Le gouvernement a ouvert un compte Github, pour tenter de proposer un nouveau support de communication pour les projets de loi. Mais cette utilisation est-t-elle vraiment pertinente ?

L’an dernier, un développeur avait mis en ligne le code civil sur Github, pour permettre une traçabilité et une lecture plus facile de ses modifications au cours du temps. Grâce aux « diffs », il devient possible de voir précisément quels mots ou quels alinéas ont été modifiés dans les différentes versions successives d’un même article de loi. Un outil précieux pour les juristes, qui avait aussi beaucoup plus aux développeurs, toujours prompts à montrer comment leurs méthodes collaboratives de développement peuvent s’adapter à d’autres champs d’activité.

C’est donc certainement pour tenter de séduire « les geeks » que le gouvernement a lui-même décidé d’ouvrir son propre compte Github, vendredi dernier. Pour le moment on y trouve exclusivement l’ensemble des amendements déposés sur le projet de loi numérique d’Axelle Lemaire, ce qui a un intérêt des plus limités.

Un intérêt utopique

Il faudra voir si le gouvernement entend aller plus loin, alors que la publication des textes de loi et de leurs actes préparatoires relèvent en principe de la Direction de l’information légale et administrative (DILA), qui a son propre site Légifrance, et des services d’information des deux chambres parlementaires.

Dans un effort de transparence aussi utopique qu’irréaliste, il serait par exemple intéressant que les cabinets ministériels obligent les lobbyistes à s’inscrire sur une plateforme comme Github pour y déposer leurs propositions d’amendements ou de projets de loi, pour que tous les citoyens puissent contrôler la source réelle des lois et le sort réservé aux propositions des uns ou des autres. Un jour peut-être.

gouvernementFR-github

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