Comme nous le rapportions hier, c’est bien Christine Albanel qui a été nommée ministre de la Culture dans le gouvernement Fillon. Elle remplace donc Renaud Donnedieu de Vabres, qui laissera un souvenir mémorable de son passage à la rue de Valois par l’échec généralisé de ses réformes et son incapacité à remplir correctement son rôle de médiateur. Madame Albanel, qui connaît bien les rouages de la politique pour avoir été la plume de Jacques Chirac dans l’ensemble de ses principaux mandats, sera également la porte-parole du gouvernement.

Christine Albanel aura la délicate mission de rétablir la confiance entre le public, les créateurs et les producteurs, après un passage en force de la loi DADVSI qui n’a servi aucune des parties en présence. Parmi les gros dossiers qu’elle devra traiter figurera sans doute une révision des dispositions de la loi sur le droit d’auteur, avec la gestion des décisions de l’Autorité de Régulation des Mesures Techniques et une rémunération pour copie privée appelée à être de plus en plus contestée dans les mois et les années à venir. Sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, elle pourrait vouloir renforcer les sanctions contre les internautes en remettant au goût du jour un système contraventionnel et une pression judiciaire sur les entrepreneurs du secteur informatique tentés de surfer sur la diffusion illicite des contenus culturels. Sans doute sera-t-elle dans ce cadre appelée à étudier le casse-tête juridique posé par les nouvelles pratiques de partage de contenus sur Internet, avec un conflit croissant entre la protection légitime des ayant droits et la protection légitime des hébergeurs. Kewego, qui se revendique hébergeur et intermédiaire technique pour l’échange de vidéos, a par exemple été assigné en Justice par Canal + pour ne pas avoir empêché la diffusion de certains de ses formats courts.

Madame Albanel devra accompagner le passage de l’analogique au numérique pour la télévision (prévu à partir de 2008), et amorcer le passage au numérique pour la radio. Elle devra aussi reprendre en main le dossier bouillant de la chronologie des médias, malmenée par la dématérialisation des contenus, et bloquée dans ses négociations entre FAI et professionnels du cinéma.

Peut-être devra-t-elle enfin traiter du dossier de la brevetabilité des logiciels, une réforme sur laquelle Nicolas Sarkozy s’est montré plutôt favorable.

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