Soldes d'hiver : Grâce à son observatoire des prix, Numerama détecte les bonnes affaires !

'La poule' vend 100.000 disques chez Sony et se retrouve au RMI !

Guillaume Champeau - publié le Jeudi 01 Novembre 2007 à 15h44 - posté dans Musique Numérique

Mais qu'est-ce qui peut bien pousser des artistes comme Radiohead, Nine Inch Nails ou Saul Williams à préférer s'associer aux internautes pirates plutôt qu'aux maisons de disques qui ne leur veulent pourtant que fortune et célébrité ? Pour la célébrité, c'est bon. Pour la fortune, c'est moins sûr. Ou comment en direct sur Europe 1, un artiste signé chez Sony BMG raconte en larmes qu'il se retrouve au RMI après avoir vendu cette année plus de 100.000 disques...

Vous l'avez sûrement entendu au moins une fois. Ce fut l'un des tubes de l'année, parfaitement orchestré entre M6 et Sony BMG. Chanté depuis 2004 par Sébasto, "Fais la poule" est propulsé sur le devant de la scène dans l'émission "Incroyables Talents" sur M6, le 16 novembre 2006. Ceux qui ont vu l'émission se souviennent que la chanson (du genre de celles qui tournent en boucle dans la tête une fois qu'on l'a entendue) était matraquée à l'antenne, plusieurs fois par émission. Le but, bien sûr, était de créer chez les spectateurs le désir de retrouver la chanson dans les bacs et de l'acheter dès que possible :

Le buzz a parfaitement fonctionné, et le disque sort deux mois plus tard, le 29 janvier chez Sony BMG. Le clip est diffusé sur Internet par Wideo (filiale de M6) dès le 3 janvier :

Les ventes décollent, comme prévu. Tout était parfait. Sébasto, jusqu'alors chanteur enthousiaste mais totalement inconnu, est aux anges. Selon ses propres chiffres, il aurait vendu 108.000 singles de "Fais la poule", 30.000 "La Cantine" (son deuxième single), 116.000 compilations et 17.000 téléchargements. La semaine suivant sa sortie, le titre se hisse directement en troisième position des disques les mieux vendus, et atteint la deuxième place la semaine suivante. Sébasto et sa poule restent sept semaines de suite dans le top 10 français.

Moins d'un an plus tard, Sébasto demande et obtient le RMI. Entre temps, il a reçu son premier relevé de royalties. Ses gains, dit-il, s'élèvent à 477 euros, auxquels il faut ajouter des avances, "mais quand même minimes aussi".

Comment est-ce possible ?

Malheureusement, si ce genre d'histoires se raconte peu dans les grands médias, elles sont choses courantes. Simplifions beaucoup les choses. Pour bien comprendre comment une maison de disques fonctionne, il faut la comparer à une banque qui prête de l'argent à l'artiste qui souhaite enregistrer un disque, et qu'il va falloir rembourser. La maison de disques commence donc par avancer l'argent pour la production de l'album et provisionne les frais marketing. L'artiste donne alors une partie de la somme reçue pour la production au manager, et au producteur (qui est souvent lié à la maison de disques). Il ne lui reste alors pour vivre, entre la signature du contrat et la sortie de l'album, que la différence restante. Souvent pas grand chose, puisque l'artiste est fortemment incité à dépenser au maximum dans la production. Ensuite, il faut rembourser la somme prêtée, plusieurs dizaines de milliers d'euros, voire plusieurs centaines de milliers en fonction des artistes et des albums. Et le remboursement est prélevé directement sur le paiement des royalties. Ce que touche l'artiste en bout de course n'est donc que l'éventuelle partie des royalties qui dépasse le montant du prêt. Sauf que. Les contrats sont en général ficelés pour obliger à la production de plusieurs albums (ou singles)... et la maison de disques s'octroie par contrat le droit de prélever sur les royalties à verser pour l'album précédent la somme à prêter pour l'album suivant. Ce qui fait qu'un artiste peut enchaîner plusieurs albums dans une même maison de disques sans jamais voir la couleur de ses royalties. Ca peut durer comme ça plus de dix ans pour trois albums, surtout que les maisons de disques connaissent des tas d'astuces pour repousser l'enregistrement et la sortie des albums.

