Alors que Canonical a annoncé mettre fin à ses propres projets de convergence, la communauté Ubuntu continue de travailler de son côté sur des projets prometteurs pour unifier les distributions GNU/Linux et l'expérience mobile, notamment celle d'Android.

En 2012, Canonical réussissait une petite prouesse avec Ubuntu for Android, un projet prometteur réalisé pour les constructeurs de smartphone Android.

Brièvement, cette solution implantait Ubuntu par dessus le noyau Linux du système de Google en adaptant la distribution aux besoins du smartphone et dès que vous branchiez votre smartphone à un écran, Ubuntu en tant qu’interface desktop était lancé en parallèle d’Android, en se reposant sur les composants du téléphone. Jamais livrée par les constructeur, la solution a finalement été rendue public et est restée morte-née.

Toutefois, elle comportait de nombreux éléments prometteurs, notamment les ajustements réalisés pour partager un seul et même noyau entre Ubuntu et Android.

Aujourd’hui ce que nous propose le projet Anbox (Android in a Box) est une sorte de poursuite de cette convergence de vue entre le système mobile et la distribution GNU/Linux.

Convergence, le retour

En utilisant un conteneur, une sorte de bac à sable, pour lancer tous les composants nécessaires à Android en parallèle d’Ubuntu, le projet Anbox s’approche d’une machine virtuelle mais propose de bien meilleures performances et surtout une très bonne intégration aux différents bureaux Linux grâce à la mise en commun de certaines ressources systèmes qui sont partagées entre les deux OS.

Fondé sur la dernière version de l’Android Open Source Project (AOSP), Anbox fournit donc un petit Nougat à l’intérieur même de votre système Linux, sans émulation, sans virtualisation. Le résultat est donc bien meilleur que les différents projets déjà existants pour utiliser des applications .apk sur votre distribution.

Toutefois, précisons-le rapidement : aujourd’hui au stade pré-Alpha et développée par des proches de Canonical sur leur temps libre, la solution n’est pas encore clefs en main pour le débutant. Elle est toutefois une promesse qui intéressera bien rapidement de nombreux utilisateurs compte tenu de ses performances mais également grâce à l’universalité du système qui permettra à une Fedora ou même une Arch d’utiliser la solution.

Enfin, si l’installation de fichiers .apk nécessite quelques connaissances d’ADB, l’installation d’Anbox sur une Ubuntu 16.04 est actuellement plutôt facile puisque le projet repose sur une utilisation intensive des paquets Snap. De fait, une commande suffit aux intrépides qui souhaitent jouer aux apprentis sorciers !

Les moins intrépides peuvent se contenter pour le moment de regarder ce projet de loin et d’imaginer les multiples possibilités qui seront demain offertes par Anbox. Lorsque l’on voit par exemple Samsung avancer vers un bureau Android — DeX — et Google pousser les applications Android sur Chrome OS, on peut très bien imaginer que dans un futur proche, de nombreux logiciels qui étaient auparavant impossibles à utiliser sur GNU/Linux trouveront une place de choix sur nos systèmes. Grâce à Google. Ironique.

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