Accusé par le département américain du travail de favoriser les inégalités salariales entre hommes et femmes, Google avance un argumentaire étrange. L'entreprise fait valoir qu'elle n'est pas en mesure de fournir les feuilles de salaires, car cela lui prendrait trop de temps et lui coûterait trop cher.

En avril 2017, le département américain du travail déposait une plainte à l’encontre de Google, après avoir découvert une inégalité salariale entre les hommes et les femmes. L’agence gouvernementale s’était en effet penchée sur les bulletins de paie de l’année 2015 émis par l’entreprise, concluant que les discriminations à l’égard des femmes étaient « extrêmes, même par rapport au reste de l’industrie » — sous entendu, de la tech.

Google vient enfin de prendre la parole à ce sujet et d’avancer son propre argumentaire, pour le moins surprenant. Comme le rapporte The Guardian, la filiale d’Alphabet argue qu’elle est dans l’impossibilité, financière et logistique, de fournir les documents que lui demande le gouvernement.

Femmes programmation
CC Eric Bailey

Vendredi 26 mai, plusieurs responsables de Google se sont présentés devant un tribunal fédéral pour témoigner. Ils ont fait valoir qu’il leur faudrait consacrer jusqu’à 500 heures de travail et 100 000 $ pour se conformer aux demandes des enquêteurs dans le cadre de la plainte déposée par le département américain du travail.

Google viole les lois fédérales

Ian Eliasoph, avocat du département américain du travail, a rétorqué qu’avec près de 28 milliards de dollars de revenus annuels, ce qui fait de Google l’une des entreprises les plus rentables aux États-Unis, une telle défense ne pouvait pas tenir. « Google pourrait absorber ce coût aussi facilement qu’une éponge de cuisine sèche pourrait absorber la moindre goutte d’eau  », a-t-il répondu à l’argumentaire bancal de l’entreprise.

En refusant de fournir l’historique des salaires et les coordonnées de ses employés, Google contrevient aux lois fédérales. En tant qu’entrepreneur fédéral, la société est en effet dans l’obligation de se conformer aux lois sur l’égalité des chances, et de permettre aux enquêteurs d’accéder aux dossiers en question.

Ce qui n’empêche pas Google de clamer haut et fort qu’il ne sous-paye pas les femmes qui sont ses employées : dans un tweet publié début avril 2017, l’entreprise se félicitait d’avoir mis un terme aux inégalités de revenus salariaux entre hommes et femmes.

Partager sur les réseaux sociaux