La Malaisie souhaite généraliser d'ici 2018 l'installation d'une puce RFID sur tous les véhicules en circulation, pour permettre leur suivi. Un système qui pourrait arriver en Europe ?

Selon un article du Sun Daily repris par Techdirt, la Malaisie aurait décidé d'imposer une puce RFID (Radio Frequency IDentification) active sur tous les véhicules qui seront sur les routes du pays d'ici 2018. Le système d'identification sans fil sera présent sur une vignette à coller sur le pare-brise, et pourra être suivi à la trace par les autorités malaisiennes, y compris à l'aide de satellites qui permettront de suivre le déplacement d'un véhicule en particulier. Un système antivol pourra prévenir la police si quelqu'un tente de décoller l'étiquette.

"Ce nouveau système permettra à la police et aux autres autorités de suivre efficacement les délinquants", prévient le journal malaisien, qui pense que le système pourra aussi être utilisé pour facturer les déplacements sur les autoroutes en remplaçant toutes les cabines de péages par des lecteurs de puces RFID (exactement comme le système de télépéage proposé en France par les exploitants d'autoroutes).

Parmi les autres utilisations envisagées figure le suivi des voitures volées, la lutte contre le clonage des plaques d'immatriculation, la surveillance du trafic routier, ou encore le contrôle de l'immigration par le suivi des véhicules étrangers qui passent la frontière. Ce sera d'ailleurs la première application, la vignette devant dans un premier temps être imposée à tous ceux qui se rendront dans l'Etat de Johor, avant d'être imposée en 2016 et en 2017 aux véhicules venant de Thaïlande, de Bruneï, et d'Indonésie, et d'être généralisée à tous les conducteurs du pays.

POSSIBLE EN EUROPE ?

En revanche, le quotidien malaisien ne dit rien des préoccupations liées à la vie privée des propriétaires de voitures qui pourraient voir leurs mouvements espionnés, si ce n'est pour rappeler en conclusion que cette possibilité fait polémique dans d'autres pays comme la Belgique, l'Italie, la Grande-Bretagne, ou les Etats-Unis.

Même si l'on est encore très loin du même système RFID, on rappellera qu'à partir du 1er octobre 2015, tous les véhicules construits en Europe doivent être équipés du système eCall, c'est-à-dire d'une carte SIM qui permet au véhicule de communiquer. Le système est conçu d'abord pour permettre l'appel des urgences en cas d'accident, mais "les possibilités de la plateforme technologique eCall (par exemple les modules de positionnement, de calcul et de communication) pourraient être exploitées pour des services additionnels", avait prévenu la Commission européenne.

Le système de base obligatoire est toutefois "dormant" par défaut, c'est-à-dire qu'il n'est allumé qu'en cas de détection d'accident lors du déclenchement de l'airbag, et qu'il n'active donc pas en permanence les antennes-relais des opérateurs téléphoniques. C'est uniquement si le conducteur choisit d'activer des services complémentaires, par exemple pour permettre à son assureur de vérifier le nombre de kilomètres parcourus et le bon suivi des règles de sécurité routière, que le système se transformera de fait en traceur.

Les Etats-Unis réfléchissent par ailleurs à la création de plaques d'immatriculation électroniques, qui exigeraient une communication à distance et donc la possibilité de suivre le véhicule à la trace.

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