Lancé en 2013, le projet Fairphone a toujours misé sur Android pour son OS. Mais les choses bougent un peu avec Uhuru.

Le projet Fairphone vous intéresse mais vous demeurez sceptique à l’idée d’utiliser Android comme système d’exploitation ? Les révélations faites par Edward Snowden en 2013 sur la surveillance électronique de masse vous poussent à reconsidérer votre utilisation de l’écosystème Google ? Bonne nouvelle : il n’est plus besoin de se coltiner l’OS mobile de la firme de Mountain View pour soutenir le Fairphone.

À quoi ressemble Uhuru ?
À quoi ressemble Uhuru ?

Les responsables de la société néerlandaise derrière l’initiative consistant à fabriquer un intelliphone satisfaisant les principes du commerce équitable tout en se montrant aussi respectueuse que possible de l’environnement ont conclu un partenariat avec les auteurs de Uhuru, une plateforme mobile annoncée comme sécurisée, de façon à répondre à des besoins en entreprise ou au niveau de l’État.

« Le système d’exploitation OS Uhuru Mobile pourra être intégré dans les mobiles Fairphone et sera disponible pour les entreprises, les organisations privées et publiques ou encore pour les ministères, à échelle internationale », peut-on lire dans le communiqué de presse. Ce sont les Français de l’entreprise Teclib’ qui ont en charge le développement de Uhuru.

En fait, Uhuru fut historiquement le fruit d’une construction entre trois sociétés privées : Teclib’,Nov’It et Qosmos, une ex-filiale de Bull visée en France par une procédure judiciaire pour complicité de torture en Syrie. La participation avec cette dernière appartient désormais au passé. Contactée, une porte-parole explique en effet que Nov’It et Qosmos ne sont plus impliquées dans Uhuru, qui est désormais entièrement piloté par Teclib’

Qosmos, autrefois impliqué dans le projet, n’est plus dans la boucle

Signe de l’intérêt des pouvoirs publics pour Uhuru et de son caractère sensible, le projet avait reçu un prêt financier et le concours du spécialiste de l’industrie navale militaire DCNS et de l’école supérieure d’informatique, électronique, automatique de Laval, rapportait le journaliste Yves Eudes en 2014. Une contribution qui est aussi de l’histoire ancienne, nous indique la porte-parole.

Uhuru a beau être présenté comme un produit made in France, il conserve toutefois une base provenant… d’Android. Les concepteurs ne sont pas partis d’une feuille blanche mais de l’OS Google qui a été « reconstruit en le sécurisant en profondeur, et en y intégrant des modules de détection dynamique et comportementale des codes malveillants » et en déployant du chiffrement pour les appels et les SMS.

Un coup de balais dans le code qui est jugé suffisant par Teclib’ et Fairphone pour prétendre proposer un produit qui ne contient pas la moindre application de Google. Si le site dédié tout comme celui du constructeur n’en fait pas mention, Uhuru est un OS au code source ouvert de façon à ce que n’importe qui ayant les compétences adéquates puisse jeter un œil dans ses entrailles.

Le Fairphone peine à s’ouvrir à d’autres OS

Pour Olivier Hébert, le directeur technique du Fairphone, l’intégration de Uhuru dans son produit est une très bonne nouvelle. « Nous croyons en la liberté de choix pour l’OS que nos clients veulent utiliser, et Uhuru correspond parfaitement aux besoins d’un segment de notre clientèle cible qui nécessite un OS sécurisé, maîtrisé et adaptable, ce que Teclib’ a parfaitement compris », commente-t-il.

Une croyance qui a jusqu’à présent du mal à se concrétiser. Côté OS, c’est Android qui est proposé au public sur la page d’achat. L’ouverture à Uhuru est une étape positive mais elle semble surtout s’adresser aux professionnels. Il y a eu des mentions qui ont pourtant fait part du souhait de la société de proposer des solutions alternatives comme Firefox OS ou Ubuntu. Mais de la théorie à la pratique, il y a un monde.

Uhuru signifie « liberté »  en swahili.

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