Google décrit dans un brevet la manière dont il imagine tout savoir des objets utilisés quotidiennement par les consommateurs, et le contexte dans lequel ils sont utilisés.

L’idée n’est pas nouvelle, et on en trouve même trace dès 2007. Mais elle reste d’actualité. Google a obtenu cette semaine l’extension internationale d’un brevet que Google avait déposé aux États-Unis en 2011, sur une méthode qui vise à tout savoir de que les utilisateurs font avec leurs objets du quotidien.

Le brevet est intitulé « Appareil et méthode pour surveiller la présence d’objets et émettre une alerte si un objet n’est pas détecté ». Le titre est en apparence explicite, mais il ne montre pas toute l’étendue des ambitions de la firme de Mountain View, qui veut aller beaucoup plus loin que les applications et accessoires déjà existants, tels les porte-clés RFID ou Bluetooth, qui permettent d’être prévenu quand on oublie ses clés ou son smartphone, en surveillant l’état de la la connexion sans fil entre les deux appareils.

En réalité, toute l’ambition de Google est d’automatiser la surveillance, en glanant un maximum d’informations sur l’utilisateur et son environnement. Derrière la fonction initiale qui permet d’être prévenu lorsque l’on oublie de prendre ses lunettes ou son ordinateur avant d’aller au bureau, c’est toute la vie de l’utilisateur qui est analysée.

Une base de données de tous les objets

Le géant rêve en effet que tous les objets du quotidien soient équipés de puces RFID qui permettent de les identifier sans même que l’utilisateur n’ait à coller une étiquette et à associer l’objet à une application. Il décrit dans son brevet une hypothétique base de données de tags RFID renvoyant un identifiant de 38 chiffres, normalisés.

« Le même nombre de 38 chiffres pourrait être utilisé pour identifier toutes les canettes de limonade », explique-t-il. « Pour ce faire, un tag RFID de 38 bits pourrait inclure 4 bits pour indiquer le type de conteneur (par exemple : canette, bouteille, etc.), 4 bits pour la marque du soda, 4 bits pour le type de parfum (par exemple : au citron, à l’orange, cola, etc.), et ainsi de suite ».

Grâce à une immense base de données, le smartphone qui recherche en permanence tous les RFID qui l’entourent pourrait comprendre l’environnement de l’utilisateur, savoir exactement ce qu’il utilise, ce qu’il achète, et à quel moment. L’internaute n’aurait donc rien à faire, et se contenterait de laisser faire l’intelligence artificielle, qui prend le relais.

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Comprendre les habitudes de l’utilisateur

Ainsi toute une partie du brevet décrit la compréhension du « contexte » qui fait que l’application de Google va alerter ou non l’utilisateur. S’il oublie dans le salon de prendre ses lunettes avant d’aller se coucher, ce n’est probablement pas grave. S’il les oublie le matin à 8h alors que tous les matins à 8h il les prend avec lui avant d’aller dans sa voiture, le système le préviendra.

Par exemple, raconte Google, un utilisateur qui fait du ski prend « des skis, des bottes de ski, des lunettes de ski, un casque, et un manteau à chaque fois qu’il skie ». Et bien, «  le téléphone pourrait associer les objets entre eux lorsqu’il remarque, par exemple, que les skis, les bottes de ski, les lunettes de ski, le casque et le manteau sont détectés ensemble tous les samedi matin ». Si l’utilisateur oublie son casque, il sera prévenu.

Et Google, pour le service rendu aux petites têtes, obtiendra d’énormes quantités d’informations. À condition, bien sûr, qu’une telle base de données de tags RFID voie le jour.

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