Barack Obama pourrait faire un geste en faveur de Chelsea Manning, ancienne militaire américaine qui a transmis des documents confidentiels à WikiLeaks. Le président serait prêt à commuer sa peine.

Avant de quitter la Maison Blanche le 20 janvier prochain, Barack Obama pourrait faire un geste à l’égard de Chelsea Manning, cette lanceuse d’alerte qui a été arrêtée et incarcérée en 2010 pour avoir transmis à WikiLeaks des documents confidentiels de l’armée américaine.

Ce serait un geste fort du président sortant. Âgée de 29 ans, Chelsea Manning est en train de purger une peine de trente-cinq ans de prison au Fort Leavenworth, dans le Kansas. Ses conditions de détention sont particulièrement sévères : elle est en effet soumise à l’isolement et le rapporteur des Nations Unies sur la torture a décrit ces conditions comme étant cruelles, inhumaines et dégradantes.

Chelsea Manning Free

Selon NBC News, Chelsea Manning se trouverait actuellement sur une short list de personnalités qui pourraient bénéficier d’une commutation de peine de Barack Obama. Il pourrait s’agir d’un aménagement de peine pour rendre sa détention plus supportable et éventuellement une réduction du nombre d’années qu’elle doit purger.

Mercredi, Edward Snowden, un lanceur d’alerte aussi poursuivi aux États-Unis pour avoir transmis des documents secrets, cette fois à la presse, a pris la parole pour demander à Barack Obama de se préoccuper en priorité de Chelsea Manning. « M. le Président, si vous n’accordez qu’un seul acte de clémence à votre sortie de la Maison Blanche, libérez s’il vous plaît Chelsea Manning. Vous seul pouvez la sauver ».

L’éventualité d’une commutation de peine pour Manning survient au moment où une pétition sur le site de la Maison Blanche a largement dépassé la barre des 100 000 signatures, seuil à partir duquel Washington a l’obligation de donner une réponse dans un délai de deux mois. Les signataires réclament essentiellement un allègement de la peine de prison, car la sanction qui a été prononcée à son encontre est très largement au-dessus des peines généralement prononcées contre les lanceurs d’alerte.

À l’emprisonnement déjà éprouvant que subit Manning s’ajoute l’impossibilité de pouvoir achever son changement d’identité de genre. Chelsea Manning, auparavant connue sous le nom de Bradley, se considère désormais comme une femme, avec à la clé un traitement hormonal et une opération de changement de sexe.

free-manning
CC Daniel Arauz

Cependant, les demandes de Chelsea Manning se heurtent au refus de l’administration pénitentiaire. Une situation qui pèse sur son moral : en novembre, on apprenait qu’une deuxième tentative de suicide avait eu lieu, résultat de l’isolement, d’une peine de prison très longue — donc trois ans effectuée avant sa condamnation — et une identité de genre qui est ignorée par le commandement militaire.

Dans une lettre rédigée en novembre, elle déclare : « je ne demande pas à être graciée. Je sais que je ne pourrai jamais échapper aux conséquences de ma condamnation. La seule réparation que je demande est d’être libérée de la prison militaire après y avoir purgé six ans d’isolement alors que je n’ai jamais souhaité mettre en danger les intérêts des États-Unis ou de ses militaires ».

Partager sur les réseaux sociaux