Pour satisfaire aux exigences de la FCC, TP-LINK va bloquer les firmwares open source sur les routeurs vendus aux États-Unis.

Les firmwares alternatifs, en open source, sont très appréciés des bidouilleurs, car ils leur permettent de démultiplier le potentiel des routeurs, d’améliorer la sécurité ou encore de renforcer la stabilité des connexions.

Mais l’usage de ces micrologiciels customisés est menacé depuis l’an dernier par la commission fédérale américaine des communications (FCC). Celle-ci souhaite limiter l’installation des firmwares open source sur les routeurs pour contrer l’utilisation de fréquences et de modulations interdites.

Les anciens équipements seront retirés de la vente aux USA et les nouveaux routeurs disposeront d’un firmware bloqué

Ainsi, «  tout appareil partiellement ou complètement autorisé dans le cadre des anciennes règles ne pourra pas être vendu à partir du 2 juin 2016, sauf s’il remplit avec succès les nouvelles conditions  », indique la FCC dans sa base de connaissance actualisée en novembre.

Pour la FCC, il ne s’agit pas de faire obstacle à l’installation des firmwares en open source mais d’empêcher les utilisateurs de modifier les réglages radio de leurs appareils pour éviter les interférences avec des fréquences utilisées par les outils météorologiques et les radars à proximité des aéroports.

C’est pour cette raison que le processus de certification demande aux constructeurs de «  préciser, dans le cas où l’appareil permet l’installation d’un logiciel ou un firmware tiers, quels mécanismes sont fournis par le fabricant pour permettre l’intégration de ces fonctions tout en assurant que les paramètres de radiofréquence de l’appareil ne peuvent pas être utilisés en dehors de leur champ autorisé pour toute opération aux États-Unis ».

La solution de facilité

Mais dans la mesure où beaucoup de routeurs possèdent des SoC (des systèmes sur une puce) contenant à la fois le CPU et les modules radio, les communautés open source et open hardware craignent que les constructeurs bloquent purement et simplement les firmwares tiers pour des raisons de simplicité.

Une crainte fondée, puisque TP-LINK a choisi la solution de facilité en préférant bloquer entièrement le chargement de tout firmware tiers plutôt que de trouver une solution technique visant à limiter les modifications aux seules parties qui sont concernées par le nouveau cadre posé par la FCC.

Dans sa foire aux questions, le fabricant explique qu’à partir du mois de juin 2016, les anciens équipements seront retirés de la vente aux États-Unis et les nouveaux routeurs qui arriveront dans le commerce disposeront d’un firmware bloqué.

Routeur
« Y’a plus le choix »

«  La FCC demande à tous les constructeurs d’empêcher les utilisateurs de modifier directement les paramètres de radiofréquence (limites de fréquence, puissance, code de pays, etc). Afin de faire en sorte que les produits restent conformes à la réglementation, TP-LINK distribuera des appareils disposant d’un firmware spécifique par pays ».

L’interprétation de la réglementation de la FCC est finalement assez libre et la suite de la déclaration de TP-LINK devient complètement ambigüe : « en conséquence de ces changements incontournables, les utilisateurs ne pourront pas flasher les générations actuelles de firmware open-source tiers. Nous sommes enthousiastes de voir comment la créativité de la communauté open source mettra à jour le nouveau firmware pour satisfaire ses besoins ».

La dernière phrase du constructeur laisse planer le doute sur la possibilité pour les développeurs de soumettre des firmwares open source. S’il sera possible de flasher des firmwares sous certaines conditions, TP-LINK reste pour l’instant bien avare en détails.

L’enthousiasme pour la créativité trouvera cependant rapidement ses limites puisque l’entreprise prévient qu’elle « n’offrira ni garantie ni support technique aux clients qui tenteront de flasher n’importe quel firmware tiers sur leurs appareils ». De quoi dissuader une bonne partie des bidouilleurs en herbe, qui n’oseront peut-être pas mettre en péril la garantie de leur matériel.

Étant donné que le communiqué de TP-LINK paraît contradictoire, les consommateurs américains auront donc tout intérêt à acheter leur routeur avant le 2 juin s’ils souhaitent pouvoir continuer à flasher le firmware de leur choix.

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