Le magazine Wired pense avoir identifié le créateur du Bitcoin, un homme australien du nom de Craig Steven Wright. La police australienne a perquisitionné son domicile, officiellement sans lien avec ces révélations.

Le magazine Wired a publié mardi une enquête qui tend à démontrer, avec tout de même quelques éléments de réserve, que le créateur du Bitcoin, connu officiellement sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, serait en réalité un australien surdiplômé nommé Craig Steven Wright.

L’homme de 44 ans est un expert en sécurité informatique, qui s’est présenté (par Skype) en novembre dernier de manière très mystérieuse dans une conférence sur le Bitcoin à Las Vegas. Sans que personne ne le connaisse, l’homme qui se dit bardé de diplômes et qui affirme que ses travaux sont incompris ou méconnus a expliqué avoir été impliqué de longue date dans la monnaie virtuelle.

Interrogé pour savoir s’il avait lui-même « miné » des Bitcoins, Wright a répondu qu’il l’avait fait « il y a très longtemps » — sous-entendu, peut-être, aux tous débuts du Bitcoin.

Or Wired a découvert, à la fois via des archives visibles sur Internet et dans des documents privés (emails, transcriptions de conversations, éléments comptables…) étrangement fournis anonymement par un proche de Wright, de très nombreux indices qui confirmeraient que Craig Steven Wright est le créateur du Bitcoin, ou qu’il y a été associé très étroitement.

Le magazine a notamment trouvé :

  • Un post de blog d’août 2008 dans lequel il annonce travailler sur une publication liée à une « cryptomonnaie », alors que le Bitcoin a fait son apparition publique en novembre 2008 ;
  • Une clé PGP de Wright liée à une adresse e-mail très proche de celle utilisée par « Satoshi Nakamoto » ;
  • Un message dans lequel il annonce la sortie « demain » de Bitcoin, finalement modifié puis supprimé ;
  • Un e-mail qui montre que Wright s’était mis d’accord avec un expert informatique, décédé en 2013, pour créer un fonds (intitulé le « Fonds Tulipe » en hommage sans doute à sa nature spéculative) qui détiendrait 1,1 million de BTC, soit environ 400 millions d’euros au cours d’aujourd’hui, bloqué jusqu’en 2020. Or il existe bien dans les transactions BTC contrôlées par le blockchain un portefeuille d’environ 1,1 million de bitcoins attribués de longue date à Nakamoto ;
  • Un investissement de 23 millions de dollars en bitcoins dans une start-up, certifié par l’administration et parfaitement tracé en provenance de Wright.
  • Une transcription d’une réunion entre Wright et ses avocats et l’administration fiscale, dans laquelle il dit qu’il a « fait de (son) mieux pour cacher le fait (qu’il a) créé Bitcoin en 2009  », mais qu’il se doute que le monde va finir par le savoir.

Wired reconnaît lui-même qu’il y a une énorme contradiction, puisque certaines de ces preuves ont été laissées par Wright lui-même sur son blog, parfois en éditant ses billets pour ajouter des indices en 2013 ou 2014. Pas vraiment le comportement de quelqu’un qui tient à tout prix à rester dans l’ombre. De plus l’authenticité des documents confidentiels fournis reste sujette à caution. Mais certaines des preuves restent purement factuelles, comme l’investissement d’une petite fortune en bitcoins (qui représentait 1,5 % des BTC en circulation), ou la création du « Fonds Tulipe » équipé de supercalculateurs pour miner des bitcoins.

Au lendemain de la publication de Wired, la police australienne a orchestré une perquisition au domicile de Craig Steven Wright, qu’elle assure ne pas être lié au bitcoin. Dans ses e-mails fuités à Wired, l’homme disait avoir des ennuis avec l’administration fiscale.

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