La plateforme de chiffrement d'emails Lavabit, qui avait fermé au lendemain des premières révélations d'Edward Snowden sur le programme de surveillance de la NSA, fait son retour après quatre ans d'absence.

Quatre ans après sa soudaine fermeture, le service de messagerie sécurisée Lavabit a fait son retour à une date hautement symbolique : le vendredi 20 janvier, jour d’investiture de Donald Trump. Ladar Levison, le fondateur de la plateforme qui permet de chiffrer ses emails, avait annoncé la fin de ses activités en août 2013, peu de temps après les premières révélations d’Edward Snowden — utilisateur de Lavabit — sur le programme de surveillance massive exercé par la NSA.

Les théories expliquant le silence imposé à Ladar Levison et cette fermeture soudaine auront dû attendre mars 2016 pour être officiellement confirmées : Lavabit s’était vu exiger, par une requête judiciaire du gouvernement américain, les métadonnées d’Edward Snowden. Et surtout les clés SSL privées utilisées par le service pour chiffrer le courrier de ses plus de 400 000 membres.

Levison déplore le manque de changements dans ce monde post-Snowden

Face à cette injonction, Levison a opté pour la solution la plus radicale, comme il l’explique dans l’annonce publiée le 20 janvier : « En août 2013, j’ai été obligé de prendre une décision difficile : violer les droits du peuple américain et de mes clients internationaux ou fermer le site. J’ai choisi la Liberté. Beaucoup de choses ont changé depuis ma décision [comme l’essor de l’application chiffrée WhatsApp] même si malheureusement beaucoup d’autres n’ont pas évolué dans ce monde post-Snowden. »

Trois modes de protection différents

Lavabit est donc de nouveau disponible pour ses anciens membres, qui peuvent faire migrer leurs comptes vers la nouvelle plateforme. Les internautes intéressés par ces services facturés 30 $ pour un stockage de 5GB et 60 $ pour 20GB pourront quant à eux s’inscrire sous peu. Levison promet un Lavabit encore plus efficace que par le passé, avec trois modes de protection — « confiant », « prudent » et « paranoïaque » — permis par l’outil DIME (Dark Internet Mail Environment), chiffré de bout en bout.

Sur Twitter, Edward Snowden n’a (pour l’instant ?) pas réagi au retour de cet outil dont il reste l’utilisateur historique le plus célèbre.

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