Le Conseil constitutionnel a rendu ses observations sur l'élection présidentielle. S'il juge que le scrutin s'est déroulé dans de bonnes conditions, il appelle les autorités à mieux se préparer pour contrer les attaques informatiques qui pourraient apparaître lors des futurs scrutins.

Cela fait maintenant un peu plus de deux mois que l’élection présidentielle française s’est achevée avec la victoire assez nette d’Emmanuel Macron sur Marine Le Pen. Mais si le Conseil constitutionnel a officiellement proclamé la victoire du candidat du mouvement En Marche le 10 mai, il n’avait pas encore partagé ses observations sur la campagne électorale et le déroulement du vote.

C’est désormais chose faite. Dans une décision prise le jeudi 20 juillet, les sages de la Rue de Montpensier estiment que « le scrutin s’est dans l’ensemble déroulé dans de bonnes conditions ». L’instance chargée de contrôler la conformité des textes de loi avec la Constitution considère toutefois qu’un nouveau péril est susceptible de gêner les futurs processus électoraux.

CC ActuaLitté

Il s’agit des attaques informatiques.

Pour les membres du Conseil, il faut donc dès à présent réfléchir à la meilleure façon de contrer cette menace afin qu’elle ne puisse pas nuire aux prochains scrutins. « Une réflexion doit être conduite sur ce nouveau type de menaces pesant sur les processus électoraux et sur les réponses techniques, réglementaires et législatives susceptibles d’y parer », écrivent-ils.

Le Conseil constitutionnel rappelle avoir été « alerté par les incidents informatiques qui ont perturbé les consultations électorales d’autres pays » et qu’il a en conséquence « appelé les services compétents de l’État à adopter les mesures préventives de nature à parer aux menaces d’attaques informatiques ». C’est ce qu’a fait l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information.

Le scrutin s’est dans l’ensemble déroulé dans de bonnes conditions

L’organisme dirigé par Guillaume Poupard a ainsi organisé une réunion en octobre avec des représentants des principaux partis politiques pour les sensibiliser à l’enjeu de la sécurité informatique. Un travail de renforcement des réseaux a également été effectué à tous les points-clés utilisés dans le cadre de la remontée des opérations de vote vers le ministère de l’Intérieur.

« Le réseau propre du ministère de l’intérieur va être robuste pour être capable de travailler », expliquait-il en avril. « On a fait un travail de qualité de manière à résister à ces nouvelles menaces » qui pourraient fausser la sincérité du vote. « Tous les réseaux informatiques […] ont été durcis là où il le fallait », avait-il ajouté, assurant que tout avait été fait pour que tout soit opérationnel le jour J.

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CC Metronews Toulouse

Pour le Conseil constitutionnel, les diverses mesures prises par les partis politiques et par l’agence française «  ont permis de répondre dans des conditions satisfaisantes à la seule attaque d’ampleur constatée au cours de la campagne », en référence au piratage survenu en fin de campagne qui a visé l’équipe d’Emmanuel Macron, mais qui n’a pas permis, au final, de changer véritablement la donne.

Rappelons en effet que le mouvement a adopté des bonnes pratiques de sécurité et a aussi eu la grande intelligence de glisser parmi ses documents internes de campagnes des pièces totalement fausses. De cette façon, les pirates — travaillant pour le compte de la Russie, selon En Marche — ont vu leur tâche se compliquer car la fiabilité des documents n’était pas garantie.

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