Six mois après la tragédie d'Orlando, les familles des victimes dénoncent l'influence de l'État Islamique sur le web. Et accusent les géants du web d'immobilisme.

Le Pulse d’Orlando, la boîte de nuit homosexuelle attaquée le 12 juin dernier, n’a toujours pas ré-ouvert. Alors qu’en France, on s’assoit à nouveau à la Belle Équipe et plus récemment au Bataclan, la tragédie d’Orlando, plus proche, continue de tourmenter la Floride.

Dans cet état qui a basculé républicain le 8 novembre dernier, on cherche encore des responsables à l’expansion de l’État Islamique, dont les combattants peuvent se révéler au détour d’une fusillade dramatique. Qui sont-ils et comment en arrivent-ils là ? Les questions sont proches de celles qui inquiètent de notre côté de l’Atlantique. Or, pour les familles des victimes du Pulse, la réponse pourrait se trouver du côté des géants du web.

Un soutien matériel à l’État Islamique

Trois victimes, représentées par leurs familles, ont lancé une procédure judiciaire à l’encontre des plus grands réseaux sociaux qui, selon elles, ont apporté un soutien matériel à l’action de l’État Islamique.

Selon la plainte, Facebook, Twitter et YouTube « ont procuré au groupe terroriste EI des comptes qu’ils ont utilisé pour partager leur propagande extrémiste, collecter de l’argent et attirer de nouvelles recrues.  »

Pour les familles, le doute n’est pas permis : le responsable de l’attentat n’a jamais fait partie des troupes de l’EI selon l’enquête et a proclamé son appartenance au groupe que lors de l’attaque. Il est donc logique pour les familles qu’Internet a été son seul intermédiaire avec la doctrine des djihadistes de l’EI.

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D’autres plaintes ont déjà été déposées pour accuser les réseaux sociaux dans le cadre d’autres tueries — aucune n’a pu aboutir. Les réseaux sociaux américains sont en effet protégés par le CDA (Communications Decency Act) qui enlève aux hébergeurs la responsabilité des contenus créés par les utilisateurs.

Ainsi, en août dernier, un juge a débouté une class action à l’encontre de Twitter. Les plaignants considéraient que le réseau social avait une responsabilité dans une attaque de l’EI perpétrée sur le sol jordanien. Le magistrat avait invoqué le CDA pour invalider la relation entre Twitter et l’EI.

Dans ces plaintes, les victimes et leurs familles visent en fin de compte une certaine conception de la liberté d’expression, celle-là même qui est garantie par le CDA et la Constitution. En Europe, les autorités exigent de plus importantes implications des géants du web pour encadrer et enrayer la diffusion de la propagande du califat auto-proclamé, obligeant les sociétés américaines à réviser leur propre conception de la liberté d’expression.

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