Différents membres de l'élite de la Silicon Valley seraient en train de soutenir une campagne contre la présence des SDF dans la ville du Golden Gate. Même si San Francisco est l'un des lieux les plus riches au monde, la ville semble cacher le drame invisible d'une pauvreté grimpante.

Quand on nomme une ville comme San Francisco, on l’associe tout de suite au grand noyau technologique et économique de la Silicon Valley. Cependant, la ville serait en train de connaître un niveau record de pauvreté.

Environ 13,8 % des habitants de la ville vivent en condition de pauvreté selon un rapport daté de 2015 du Silicon Valley Institute. Cela serait dû notamment à la croissance grimpante du coût de la vie quotidienne. On peut voir cela si l’on considère le coût moyen d’une maison à San Francisco qui, en ce moment, s’élèverait à 1,3 millions de dollars (et 12 280 dollars en moyenne par m2), selon une étude publiée par la Paragon Real Estate Group, contre 272 000 dollars en moyenne sur le territoire américain en 2010 selon un rapport du gouvernement.

En effet, cette augmentation de la pauvreté aurait entraîné une installation progressive de regroupements de tentes habitées par des SDF — environ 250 personnes selon le journal San Francisco Chronicles –, qui auraient été délogés plusieurs fois pendant ces derniers mois.

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Les autorités de San Francisco sont en train de considérer la proposition d’une nouvelle loi, nommée Proposition Q. Pour le dire vite, si la loi était officiellement votée, les SDF recevraient une notification de la part des autorités et seraient obligés de défaire leurs tentes en une journée. Ils auraient la possibilité de se loger dans des refuges temporaires, s’ils ont la chance de trouver encore de la place libre, chose presque impossible puisque la plupart des logements sont déjà occupés par des sans-abris.

Pire : Mashable estime qu’il serait possible que cette campagne qui vise à cacher la misère des rues de San Francisco sans lui donner une véritable solution serait soutenue par différents entrepreneurs de la Silicon Valley. En effet, selon un article du Guardian, parmi les personnalités qui financent la campagne politique qui soutient la Proposition Q se trouveraient Michael Moritz, un des cadres de Sequoia Capital, l’entrepreneur Ron Conway et l’investisseur en capital risque William Oberndorf : tous auraient donné environ 50 000 dollars, une somme qui aurait constitué à peu près 60 % des dons de la campagne.

Il est aussi intéressant de rappeler que monsieur Conway aurait donné 85 000 dollars en 2010 pour soutenir une autre campagne, nommée Proposition L, qui prévoyait d’introduire une interdiction aux sans-abris de pouvoir s’assoir ou s’allonger sur les trottoirs entre sept heures du matin et onze heures du soir. Ceux qui n’auraient pas respecté la loi auraient couru le risque d’une amende de 100 dollars et jusqu’à un mois de prison.

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Bref, les plus fortunés de la Silicon Valley semblent être de plus en plus gênés par le fait de devoir poser leurs yeux sur la misère d’un sans-abri pendant leurs trajets en voiture. L’expression la plus radicale de la pauvreté montre toujours la dure réalité, un élément qui, pour l’élite de San Francisco, tend toujours plus à être oubliée.

Quoi qu’il en soit, la ville du Golden Gate ne possède pas encore un bon réseau de logements alternatifs pour les SDF et le plan pour établir une solution efficace pour aider ces populations marginalisées et fragiles semble encore loin, même si un nouveau département pour le soutien des sans-abris a été créé cette année.

Cependant, si l’on continue de cette manière à cacher la pauvreté sans aucune proposition intéressante pour l’atténuer, en la balayant de manière enfantine sous un tapis de plus en plus encombré, il n’y aura jamais de résultat positif. Pour la combattre, même San Francisco a besoin d’un dialogue sérieux avec la participation de tout le monde : les plans économiques et législatifs simplistes empirent seulement une situation déjà critique.

Les plans économiques et législatifs simplistes empirent seulement une situation déjà critique

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