Une parlementaire s'inquiète d'une dérive du télétravail, qui pousse des Français et des Françaises à travailler à l'étranger pour le compte d'entreprises françaises mais sans bénéficier des mêmes avantages que dans l'Hexagone.

Encore peu répandu en France par rapport à d’autres pays européens, le télétravail se fait néanmoins une place de plus en plus remarquée dans le secteur privé. Même du côté de l’administration, la bascule est en train de s’opérer. Cette organisation du travail offre des avantages évidents, à commencer par l’opportunité de ne pas perdre de temps dans les transports en commun.

Mais dans certains cas, le télétravail peut être une source d’abus. C’est sur ce point que la députée LREM Anne Genetet entend alerter le gouvernement, dans une question écrite qui a été adressée à Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État en charge du numérique. Pour l’élue représentant la 11ème circonscription des Français établis hors de France, c’est le télétravail international qui l’alarme.

Selon la parlementaire, le télétravail est « utilisé par certaines entreprises françaises pour contourner le système social et le droit du travail », en passant par « des agences d’outsourcing basées dans des pays à bas coûts se font l’intermédiaire d’entreprises françaises de services ». Ces agences poussent alors des « jeunes diplômés » à s’expatrier s’ils ne trouvent pas d’emploi en France.

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CC Clément Baillon

La question des conditions de travail

Or, souligne la députée, les conditions de travail, le salaire et la protection sociale ne sont pas nécessairement les mêmes que ce qui peut être proposé en France. L’élue parle même d’absence de protection sociale dans certains cas, et de conditions de travail et de salaire qui seraient illicites sur le sol français. Dès lors, elle demande ce que l’exécutif entend faire pour encadrer le télétravail international.

Il y aurait urgence : « les technologies permettant de télétravailler évoluent à grande vitesse », dit-elle. Aujourd’hui, ce sont des secteurs comme la communication, les télécoms et le web qui sont concernés par cette réorganisation du travail. Mais demain, ce pourrait aussi être des métiers du droit, de la finance ou de la santé qui pourraient être plus directement impliqués, prédit-elle.

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