Eric Besson ne veut pas castrer Internet mais ne veut pas changer la LCEN
Guillaume Champeau -
publié le Jeudi 17 Avril 2008 à 10h22 -
posté dans Société 2.0
![]() Tandis que les députés Jean Dionis du Séjour et Corinne Erhel demandent dans un rapport déposé à l'Assemblée Nationale une clarification du statut d'hébergeur, le nouveau secrétaire d'Etat au développement de l'Economie numérique Eric Besson se refuse à réviser la loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN). Un statu quo qui ne satisfera ni les ayant droits, ni les acteurs du web 2.0 en France. Le secrétaire d'Etat au développement de l'Economique numérique Eric Besson a effectué mercredi 16 avril son premier déplacement officiel dans les locaux de la société Dailymotion, au lendemain de l'annonce des victoires judiciaires du site contre Lafesse et Omar & Fred. A cette occasion, Eric Besson a affirmé selon l'AFP qu'il "ne sera pas le ministre de la castration d'internet". Contrairement à ce que souhaitent de plus en plus les industries culturelles, la loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN) qui accorde aux hébergeurs de vidéos un statut juridique sécurisant, ne devrait pas être modifiée. Une "révision de la loi n'est pas dans les tuyaux", a ainsi assuré le secrétaire d'Etat qui s'interroge toutefois sur l'endroit où placer "le curseur entre liberté totale et régulation". Dans la version actuelle de la LCEN, les éditeurs de plateformes de plateformes vidéos sont, comme tout hébergeur, irresponsables des violations de droit d'auteur dès lors qu'ils suppriment les vidéos après avoir été notifiés de leur caractère illicite par les ayant droits. L'industrie culturelle, cinéma et musique en tête, contestent aujourd'hui ce régime qui leur impose à eux la charge de surveiller les plateformes et de faire quotidiennement la chasse aux contenus illicites en notifiant les hébergeurs lorsqu'ils trouvent des vidéos diffusées sans leur autorisation. En portant plainte le mois dernier contre Dailymotion, le producteur de Kaamelott et Caméra Café a expliqué qu'il appartenait selon lui aux éditeurs de plateformes de partage de contenus de supporter le coût du marquage des oeuvres et de la détection des infractions au droit d'auteur. Le rapport sur la LCEN demande une LCEN 2 Dans leur rapport sur la LCEN remis le même jour, les députés Jean Dionis du Séjour et Corinne Erhel notent que "l'évolution de l'action d'hébergeur suppose de légiférer rapidement, voire de façon urgente, pour fixer plus précisément les limites au sein desquelles les statut d'hébergeur, qui est un statut exonératoire de responsabilité, s'applique". "Autant la loi doit être appliquée, autant elle doit régir une réalité", écrivent les rapporteurs qui ne sont toutefois pas du tout motivés par un durcissement du régime à l'encontre des sites de partage de vidéos. Au contraire, ils demandent de protéger mieux encore le statut des hébergeurs, en incluant autant que possible les sites collaboratifs. Les rapporteurs s'émeuvent en effet de la décision prise à l'encontre de Fuzz.fr, qui heurte le développement du Web 2.0 en France à cause d'une loi rédigée avec trop de flou, que les juges ne semblent pas comprendre ou Concernant Dailymotion, le rapport affirme sans réserve que "le dispositif de notification est le seul possible, l'hébergeur ne pouvant savoir a priori si la publication du contenu est illicite ou non". Pour satisfaire les ayant droits, Jean Dionis du Séjour et Corinne Erhel demandent simplement aux plateformes d'échange de fichiers de mieux "communiquer les moyens qu'ils consacrent à la lutte contre les activités illicites", c'est-à-dire de faire preuve de plus de transparence sur les mesures de filtrage mises en place. Les hébergeurs qui ne sont pas "de bonne foi" dans l'étendue des moyens mis en oeuvre pourraient alors être condamnés pour leur négligence. "Des descriptions plus précises de la part des hébergeurs des moyens mis en oeuvre, sur le plan financier, sur le plan des moyens humains, sur le plan des techniques employées pourraient permettre des comparaisons, des évaluations et nourrir des débats qui, dans certains domaines, pourraient arriver à un consensus sur la bonne foi de tel hébergeur, et moins de tel autre", peut-on lire dans le rapport. Pour tenter de démêler tous les intérêts, le secrétaire d'Etat Eric Besson a confirmé qu'il réunira le 29 mai prochain tous les acteurs du web pour participer aux "Assises du numérique", qui devrait aboutir à la rédaction d'un plan destiné à doper l'économique numérique. Mais la LCEN ne sera pas au coeur des réflexions de ce "Grenelle du numérique", qui devrait s'attacher davantage aux infrastructures qu'à la gestion des contenus en ligne. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Eric Besson ne veut pas castrer Internet mais ne veut pas changer la LCEN»
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Natasha
le 17/04/2008 à 10:41
Il est toujours aussi liberticide le député Jean Dionis du Séjour !
