Une nouvelle recherche montre que l'application Telegram n'est pas aussi soucieuse de la protection des communications qu'elle le laisse entendre.

Le service de messagerie Telegram avait été pointé du doigt comme un outil de propagande djihadiste avant les attentats du 13 novembre, mais depuis cette nuit terrible, elle est aussi mise à l’épreuve par des experts en sécurité. Réputée ultra-sécurisée, l’application a tout de même quelques failles qui sont particulièrement faciles à exploiter, d’après un nouveau rapport du chercheur en sécurité informatique Ola Flisbäck, publié sur GitHub.

Ce que Flisbäck a mis en évidence dans sa recherche, c’est ce qu’il nomme du « Telgram stalking  », soit la possibilité de savoir précisément quand une cible est connectée ou avec qui elle discute en regardant simplement les métadonnées de connexion. Avec un client en lignes de commandes, on peut s’apercevoir facilement que la version Android de l’application envoie une notification aux contacts pour dire qu’elle passe en « tâche de fond », c’est-à-dire qu’elle n’est plus l’application utilisée en premier par le système.

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Dès lors, on peut voir à quel moment nos contacts sont connectés et en train de discuter. Mieux encore : avec un poil plus de veille, on peut deviner qui parle à qui. En effet, si deux contacts passent en application ouverte puis en tâche de fond à tour de rôle (sachant que les horaires sont donnés à la seconde près), on peut facilement en déduire qu’ils sont en train de parler et attendent que l’autre réponde pour relancer l’application. De son côté, Telegram a réagi sur Twitter en rappelant qu’il était possible, dans les options, de désactiver les notifications liées au statut d’activité. Ce que le chercheur a expérimenté reste possible sur la configuration par défaut de l’application.

Et ce n’est pas le pire : « En plus, Telegram ne demande pas aux deux contacts d’accepter de se connecter sur la plateforme », affirme Flisbäck. En conséquence, il vous suffit de connaître le numéro de téléphone de votre cible pour commencer à récupérer les méta-données qui la concernent… et ainsi commencer à surveiller ses heures de connexion, sans que la cible soit avertie. Un problème sérieux pour une application qui revendique la protection des communications de ses utilisateurs.

En conséquence, il vous suffit de connaître le numéro de téléphone de votre cible pour commencer à récupérer ses méta-données

Mis à jour : ajout de la réaction de Telegram

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