C'est le résultat de la loi pour une République Numérique. Des contrats de travail sont désormais prévus pour les joueurs professionnels. Trois sociétés viennent de recevoir l'autorisation de s'en servir.

C’est l’un des effets de la loi pour une République Numérique. Avec ce texte, l’esport est considéré officiellement comme une pratique professionnelle compétitive des jeux vidéo. Cette reconnaissance entraîne juridiquement diverses conséquences, comme la mise en place d’un contrat de travail pour les joueurs qui font de ce hobby leur métier.

Cependant, la promulgation de la loi, survenue le 7 octobre 2016, ne suffisait pas. Il fallait encore faire paraître au Journal officiel le décret d’application de la loi précisant le cadre que doivent respecter les entreprises souhaitant utiliser ce contrat de travail.

Les joueuses aussi sont très actives.

Ce décret est finalement paru le 9 mai 2017. Il précise les moyens humains, matériels et financiers pour la mise en œuvre de ce contrat de travail, instaure un encadrement et un suivi physiques, psychologiques et professionnels adaptés à l’activité de joueur professionnel, et des précisions sur les leurs conditions d’entraînement, de formation et de suivi des risques professionnels liés à l’exercice de ce métier.

Huit mois après, les premiers agréments autorisant le recours à ce contrat de travail viennent enfin d’être attribués. C’est ce qu’annonce le ministère de l’économie et des finances, qui a pris acte du feu vert donné par la direction générale des entreprises — en effet, c’est elle qui à la responsabilité d’instruire les demandes d’agrément et de dire si oui ou non les conditions du décret sont remplies.

L’esport draine un vaste public.

Approbation pour trois sociétés

Trois entreprises ont passé avec succès l’instruction : il s’agit de GamersOrigin, LDLC Event et… l’Olympique lyonnais. Oui, le club de football français est actif dans ce secteur (comme d’autres, à l’image du PSG et de l’AS Monaco). Pour l’instant, l’OL ne se déploie que dans le foot, avec un joueur Fifa et une équipe Fifa, mais il n’est pas impossible de voir le club se déployer sur d’autres jeux.

Le gouvernement juge que la délivrance de ces agréments est le signe supplémentaire de « son soutien aux acteurs français de l’esport  » et, car il ne s’agit pas de perdre le nord, peut constituer un tremplin économique pour un secteur naissant. C’est « une activité remarquable par son fort potentiel économique et par sa capacité à créer de grands moments de partage et de rassemblement », observe l’exécutif

« L’adaptation des conditions d’emploi des joueurs professionnels s’inscrit dans une action continue en faveur de l’esport, qui vise à créer les conditions les plus propices au développement de l’esport et à adapter le cadre réglementaire à ses évolutions très rapides », poursuit le communiqué, qui se prête à rêver de voir la France « prendre une place de premier plan dans le monde ».

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