L’affaire Comcast a révélé aux Etats-Unis les intentions de certains fournisseurs d’accès à Internet de brider voire de bloquer totalement l’utilisation du protocole d’échange de fichiers BitTorrent. En France, le fournisseur d’accès Free bride l’utilisation d’eMule, sauf à bien configurer le logiciel de P2P avec le brouillage de protocole. A notre connaissance, aucun FAI en France ne bride l’utilisation de BitTorrent. Mais si vous avez un doute, la communauté de notre confrère italien P2Pforum.it a eu l’excellente idée de mettre au point un Live CD basé sur Ubuntu très facile d’utilisation pour vérifier si les communications BiTorrent se déroulent bien sur le réseau de votre opérateur.

Plus exactement, les membres du forum italien ont créé deux Lives CD. Un disque A configuré pour diffuser un fichier par BitTorrent (seed), et un disque B chargé de le télécharger. Le test ne peut se faire qu’en couple, d’internaute à internaute. Il est nécessaire de connaître et de noter l’adresse IP de l’autre.

Une fois les ISO téléchargées et gravées, il faut configurer l’ordinateur de façon à ce qu’il boot sur le CD, relancer l’ordinateur, puis double-cliquer sur l’icône « Gemini-tool » qui s’affiche sur le bureau Ubuntu. Entrez de chaque côté l’adresse IP de l’internaute complice, et le teste se lance automatiquement pendant 5 à 7 minutes. A la fin du transfert entre les deux ordinateurs, celui qui exécute le disque A envoie automatiquement son log de transfert à l’ordinateur B, qui procède à une comparaison avec son propre log. L’ordinateur B va ainsi pouvoir regarder quels sont les paquets envoyés par A qu’il n’a pas reçus.

Un rapport est automatiquement généré par l’application, avec pour les connexions entrantes (inbound) et sortantes (outbound) le nombre de paquets sabotés (forged) et de paquets qui ne sont pas arrivés à destination (dropped). Plus le nombre de ces paquets avec anomalies est élevé, plus la suspicion est grande que le FAI de l’ordinateur A (qui envoie le fichier) bride les échanges BitTorrent. Elle est d’autant plus grande s’il existe des paquets « forged », qui n’ont pas lieu d’être dans une communication normale entre deux ordinateurs distants, contrairement aux paquets qui n’arrivent pas à destination (dropped), qui sont monnaie courante dans des proportions raisonnables.

En cas de doute, publiez vos rapports sur le forum de Numerama et les plus experts de nos membres sauront vous éclairer :-)

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