Même s’il a bonne presse auprès des politiques et responsables marketing, Second Life doit faire face à un problème de fond ; son univers se vide ; et il faut croire que l’équipe de Linden Lab s’est penchée sérieusement sur la question puisqu’on nous annonce aujourd’hui un accord passé avec IBM. Son objet ? Permettre aux utilisateurs d’utiliser leurs avatars en dehors de Second Life.

Etrange que cet accord laisse supposer l’effet inverse de ce qu’il est supposé combattre. Au contraire, l’idée sonne juste. En effet, on finit vite par tourner en rond dans Second Life. Une fois passée la création d’un avatar, qui reste, pour la plupart d’entre nous, un instant assez jubilatoire, que lui faire faire sinon subir le fruit de sa propre oisiveté ? Pas grand chose. C’est un peu comme si l’on découvrait Internet à travers un seul site Web, ou une console avec un seul jeu.

Mais imaginez que celui-ci puisse se balader à travers la toile, prendre une hache pour fendre du crâne d’orc, sa plume pour entretenir un blog, sa verve pour participer à un forum… On est sûrement loin d’y arriver mais l’accord passé entre IBM et Linden Lab a quelque chose de cet ordre. Considérez un instant le pseudonyme que vous utilisez sur le Web. Ne vous est-il jamais arrivé d’utiliser le même pour différents services ? Maintenant, imaginez que l’on passe d’un pseudonyme à un avatar complet. Vous y êtes ; l’identité virtuelle poussée à un niveau supérieur.

Dans l’absolu, l’idée, de par nos propensions sociologiques, devrait trouver écho. Maintenant, la forme qu’elle prendra à la lumière de cet accord devrait se révéler très modeste mais on tient déjà le début de quelque chose. L’interopérabilité de l’avatar comme l’un des prémisses au passage de l’ère textuelle d’Internet à une nouvelle époque marquée, peut être, par la projection de conscience ?

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