J'ai encore le souvenir des intervention de M. le député Jean DIONIS du SÉJOUR, lors du vote de la loi DADVSI ....
A Lire : ASSEMBLÉE NATIONALE CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958 TREIZIÈME LÉGISLATURE Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 23 janvier 2008 RAPPORT D’INFORMATION DÉPOSÉ en application de l’article 86, alinéa 8, du Règlement PAR LA COMMISSION DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES, DE L’ENVIRONNEMENT ET DU TERRITOIRE sur la mise en application de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, ET PRÉSENTÉ PAR M. Jean DIONIS du SÉJOUR et Mme Corinne ERHEL, Députés. I C I sur le site de l' A.N. 4. De nouvelles méthodes à inventer
a) Les hébergeurs doivent communiquer sur les moyens qu’ils consacrent à la lutte contre les activités illicites Pour les rapporteurs, il faudrait donc : – confier à une autorité administrative, telle que la CNIL ou l’ARCEP, le soin de veiller à l’application par les hébergeurs de leurs obligations de « rendre publics les moyens qu’ils consacrent à la lutte contre les activités illicites » éventuellement menées par les hébergés, et à l’application du régime pénal du non respect de ces obligations ; – élargir cette obligation de publicité aux atteintes aux intérêts privés, qu’il s’agisse de diffamation, de droits d’auteur ou de contrefaçon. – préciser par des dispositions législatives ces obligations de publicité des moyens. .../... B. Les dispositions de la loi relatives à l’Internet 1) Le rapport d’application fait un point sur la mise en application du statut « d’hébergeur » sur Internet ; la loi (article 6) a en effet innové en créant un tel statut, alors que le droit de la communication traditionnel ne connaît que le statut « d’éditeur ». Le statut « d’hébergeur » comporte un régime de responsabilité au regard des contenus hébergés moins étendu que celui « d’éditeur » : l’hébergeur n’est pas responsable des contenus. Il doit en revanche mettre en place des dispositifs permettant de faire respecter les dispositions de la loi relatives d’une part à la lutte contre diverses déviances (incitation à la haine raciale, pornographie enfantine…), et de l’autre à la diffamation ainsi qu’au respect des droits d’auteur (problématique des sites de type Daily Motion ou You Tube, par exemple). Les rapporteurs considèrent que d’une part le statut d’hébergeur doit être préservé contre les interprétations jurisprudentielles qui aboutissent, au contraire de la lettre de la loi, à le confondre avec celui d’éditeur, mais que les hébergeurs doivent aussi mieux appliquer les dispositions de la loi qui les obligent à présenter les moyens qu’ils mettent en œuvre pour assurer le respect par les éditeurs hébergés des dispositions de la loi sur la lutte contre les déviances exposées ci-dessus et de ses dispositions concernant les intérêts privés (droit d’auteur, diffamation, voire contrefaçon s’agissant des sites de vente aux enchères). Aujourd’hui, on voit bien que le traitement des sites odieux a été sous-traité par les hébergeur à leur association, l’AFA. Surtout, il est impossible d’avoir une vision claire du nombre de demandes de suppression de sites ou des réponses des hébergeurs en matière de droit d’auteur ou de diffamation. Enfin, il faudra légiférer pour tenir compte de la diversification du statut d’hébergeur. La question de la contrefaçon sur Internet est une telle difficulté que le principal site de vente aux enchères a commencé à développer des instruments de lutte contre celle-ci de peur de perdre son statut d’hébergeur. De même, des dispositions législatives devront traiter les difficultés issues de la progression des techniques qui rendent l’hébergement plus « actif ». .../... A lire également Jean Dionis interrogé par 20Minutes sur le rapport LCEN [Blog du rapporteur] De récentes décisions n'ont pas suivi l'esprit de la loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN) de 2004 qui protège les hébergeurs ne s'occupant pas du contenu. Comment l'expliquez-vous ?
