L'Inde commence à déployer des points de connexion Wi-Fi gratuits dans 1 050 villages. L'accès à Internet constitue un véritable enjeu politique dans un pays où 900 millions de citoyens en sont encore privés, ce qui attise les ambitions de Google et Facebook.

Le gouvernement indien a commencé à déployer son « Digital village ». Cette initiative prévoit de doter 1 050 villages d’un accès Wi-Fi gratuit au cours des 6 prochains mois grâce à autant de points de connexion. Ce projet à 62 millions de dollars est un message fort adressé à Facebook et Google, les deux géants américains qui tentent depuis plusieurs années de se positionner en précurseurs dans un pays au 1,3 milliard d’habitants, dont 900 millions sont encore dénués d’accès à Internet.

L’absence d’équipement adéquat pour permettre l’accès au réseau — principalement consulté sur mobile — s’explique notamment par la difficulté de créer un réseau unifié dans un pays aussi grand et sur la qualité souvent limitée des connexions. Le coût d’un tel équipement joue aussi un rôle et incite les utilisateurs à se tourner vers des smartphones de moindre qualité, aux fonctionnalités forcément plus limitées.

Google vise les gares pour son propre Wi-Fi

L’initiative de Google, qui a commencé à déployer un accès Wi-Fi gratuit dans 100 gares différentes — aux 150 000 utilisateurs quotidiens –, fait donc désormais concurrence au projet gouvernemental. Ce dernier est visiblement prêt à combler son retard en la matière et à devenir le premier fournisseur d’accès Internet aux zones les plus rurales. Le gouvernement travaille par ailleurs au déploiement de la fibre optique et à la démonétisation à grande échelle — pour lutter contre la fraude fiscale.

De son côté, Facebook a dû revoir à la baisse les grandes ambitions de son projet Internet.org, finalement renommé Free Basics. Il devait permettre aux utilisateurs d’accéder gratuitement à une version limitée d’Internet, composée uniquement de sites partenaires… et de Facebook. Ce réseau bridé et entièrement dépendant des décisions du réseau social a été vivement critiqué par ses millions d’utilisateurs potentiels, avant d’être finalement enterré par une décision du régulateur indien des télécoms en février dernier.

Microsoft revendique une initiative purement philanthropique

Un troisième acteur américain est présent en Inde : Microsoft s’est associé, en novembre dernier, avec le gouvernement pour installer un premier point de connexion destiné aux 2 000 habitants du village de Harisal. Bhaskar Pramanik, patron de la branche indienne du géant américain, assure que l’initiative est purement philanthropique : « Nous n’avons aucun intérêt commercial dans ces projets, l’idée est de permettre aux télécoms et aux autres fournisseurs d’utiliser cette connectivité pour offrir des services utiles aux citoyens. »

Les apports sont importants, notamment en matière d’éducation, comme l’explique Someshwar Sirsat, directeur de l’école locale : « Parfois, les manuels scolaires sont incomplets ou trop datés. Maintenant que les enfants ont accès à Internet, ils peuvent aller chercher ce qui leur manque. Pour les plus âgés, nous utilisons des tutoriels Youtube et des blogs vidéo éducatifs pour leur apprendre de nouvelles choses. Ils adorent ça. »

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