Le déménagement est court géographiquement, mais il en dit long politiquement. Renvoyé par un député maire UMP en opposition à la loi DADVSI, les rencontres cinématographies de l'ARP se déplacent à Dijon, avec un meilleur soutien politique... socialiste.

En mars 2006, le député-maire UMP de Beaune Alain Suguenot dénonçait les pressions exercées sur lui par le monde du cinéma, alors qu’il se dressait à l’Assemblée Nationale contre la loi DADVSI et pour un système de licence globale. Il décidait alors pour affirmer son indépendance de mettre fin aux rencontres cinématographiques de Beaune, organisées depuis 15 ans dans sa commune avec la Société Civile des Auteurs, Réalisateurs, Producteurs (ARP). Ces rencontres sont pourtant un évènement majeur de la vie cinématographique française, européenne et même mondiale. Le rendez-vous annuel réunit plus de 450 professionnels du cinéma dont environ 100 réalisateurs de nationalités différentes autour de thèmes européens et internationaux.

« Je ne vois pas comment on pourrait encore demander un effort des Beaunois qui, bon an mal an, investissent 200.000 euros chaque année pour recevoir des cinéastes réalisateurs afin de se battre pour l’exception culturelle« , avait condamné le député. « On ne l’a absolument pas mis sous pression. Les choses ont été toujours extrêmement claires et publiques« , s’était défendu Michel Gomez, délégué général de l’ARP. « Il a été battu à l’Assemblée. Nous n’avons pas à assumer les responsabilités de son échec« , insistait-il. Pour expliquer le coup de sang, M. Suguenot avait dénoncé les pressions exercées sur lui par l’ARP « pour qu’il puisse demander aux députés de prendre des dispositions contraires à sa conscience« .

De ce « divorce par consentement mutuel », l’ARP s’est remise bien volontiers. La société civile a déplacé ses rencontres annuelles dans la ville voisine de Dijon, la manifestation étant ouverte depuis jeudi et jusqu’au dimanche 29 octobre. La VOD sera le thème central des rencontres. L’ARP veut voir « comment créer les conditions pour que ces bouleversements (l’arrivée massive des télécoms et de l’informatique dans la chaîne culturelle, ndlr) continuent à servir la création cinématographique« , explique Michel Gomez à Cineuropa.

Le maire de Dijon qui héberge la manifestation s’appelle Francois Rebsamen. Il se décrit comme le numéro 2 du Parti Socialiste et serait plutôt proche de Ségolène Royal. « Avec cette première à Dijon, c’est un changement d’échelle qui permettra de faire pénétrer un peu plus le cinéma dans notre univers et d’en irriguer le monde étudiant« , s’était félicité le maire socialiste lors de l’annonce de l’arrivée de la manifestation dans sa ville. « J’ai tourné en 1985 à Dijon et je me sens beaucoup mieux politiquement ici !« , avait répondu Jean Marboeuf, vice-président de l’ARP.

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