La Grande-Bretagne refuse d'étendre la durée des droits d'auteurs

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 25 Juillet 2007 à 12h16 - posté dans Société 2.0

Ou plus exactement, des "droits voisins". Contrairement aux droits des auteurs et compositeurs de musique dont les droits leur survivent 70 ans après la mort, les maisons de disques, artistes interprètes et autres producteurs bénéficient d'une durée de droits "voisins" de 50 années après enregistrement, pendant lesquelles ils disposent du monopole sur toute exploitation et reproduction. Pas assez pour les lobbys des maisons de disques, qui réclament une durée étendue, en s'appuyant comme toujours sur les droits des artistes-interprètes, plus faciles à "vendre" avec sentimentalisme.

Protéger toujours plus et plus longtemps, à en perdre la raison. Un article publié ce mois-ci dans la revue professionnelle "Communication Commerce Electronique" (LexisNexis) est en cela exemplaire d'aveuglement. Le professeur de droit Tristan Azzi y écrit ainsi le plus sérieusement du monde : "Si un premier aperçu de la loi du 1er août 2006 (DADVSI, ndlr) peut laisser penser que le monopole de l'auteur et des auxiliaires de la création est en voie de disparition en raison d'un net accroissement des exceptions, un examen attentif invite à plus d'optimisme dans la mesure où ces nouvelles exceptions ont une portée qui se révèle finalement assez faible". Tout est dit.

Pour les droits d'auteurs et les fanatiques de la protection des droits, c'est "avec nous ou contre nous". Notamment lorsqu'il s'agit d'étendre la durée des droits...

La Fédération Internationale de l'Industrie Phonographique (IFPI) a ainsi voulu faire pression sur le gouvernement britannique pour qu'il étende les droits voisins à 70 ans, comme en Australie (les Etats-Unis sont à 95 ans maximum). La British Phonographic Industry (BPI), l'antenne locale du cartel, avait su convaincre des députés de l'opposition et même la commission parlementaire sur les médias, la culture et le sport. Elle espérait qu'en faisant d'abord tomber la Grande-Bretagne, Bruxelles allongerait ensuite pour toute l'Europe la durée minimum de protection prévue dans ses directives sur les droits d'auteurs.

Mais mardi, le gouvernement britannique a fait savoir qu'il ne jugeait pas opportun de prolonger la durée des droits voisins pour assurer les beaux jours en enfer ou au paradis de Cliff Richard et Paul McCartney, deux artistes britanniques dont les enregistrements de certaines oeuvres s'apprêtent à expirer. "Le gouvernement aurait dû pousser la Commission Européenne à effectuer un changement dans la loi mais une telle initiative n'a pas semblé appropriée puisqu'elle n'aurait pas bénéficié à la majorité des artistes interprètes et aurait conduit à des coûts plus élevés", rapporte Associated Press.

Evidemment, l'IFPI est immédiatement sortie de ses gonds pour protester. "La Grande-Bretagne est une source de musique grandiose qui bat dans le monde entier, donc il est frustrant que sur le problème de la durée des droits d'auteurs le gouvernement n'ait montré qu'un respect limité pour les artistes britanniques et l'industrie du disque britannique", a ainsi déclaré John Kennedy, le président de l'IFPI. "Quelques unes des plus grandes oeuvres de musique britanniques vont bientôt être retirées aux artistes qui les ont interprétées et aux maisons de disques qui ont investi en elles", ajoute-t-il.

Geoff Taylor, le directeur général de la BPI, assure quant à lui qu'il continuera à se battre pour une extension au niveau européen de la durée des droits voisins. "Il est profondémment décevant que nous soyions obligés à le faire sans le soutien du gouvernement britannique", dit-il.

En France aussi, les lobbys cherchent à militer pour un allongement des droits voisins. Le Syndicat National des Editeurs de Phonogrammes (SNEP), bras armé de l'IFPI pour la France, a déjà publié un argumentaire peu convaincant sur le sujet.