Les juges n'ont jamais accepté ce principe d'irresponsabilité des prestataires techniques sur Internet. Cela avait déjà donné des débats houleux à l'Assemblée. Finalement, nous avions tranché et décidé que, dès qu'on leur signalait un problème, les hébergeurs avaient la responsabilité d'enlever le contenu en question et d'alerter les autorités le cas échéant. Cette notion était déjà floue pour les députés, il est normal qu'elle le soit pour les juges. La loi n'est pas assez précise pour être appliquée ? Au-delà de la question de l'application de la loi, le problème, c'est que le Web a évolué. L'arrivée des sites coopératifs a créé une vague de fond. En ce sens, l'affaire Fuzz est intéressante. Ce site fonctionne avec des billets postés par les internautes. Ce sont même les internautes qui choisissent de poster un lien sur Olivier Martinez dans la rubrique people, ce qui a valu sa condamnation à Eric Dupin. Lui assure qu'il ne contrôle rien, qu'il est resté dans son rôle d'hébergeur et donc le jugement est critiquable. Que faire ? Le Web 2.0 a rendu floue la frontière entre les acteurs de l'Internet. Il y a une disparition sur certains sites de la fonction d'éditeur, qui est assumée directement par la matière que fournissent les internautes eux-mêmes et des mécanismes plus ou moins automatiques qui vont composer la une d'un site. Cela concerne des sites majeurs comme Dailymotion, eBay, Wikipédia... Désormais, il ne reste plus que l'hébergeur pour assumer la responsabilité du site, il ne peut pas s'en exonérer. Encore faut-il définir quel type de contenu et de quelle manière on le fait. C'est pour cela que nous demandons une LCEN 2 pour prendre en compte ces évolutions. Cette loi doit-elle être forcément plus restrictive ? La réponse est oui, même si c'est très compliqué. Le législateur va devoir poser un certain nombre de questions à ces sites sur les problèmes de contenus illégaux, de la contrefaçon ou des droits d'auteur. Maintenant que l'essor est là, il faut réguler. La LCEN de 2004 était une loi pour le Web 1.0, il faut maintenant une loi pour le Web 2.0. L'évolution de la loi est préférable à l'anarchie jurisprudentielle. C'est ce que nous demandons dans notre rapport. Eric Besson: «Je ne serai pas le ministre de la castration de l'Internet» [20 Minutes] Pour sa première sortie officielle, chez Dailymotion, en tant que secrétaire d'Etat chargé de l'Economie numérique, Eric Besson a réagi à la proposition d'une «LCEN 2.0» formulée mardi par le député Jean Dionis du Séjour sur 20minutes.fr.
«Pour l'heure, changer la loi n'est pas dans les tuyaux. Il va d'abord falloir lire le rapport remis aujourd'hui par Jean Dionis du Séjour qui pointe des flous dans la loi qui ont abouti à des flous dans la jurisprudence. Mais une chose est sûre: je ne serai pas le ministre de la castration de l'Internet», a déclaré Eric Besson à 20minutes.fr., avant d'ajouter: «Où se situe le curseur entre la liberté totale et la régulation? Il nous faudra répondre à cette question». Eric Besson veut faire de l'Internet une «liberté régulée» Mardi, le député Jean Dionis du Séjour, rapporteur de la Loi de confiance pour l'économie numérique (LCEN) avait déclaré: «Il faut maintenant une loi pour le web 2.0. L’évolution de la loi est préférable à l’anarchie jurisprudentielle». Une référence au verdict surprenant de l'affaire Fuzz. .../... Ou encore là Eric Besson ne veut pas castrer Internet [Liberation] .../...