Voilà sans doute pourquoi Sébasto, qui n'a probablement lu de son contrat que l'article prévoyant environ 8 % des revenus net, se retrouve avec un simple chèque de 477 euros après avoir vendu plus de 100.000 singles. Il aurait de toute façon eu toutes les peines à comprendre son contrat s'il l'avait lu, tant la rédaction d'un contrat d'édition est faite pour brouiller les pistes. C'est au manager de bien conseiller son client. Mais selon le témoignage de Sébasto, ses managers se seraient assurés la part du lion avec 60 % de frais sur toutes les avances et 42 % sur les ventes de disques ! Des sommes que les managers, eux, ne doivent pas rembourser à la maison de disques. Porter plainte ? Trop long, trop cher, pour un résultat trop incertain. Le contrat fait loi.

Voilà pourquoi des artistes comme Radiohead, Nine Inch Nails ou Saul Williams quittent aujourd'hui les maisons de disques. Et pourquoi ils devraient être de plus en plus nombreux à se passer du prestige d'une signature chez Sony BMG ou quelqu'autre label.

Publié par Guillaume Champeau, le 1 Novembre 2007 à 15h44
 
 
40
Commentaires à propos de «'La poule' vend 100.000 disques chez Sony et se retrouve au RMI !»
 

1
2
:rolleyes:

la morale: il a qu'à vraiment bosser, et qu'il fasse artiste sur son temps libre, comme 25 millions de français.
Comme l'Obs. Il espérait quoi avec une telle création... Vivre de ses rentes ? Faire des concerts ? De la pub pour Maggi ?
Je comprends plutôt l'article comme une critique du fonctionnement des majors et des contrats des majors.Les majors n'étant pas des modèles de clarté, elles font aussi des contrats qui ne sont pas des modèles de clarté.Et en plus ils semblent que dès le début, l'auteur et/ou compositeur et/ou interprète semble être celui qui va toucher la plus petite part.
ben si son single mm pourrave (je n'ai pas osé écouter) à marché je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas en vivre. que l'inculture et la stupidité des gens fasse que de tels "artistes" parviennent sur le devant de la scène est affligeant, par contre que des personnes mal intentionnées comme celles qui dirigent les majors réussissent à force d'entourloupe a gruger tout le monde l'est encore plus.

faut pas oublier que pour un sebastos qui pointe au rmi c'est des dizaines de talents inconnus qui y sont passés avant car aucune major n'a accepté de faire une avance de frais raisonnables sur un artiste "à risque" ou non consensuel ou encore qui serait dans un genre "non populaire".

les majors sont vraiment une moisissure toxique qui non seulement tuent l'originalité et la diversité de la musique mais qui en plus étouffent le peu de musiciens qu'elles autorisent à jouer.

il est temps de désinfecter ce milieu.
 
Fais la poule quand les huissiers déboulent !

:ptdr:
:vomi:

Il aurait de toute façon eu toutes les peines à comprendre son contrat s'il l'avait lu, tant la rédaction est faite pour brouiller les pistes.
J'ai entendu une émission de radio il y a 2 ans où un type calé avait désossé ces contrats, il disait que c'était un scandale, que l'artiste était littéralement pieds et points liés, qu'il ne pouvait rien faire.

J'aurai jamais cru que ça pourrait aller jusque là.
Non à la musique comme produit de consommation.
J'ai peine à croire que sans major il aurait pu faire ne serait-ce que la moitié du chemin effectué. Il peut s'estimer heureux comme ça, parce bon, vivre de ce genre de tubes... il y aurait eu comme une injustice quelque part :)
'Jongsoo', le 01/01/1970 - 01:00
J'ai peine à croire que sans major il aurait pu faire ne serait-ce que la moitié du chemin effectué. Il peut s'estimer heureux comme ça, parce bon, vivre de ce genre de tubes... il y aurait eu comme une injustice quelque part :)
C'est sûr que ce genre de tube ne marche qu'aurpès des moutons avec du matraquange de pub tout le temps.
C'est sûr aussi qu'il n'était pas vraiment star parce que toujours masqué.
Il a été utilisé comme ingrédient dans une machinerie de consommation.

