La Suisse a adopté sa loi DADVSI en toute discrétion il y a 3 semaines !
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 28 Novembre 2007 à 22h21 -
posté dans Société 2.0
Saviez-vous que les députés suisses ont ratifié le 5 octobre dernier les deux traités OMPI à l'origine de la loi DADVSI française ? Si vous ne le saviez pas, rassurez-vous... les Suisses non plus ! La loi a été adoptée en catiminie, sans doute dans l'espoir d'éviter un référendum populaire qui risquerait de bloquer son adoption...
Inspirée par l'Autorité de Régulation des Mesures Techniques mise en place en France, la Suisse crée un "Observatoire des Mesures Techniques". Celui-ci "sert d'organisme de liaison entre les utilisateurs et les consommateurs, d'une part, et les utilisateurs de mesures techniques, d'autre part, et encourage la recherche de solutions communes". Si l'intérêt public l'exige, l'Observatoire peut "prendre des mesures" pour le sauvegarder. Le texte de loi prévoit une peine d'emprisonnement d'un an pour ceux qui mettent à disposition des oeuvres piratées sur Internet, et une amende pour qui contourne ou propose des outils pour contourner les DRM. Ce sont des peines plus faibles qu'en France, où les peines sont de trois ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amende. Malgré cela, les justiciables suisses pourraient s'opposer à l'adoption de la loi s'ils la jugeaient contraire à leurs intérêts. La constitution suisse leur accorde en effet le pouvoir de bloquer l'entrée en vigueur de la loi et d'exiger un référendum populaire s'ils recueillent au préalable 50.000 signatures. Le délai référendaire pour l'arrêté fédéral sur le droit d'auteur expire au 24 janvier 2008. On se souvient du débat passionné qui avait précédé l'adoption de la loi DADVSI en France. Dans chaque pays où il est question de ratifier les accords OMPI et de sanctionner le contournement des DRM, le débat est toujours vif et accroché. Alors qu'en France ce droit de véto populaire n'existe pas, la pétition lancée par EUCD.info avait recueillie 173628 signataires entre le 2 décembre 2005 et le 3 août 2006. Est-ce pour ne surtout pas risquer un référendum populaire qu'une telle omerta sur le texte existe ? Ou est-ce (plus gravement peut-être) le symptôme d'un manque total d'intérêt politique et démocratique chez nos voisins helvétiques ? Prix indiqués avec livraison
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Je crois qu'effectivement personne n'avait vu cette loi passer, dans aucune des trois régions linguistiques.
La tendance est train de s'inverser:
http://no-dmca.ch/
Le site a publié un pdf que l'on peut imprimer et signer. Ce pdf était malheureusement pas validé par la chancellerie fédérale, mais la machine semble lancée.
(Il n'y a pas encore de traduction en Français de la page...)
Votre article a fait du bruit jusque dans la tribune de Genève, merci d'avoir fait une brève à ce sujet.
http://www.tdg.ch/pa...contenu)/166398
Je ne partage pas le pessimisme financier de bile666. Ce n'est pas qu'une question de gros sous. C'est aussi une question de motivation. Il faut imprimer des pdf et motiver des amis et collègues à signer. C'est aussi cela la démocratie directe.
Après que l'on mente et que l'on manipule les gens à coup de millions c'est une autre histoire, l'important c'est déjà de susciter le débat. Débat, dont les médias suisses, sont par essence friands.
Oui, nous sommes lents, chez nous les choses prennent beaucoup de temps. Cependant, je vous rappelle que nous votons 4 fois par année sur deS questionS régionales et fédérales. S'ajoute à cela encore les élections de parlementaires régionaux et fédéraux. Bref, je ne peux que souhaiter aux autres pays de pouvoir s'exprimer autant que nous, même si cela perturbe il est vrai quelque peu la réactivité politique. Régulièrement le peuple conteste ses ministres et leurs décisions et leur rappelle qui dirige.
A+