Une nouvelle étude montre un ralentissement de croissance pour le téléchargement légal, pendant que les pratiques du peer-to-peer ne cessent de progresser. Les réseaux sociaux peuvent ils constituer une voie honorable pour l'industrie du disque ?

Malgré le succès de l’iTunes Store, doit la croissance effrénée ne semble plus s’arrêter, une étude d’Entertainment Media Research donne une vision beaucoup plus pessimiste pour l’industrie du disque. Le nombre de personnes déclarant télécharger illégalement est ainsi passé de 36 % à 43 % sur un an pendant que, par voie de conséquence, le téléchargement légal affichait un ralentissement de croissance.

La baisse de prix des CDs aurait joué un certain rôle dans l’érosion de la croyance selon laquelle le téléchargement légal serait la manière la moins coûteuse d’acquérir un album. D’ailleurs, la tentative de dissuasion menée en ballet par l’industrie du disque perd de l’effet escompté, près d’un interrogé sur cinq ayant répondu qu’ils continueraient de télécharger illégalement malgré la menace de poursuites. « Puisque les téléchargements illégaux atteignent un pic, la crainte pour les consommateurs d’être poursuivis tombe » souligne John Enser, à la tête de la compagnie juridique londonienne Olswang, avant d’ajouter « l’industrie du disque doit trouver d’autres façons d’encourager le public à télécharger légalement. »

Et dans ces moyens, l’étude positionne le prix des morceaux comme clé de voûte de la solution. C’est sans surprise qu’une grande majorité des interrogés estimeront que les vieux morceaux numériques devraient être moins chers que les fraîchement sortis, pendant que d’autres voix s’élèvent pour exiger une participation active des fournisseurs d’accès dans la lutte contre le piratage.

Mais une autre issue pourrait s’esquisser pour l’industrie. Un internaute sur deux a déclaré visiter les sites de réseaux sociaux afin d’y trouver de la musique (une proportion qui grimpe même jusqu’à 75 % pour Myspace), et 30 % qu’ils comptaient acheter ou télécharger la musique qu’ils avaient ainsi découvert. Enfin, 46 % des interrogés ont trouvé qu’il était plus facile d’acheter les morceaux directement du site communautaire où ils les trouvaient.

« Les sites communautaires changent fondamentalement la façon dont nous achetons et utilisons la musique » commente le directeur d’Entertainment Media Research Russel Hart. « Même si il n’y a aucun lien direct entre la piraterie et la musique des sites de réseaux sociaux, ceux-ci constituent une nouvelle plateforme de découverte, et si elles n’intègrent pas une option d’achat, les gens iront ailleurs pour obtenir ce qu’ils veulent, y compris vers le téléchargement illégal ».

Bref, il paraît de plus en plus évident que l’industrie du disque à tout intérêt à travailler avec les réseaux sociaux si elle souhaite se sortir du bourbier dans lequelle elle s’est enlisée. L’évolution est déjà en marche pour MySpace, et même si il lui reste encore du chemin à parcourir, c’est peut être là que se joue une partie de son avenir (ou pas).

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