Mais son sort est quand même pas génial pour s'être autant tapé la honte.

Espérons que cette musique de consommation coulera elle aussi avec les majors. J'ai hâte que de vrais artistes (comme Goldman ou Souchon, n'en déplaise à certains) renaissent et repeuplent la scène française déserte de véritables "stars".
Bon, je suis évidement d' accord avec vous pour dire que cette "chanson" est pourrie est qu' on ne se grandit pas en l' écoutant, mais alors pour le reste je tombes de ma chaise. Je savais bien sur depuis longtemp que les majors se foutent de nos gueules et de celles des artistes, mais alors à ce point :eek: . Donc, si je comprend bien c' est l' artiste qui debourse les frais de production et de marketing et non la major qui ne fait qu' avancer l' argent. Mais alors elles ne servent que de banque de crédit. Quand je pense qu' elles justifient le prix élevé des cd et des fichiers mp3 de leurs plateformes de téléchargement par le fait des coups de production elevés alors que c' est l' artiste qui paye. C' est bien, on découvre de plus en plus le fonctionnement de ce monde de requins. Vivement que les majors disparaissent.
du calme, du calme.

on a qu'une version de l'histoire, et on a pas les contrats écrits sous les yeux. et signer avec une major est le rêve de beaucoup d'artistes, mais pas forcément le succès escompté. là c'est plus une opportunité de mercenaire pour la major, pas une volonté de long terme avec l'artiste. ;)
'TAkfa', le 01/01/1970 - 01:00
Bon, je suis évidement d' accord avec vous pour dire que cette "chanson" est pourrie est qu' on ne se grandit pas en l' écoutant, mais alors pour le reste je tombes de ma chaise. Je savais bien sur depuis longtemp que les majors se foutent de nos gueules et de celles des artistes, mais alors à ce point :eek: . Donc, si je comprend bien c' est l' artiste qui debourse les frais de production et de marketing et non la major qui ne fait qu' avancer l' argent. Mais alors elles ne servent que de banque de crédit. Quand je pense qu' elles justifient le prix élevé des cd et des fichiers mp3 de leurs plateformes de téléchargement par le fait des coups de production elevés alors que c' est l' artiste qui paye. C' est bien, on découvre de plus en plus le fonctionnement de ce monde de requins. Vivement que les majors disparaissent.
Je pensais ça aussi.
Est-ce que Kad ou Cedric ou un type qui s'y connaît pourrait nous aider ?

Je croyais que les majors justifiaient le prix de leurs produits à cause du fait que les artistes ça coûtait très cher à lancer et qu'il y avait plus de ratés que de stars.

Mais si finalement ils ne font que prêter de l'argent en plus d'en piquer 70% à l'artiste, et que celui-ci doit tout faire tout seul (sauf la pub), alors elles servent à quoi les majors (sauf à faire de la pub) ?

Est-ce qu'on ne pourrait pas dire que c'est carrément du vol à ce stade ?

Si tout cela est vrai, cela justifie amplement le téléchargement dit "illégal".
'L-observateur', le 01/01/1970 - 01:00
du calme, du calme.

on a qu'une version de l'histoire, et on a pas les contrats écrits sous les yeux. et signer avec une major est le rêve de beaucoup d'artistes, mais pas forcément le succès escompté. là c'est plus une opportunité de mercenaire pour la major, pas une volonté de long terme avec l'artiste. ;)

Malheureusement L'obs, ça marche (presque) tout le temps comme ça, même si dans son cas c'est porté à l'extrême avec notamment des commissions marketing très importantes (50 %) prélevées sur le brut. Je conseille à ceux que le sujet intéresse les livres "Confessions of a record producer" et "Legal Aspects of the Music Industry". Je ne sais pas s'il y a des équivalents en français.

Je précise quand même que j'ai bien dit dans l'article que le label était une banque au départ. Son rôle principal reste quand même de vendre, mais il n'investit pas, ou peu, dans la production elle-même.
'Actaruss', le 01/01/1970 - 01:00
Je pensais ça aussi.
Est-ce que Kad ou Cedric ou un type qui s'y connaît pourrait nous aider ?

