La Fédération Internationale de l’Industrie Phonographique (IFPI) enregistre une première victoire en Europe de l’Est contre les vendeurs de fichiers musicaux piratés. L’organisation annonce en effet que l’un de ses membres, Honest Music, a obtenu de la cour d’appel de Kiev la condamnation de l’éditeur du site MP3.ua. Internet Media File Ltd. a ainsi été condamné à verser plus de 50.000 euros de dommages et intérêts à la maison de disques pour avoir vendu sans autorisation 36 chansons dont elle était titulaire des droits.

C’est moins de 1400 euros de dommages et intérêts par chanson vendue, soit sept fois moins que ce qu’a payé aux Etats-Unis Jammie Thomas, simplement pour avoir mis en partage gratuitement quelques chansons sur un réseau P2P. De deux choses l’une. Soit Jammie Thomas a payé beaucoup trop cher le fait d’être la première P2Piste poursuivie par la RIAA et jugée dans un tribunal, soit le tribunal de Kiev a été beaucoup trop clément avec celui qui faisait réellement commerce du piratage.

A l’instar de AllofMP3, MP3.au s’est fait comme spécialité de proposer de la musique à bas prix. Chaque morceau est vendu 0,15 $, et les albums complets bénéficient d’une décote de 10 %.

Pour Stefan Krawczyk, le directeur régional délégué de l’IFPI pour l’Europe considère que « ce jugement crée un précédent et nous aidera à s’assurer que l’Ukraine ne devienne pas un havre de paix pour la prochaine génération de sites illicites façon Allofmp3. Il suggère que le législateur et le système judiciaire s’éveillent à l’importance de réguler les droits de propriété intellectuelle en ligne« .

Qui est Honest Music ?

Le communiqué de l’IFPI indique que c’est Honest Music, et non l’IFPI elle-même, qui a intenté l’éditeur de MP3.ua en justice. Le label semble inconnu de Google, et le listing des membres de l’IFPI fait bien figurer Honest Music, mais avec un lien vers Monolit Records, une maison de disques russe. Or aucune référence à Honest Music n’existe sur le site de Monolit.

Il est étrange que seule cette maison de disques semble avoir été à l’origine de la plainte, alors que le site MP3.au met en avant surtout des artistes internationaux qui figurent au catalogue des majors. Pourquoi, s’il y a volonté de fermer ce site, les majors et l’IFPI ne se sont-elles pas jointes à l’action ? A suivre.

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