Après une vague de messages homophobes publiés samedi, le Parti Socialiste a demandé à Twitter de réagir et de faire appliquer sur son réseau social la loi française, qui interdit la publication de messages haineux à l'encontre des personnes homosexuelles.

Il suffit de se rendre dans n'importe quel café en face de l'église un lundi matin pour constater que les propos homophobes ou racistes sont légion. Ou de se rendre à un dîner de famille un soir de Noël. Il y a toujours, dans chaque famille, une mamie Thérèse qui livre sa tiraille sur la France aux Français, ou un oncle Bernard qui se félicite qu'heureusement, autour de la table, il n'y a pas de PD. L'alcool désinhibe. L'intimité aussi.

Sur Internet, rien n'est intime, tout est public. Les internautes devraient donc taire leurs propos les plus honteux, surtout lorsqu'ils sont illicites et leur font risquer des représailles pénales. Contrairement à la parole en l'air envoyée au bar du coin, le message publié sur Twitter laisse des traces et active la responsabilité de celui qui l'envoie. Mais non. Ils ne se taisent pas, ou pas tous.

Après l'affaire du mot clé #UnBonJuif, qui a vu Twitter accepter pour la première fois de retirer les messages "manifestement racistes et antisémites", c'est le hashtag #SiMonFilsEstGay qui a fait fureur samedi sur le réseau social. Provoquant, c'est inédit là aussi, la colère du parti majoritaire au pouvoir en France, le Parti Socialiste.

Dimanche, la formation dirigée par Harlem Désir a demandé à Twitter de réagir au "déferlement de propos homophobes" accompagnés par ce hashtag, dont Le Monde indique qu'il a "suscité immédiatement une vague de tweets très violemment hostiles aux homosexuels, puis, rapidement, un nombre tout aussi important d'autres tweets s'indignant de cette homophobie". Il ajoute qu'hier, après #SiMonFilsEstGay, un autre mouvement a été initié avec le mot clé #SiMaFilleRamèneUnNoir, mélangeant premier et huitième degré, qu'il n'est pas toujours aisé de saisir.

Dans un communiqué signé par Philippe Buisson, le secrétaire national aux médias, et Marc Coatanéa, le secrétaire national aux questions de société, le Parti Socialiste estime que "cette situation est préoccupante" et rappelle que "ces propos ne sont pas seulement choquants et odieux, ils sont interdits par la loi".

Le Parti Socialiste demande à Twitter "de faire respecter la loi française sur son site", donc de supprimer les messages litigieux comme il l'avait fait avec #UnBonJuif. Mais la loi n'impose à Twitter de supprimer les messages racistes ou homphobes qu'à partir du moment où ils leur ont été spécifiquement notifiés, message par message. Sinon, Twitter prend le risque de perdre son statut de simple hébergeur s'il se met à trier lui-même les messages publiés pour y découvrir les messages illicites, et les sanctionner.

 "Les discriminations, le racisme, l'antisémitisme, l'homophobie et les appels à la haine sont illégaux et punis par la loi: leur expression sur internet ne fait pas exception à cette règle", rappelle le Parti Socialiste.

Mais le contenu de Twitter n'est pas de la responsabilité de Twitter. Il est d'abord de la responsabilité de ceux qui utilisent Twitter pour publier ces contenus. C'est heureusement ce que semble aussi avoir réalisé le PS, qui n'oublie pas qu'il faut d'abord et avant tout s'attaquer aux homophobes et autres racistes, et pas aux lieux qui leur permettent de s'exprimer. "Les réseaux sociaux dédiés à la convivialité et au débat ne doivent pas être dévoyés par ceux qui veulent libérer la parole discriminatoire ou raciste", écrivent les deux secrétaires nationaux.

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