Je croyais que les majors justifiaient le prix de leurs produits à cause du fait que les artistes ça coûtait très cher à lancer et qu'il y avait plus de ratés que de stars.

Mais si finalement ils ne font que prêter de l'argent en plus d'en piquer 70% à l'artiste, et que celui-ci doit tout faire tout seul (sauf la pub), alors elles servent à quoi les majors (sauf à faire de la pub) ?

Est-ce qu'on ne pourrait pas dire que c'est carrément du vol à ce stade ?

Si tout cela est vrai, cela justifie amplement le téléchargement dit "illégal".

Elles disent vrai et faux à la fois. En fait il y a une différence majeure avec une banque. Une banque, quel que soit le succès de l'investissement réalisé avec l'emprunt, il faut rembourser. Avec une maison de disques, on ne rembourse qu'en cas de succès. Si un disque fait un flop, la maison de disques aura avancé l'argent et ne sera pas remboursé. C'est dans ce sens là qu'ils disent que ça coûte cher de lancer un artiste. D'après leurs chiffres, 1 album sur 10 est rentable.
Bonjour,

Un peu dans le même genre, un vieil article de Courtney Love

What happens to that million dollars?

They spend half a million to record their album. That leaves the band with $500,000. They pay $100,000 to their manager for 20 percent commission. They pay $25,000 each to their lawyer and business manager.

That leaves $350,000 for the four band members to split. After $170,000 in taxes, there's $180,000 left. That comes out to $45,000 per person.

That's $45,000 to live on for a year until the record gets released.

Etc, etc...
Cela fait plusieurs décennies que les grosses stars multimillionaires qui représentent dans la conscience populaire une carrière réussie créent leur propres structures de production (Peter Gabriel, The Cure, etc...).
Ce n'est pas par hasard.
Internet est un outil supplémentaire au service des créateurs.
Lol il on trouver la poule au oeuf d or chez sony :biggrinthumb:

Sans rire c est triste de voir comment la maison de disque traite leur « dit artiste »
Alors les client je ne veux même pas savoir se qu’il en pense « même si tout le monde ici le sais »
Pourquoi il pleure ? Il lui reste les droits d'auteurs. Celui qui a crée "la danse des canards" vient bien de ses droits, lui.
Porter plainte ? Trop long, trop cher, pour un résultat trop incertain.

euh je crois y'a un truc qui s'appelle l'aide juridictionnelle, et avec le rmi, il a largement atteint le seuil nécessaire pour avoir un avocat gratuit.
'notorious59', le 01/01/1970 - 01:00
Porter plainte ? Trop long, trop cher, pour un résultat trop incertain.

euh je crois y'a un truc qui s'appelle l'aide juridictionnelle, et avec le rmi, il a largement atteint le seuil nécessaire pour avoir un avocat gratuit.
Les frais juridiques ne se bornent pas à un avocat.
En pratique il y a plein d'autres petites dépenses qui, en s'associant, coûtent très cher.
Pis va t'opposer à une major, un contrat incompréhensible que tu as signé, et une armée d'avocats.

C'est pas que le résultat est incertain, Kad se gourre, ici, le résultat est carrément certain, il se fera débouter vite fait bien fait.
Je comprend enfin pourquoi les majors ne veulent pas produire d'album qui risquent de ne pas atteindre les 100 000 exemplaires :

C'est pour que les artistes ne soient pas obligés de leur reverser quelques dizaines de milliers de $ à la fin de l'année.... Ha quel bon coeur ces majors kilukru :ange:

1
2
Télécharger
Songbird
Lecteur audio et vidéo - Clone d'iTunes en logiciel libre
 
Cryptload
Téléchargeurs et aspirateurs - Téléchargez facilement sur les sites de stockages
 
The Gimp Mode
Photo numérique - The Gimp simplifié et en français
 
AIM Ad Hack
Communication - Supprimer les publicités dans AIM
 
Qumana
Editeur de site - Un éditeur de blog gratuit
 
Novembre 2007
 
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
29 30 31 1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 1 2
3 4 5 6 7 8 9
Matoumba
EntrepreNantes
Numerama est un site du réseau PressTIC