Habitués à un rallongement continu des droits depuis la première loi sur le droit d'auteur, le Statute of Anne de 1710, les professionnels de la culture ont désormais beaucoup plus de peine à justifier une protection toujours accrue de leurs droits. Le retour de balancier semble même vouloir commencer, avec une pression de plus en plus grande pour revenir à une durée de protection plus conforme aux intérêts de la société dans son ensemble. Un chercheur britannique calculait ainsi récemment qu'une durée optimale de protection des droits d'auteurs pour assurer la création tout en assurant le bien-être de la société serait de 14 ans après la création de l'oeuvre.

 
Publié par Guillaume Champeau, le 25 Juillet 2007 à 12h16
 
 
8
Commentaires à propos de «La Grande-Bretagne refuse d'étendre la durée des droits d'auteurs»
 
S***perie de riches, bien fait, nah !
70 ans, ça couvrirait toute la génération suivante. En fait, c'est franchement pas mal du point de vue du détenteur des droits. L'artiste vient de mourir ? Pas grave, on en a encore pour 70 ans de ré-enregistrement, ré-édition, remixage et j'en passe. :bienvu:

Pis dans 60 ans, personne ne connaîtra le titre d'aujourd'hui (ça, forcément... :ange: ) et hop, on pourra ressortir le tube des vieux cartons. Ça assurera une seconde exploitation pour un coût nul. Alors les styles et goûts musicaux auront changé dans 60 ans, mais il suffira de faire un petit remix (avec l'artiste en vogue, histoire de dire que c'est un titre qui vient de sortir), et hop on aura un titre inédit qui vient de sortir et que-même-qu'il-est-trop-bien (du neuf vieux de 60 ans, mais qui le saura ou s'en souciera ?).

Ou alors on peut raccourcir la durée des droits d'auteurs et... ah bah non, ça c'est moins intéressant. Mais bon, en face de nous, lobby musical pour l'allongement des droits, y a personne alors on va essayer, on n'a rien à perdre.


Quand même, il faut bien avouer : vive la création artistique... :rolleyes:

Bon heureusement, il y a apparemment du monde qui n'est pas d'accord dans certains gouvernements. Si, non content de ne pas prolonger les droits d'auteurs et droits voisins, ils les réduisaient ça serait pas plus mal... Mais ça, je crois bien que ça sera une autre paire de manches :kar:
Sauf qu'a force de rallongé les droit voisin certain enregistrement de mozart qui techniquement vue l'age des morceau sont toujours protégé par des droits d'auteurs (regarder combien vous vendent les major un simple midi d'une oeuvre de mozart ça frise le ridicule... A l'époque c'était pas loin de 10€ par morceaux)
Rien ne t'empêche de trouver un partition de Mozart chez un bouquiniste et de la transformer en fichier midi si tu veux pas payer 10 euros :biggrinthumb:
Tu peux même la revendre toi même le prix que tu veux
il suffis a un artiste maintenant de sortir 3 ou 4 titres qui marche du tonnerre pour s'assurer une retraite confortable ainsi que celle des majors et ceci pour 70a.

c'est dégueulasse car pendant ce temps un os chez renault doit bosser jusqu a un minimum de 60a pour avoir juste de quoi payer son loyer + charge et son bout de pain quotidiens a sa retraite. :pasbien:

:colere: boycott des suceurs de fric.......
Regarde des type comme les voulzy et compagnie tu ne les entend pas pendant 15 ans d'un coup il te font une chanson et hop 70 ans de plus d'argent sans rien glandé apres...
Hum Hum.... Pourquoi je sens comme une odeur d'aigreur et de jalousie ici ? :france:

:dehors:
Télécharger
Dropbox
Sauvegarde - Le Cloud version Dropbox.
 
EditHexa
Editeur Hexadécimal - Editeur hexadécimal
 
Email Remover
Anti-spam - Filtrer les e-mails
 
NoDouble
Nettoyeurs - Supprimez les doublons de vos disques durs
 
CustoPack Tools
Personnalisation - Customisez votre bureau Windows
 
Juillet 2007
 
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
25 26 27 28 29 30 1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31 1 2 3 4 5
Matoumba
EntrepreNantes
Numerama est un site du réseau PressTIC