des discussions, c’est le patron de SpaceX et de Tesla qui aurait proposé à Donald Trump de brider Starlink en Ukraine, et le président américain aurait « accepté ». Un haut responsable européen et deux sources ukrainiennes confirment cette version.

Le 14 octobre, Elon Musk avait pourtant publiquement déclaré que la décision incombait à Donald Trump, arguant que Starshield, la version militarisée de Starlink, appartient au gouvernement américain. « Il a tweeté qu’il était innocent et que c’était l’administration américaine qui avait fait le coup. La réalité, c’est qu’ils étaient de mèche tous les deux », a rapporté l’une des sources du Telegraph.

Source : Montage Numerama
Source : Montage Numerama

« Ils étaient de mèche tous les deux »

Le bridage coupe la connexion des terminaux qui dépassent 160 km/h, ce qui a empêché l’armée ukrainienne d’intercepter une partie des drones russes. Après ce que Kiev a qualifié de « nuit de carnage », Elon Musk aurait craint une réaction hostile des consommateurs européens, et donc un effet sur les ventes de ses entreprises, selon une source haut placée citée par le Telegraph. D’où ce message où il rejette ouvertement la faute sur Donald Trump, quatre jours après avoir affirmé que Volodymyr Zelensky était « allé trop loin ».

Donald Trump, lui, renvoie la balle. « Ce n’était pas moi, et je ne pense pas que c’était Elon », a-t-il affirmé ce vendredi 16 octobre devant la presse. La veille pourtant, Reuters rapportait, en citant deux responsables américains, que l’ordre de brider le réseau venait de la Maison-Blanche, sans préciser qui l’avait donné.

« Le président n’a jamais fait une telle demande », soutient de son côté un haut responsable américain, sous couvert d’anonymat, cité par l’AFP. En somme, personne ne tient à assumer ses responsabilités dans cette affaire.

Dans un message publié sur son compte X, Volodymyr Zelensky a rappelé l’importance des drones s’appuyant sur Starlink : « Nous n’utilisons pas Starlink pour nos répliques à l’intérieur de la Russie. Nous utilisons Starlink pour intercepter les Shaheds à réaction qui attaquent nos civils et tuent des familles. » Il ajoute : « Starlink n’a pas été coupé : sa vitesse a été réduite. Et lorsque la vitesse a été réduite, nous avons été incapables d’intercepter un certain nombre de Shaheds à réaction. Nous ne pouvions plus utiliser un outil qui aide à protéger les populations. C’est très douloureux et frustrant. » Il précise que la vitesse est en train d’être rétablie, sans être encore revenue à son niveau d’avant.

L’écart de vitesse dit tout. Selon Volodymyr Zelensky, les Shahed à réaction russes volent à plus de 400 km/h, alors que la vitesse autorisée pour les intercepteurs ukrainiens est tombée par endroits à 70 km/h. Plusieurs missions peuvent donc échouer.

L’entrepreneur britannique Richard Branson s’est alarmé de la situation sur son compte LinkedIn. Il a déploré : « Le ralentissement de Starlink/Starshield et le manque inexplicable d’alerte précoce lors des tirs de missiles russes ont déjà coûté la vie inutilement à des civils ukrainiens. Jusqu’où cela va-t-il aller ? » Il a aussi accusé l’administration Trump d’être « devenue une adepte de la complaisance envers les autocrates et les dictateurs, faisant passer leurs caprices personnels avant les intérêts supérieurs du peuple américain et du monde libre ». Il a enfin appelé les dirigeants européens à surmonter leur « choc initial » face aux décisions de Donald Trump et à prendre le relais.

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