Dans un rapport remis aujourd’hui, le député Jean Dionis du Séjour, rapporteur de la LCEN, recommande pour sa part la rédaction d’une nouvelle version de la loi, plus adaptée au web participatif. (On y reviendra) Eric Besson a profité de sa visite pour préciser qu’une « révision de la loi n’est pas dans les tuyaux » mais s’interroge cependant sur « le curseur entre liberté totale et régulation ». Sans doute conscient de l’aspect brûlant de ce dossier, il s’est empressé de préciser : « clairement je ne serai pas le ministre de la castration d’Internet ». Une déclaration qui risque de ressortir opportunément en juin prochain, à l’occasion de l’examen parlementaire du projet de loi Olivennes qui prévoit, après avertissements, de couper l’accès à Internet des internautes téléchargeant des œuvres protégées. .../... Il semble, que je ne sois pas le seul à craindre quelques débordements ... Je crains, que sous le prétexte de défendre le statut d'hébergeur, on amplifie la responsabilité des Editeurs (les FAI et leurs tuyaux) et que ceux-ci se sentent obligés de couper la connection internet à titre préventif, de crainte que des poursuites pénales puissent être engagés contre eux en cas de plainte des ayant droits. (Loi loi Olivennes étant, même si son examen semble avoir été reporté, toujours dans les projets). J'ai encore, le souvenir des débats DADVSI, ou M. le député DIONIS du SÉJOUR n'a pas beaucoup défendu les internautes. Mais bon tu as raison, pas d'à priori, laissons lui nous démonter qu'il n'est pas aussi liberticide, qu'il n'est apparu l'être lors du vote de la DADVSI. [Edit Typo] Hmmm, il me semble que je ne sois pas le seul à m'inquiéter de ce que nous préparerait Monsieur le député Jean Dionis du Séjour ...
A lire sur le site de Me Eolas Prix Busiris à Monsieur Jean Dionis du Séjour .../... C'est à lire en ligne Décidément, tout le monde en parle.
A lire sur ITRnews.com (lecture des pages réservées aux abonnés, mais l'abonnement y est gratuit) Le statut de l'hébergeur bien malmené ! Le statut de l'hébergeur bien malmené !
Le statut de l'hébergeur sur le web suscite de vives discussions. Un rapport sur l'application de la LCEN préconise d'attribuer plus de responsabilités légales aux hébergeurs quand la loi aurait tendance à les protéger. Ce rapport relance le débat sur le statut juridique de l'hébergeur à l'heure où Dailymotion gagne ses procès contre les humoristes Lafesse et Omar & Fred, et annonce son partenariat avec le site Arrêt sur Images en tant qu'hébergeur et prestataire technique. Voici déjà quatre ans que la loi sur l'économie numérique (LCEN) a été votée. Elle est, selon Corinne Erhel, député des Côtes d'Armor « un texte fondateur du droit de l'Internet qui crée notamment un statut pour les hébergeurs ». Et pourtant son contenu est remis en question par un rapport sur son application, présenté par les députés Corinne Erhel et Jean Dionis du Séjour. Il recommande d'attribuer plus de responsabilités légales aux hébergeurs, alors que la loi visait plutôt à les protéger en les transformant en simples prestataires techniques. L'Association des Services Internet Communautaires (ASIC) regroupe les sociétés de premier plan du web 2.0 et exprime, à la lecture de ce rapport, un certain étonnement. Jean Dionis du Séjour propose « d'adapter la loi à la diversification de l'activité d'hébergeur, en tenant compte, par exemple des spécificités de l'activité d'hébergeur de sites collaboratifs ou de sites de vente aux enchères » ainsi qu'un « éclatement du statut d'hébergeur, en fonction du caractère plus ou moins actif de l'hébergement ». De son côté, l'association pense que, même si l'usage du web évolue, notamment avec le web 2.0, l'équilibre adopté en 2004 « tend progressivement, et dans la majorité des décisions rendues, à reconnaître aux acteurs du web 2.0 le statut de l'hébergeur ». En conséquence, Giuseppe de Martino et Pierre Kosciusko-Morizet, co-Présidents de l'ASIC ont rappelé que « Si un régime aménagé de responsabilité a été créé par l'Union européenne et le législateur français, c'est pour protéger simultanément les droits des tiers et la liberté d'expression des risques de censure privée ». Enfin, « Nous saluons en ce sens le discours novateur de notre Ministre de tutelle, Eric Besson qui estime pour sa part qu'une modification de la législation n'est pas d'actualité », ont-ils ajouté pour conclure. .../... [Lire l'intégralité de l'article en ligne] Quand je dis que ce fameux rapport sur l'application de la LCEN est inquiétant ... |
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