Selon le gouvernement qui s'appuie sur des études du Centre national de la cinématographie (CNC), Netflix a un niveau stable d'abonnés depuis le début de l'année, beaucoup plus bas que les ambitions affichées par le service américain.

Faudra-t-il attendre la sortie de sa série TV française Marseille pour que Netflix trouve un nouveau public et se mette enfin sur des courbes susceptibles de rejoindre ses très ambitieux objectifs ? Selon le ministère de la Culture, qui nous paraît là citer des éléments qui n'étaient pas publics, "d'après les études que réalise le CNC sur le marché de la vidéo à la demande, l'usage de Netflix est quasiment stable depuis le mois de février dernier". Or les chiffres seraient bas.

"Le service compterait toutefois moins de 250 000 abonnés selon des sources non officielles, contre 600 000 pour Canalplay fin 2014", rappelle le ministère, qui s'appuie sur les estimations publiées en début d'année par le cabinet Digital TV Research, selon lesquelles Netflix aurait séduit 200 000 à 250 000 abonnés. C'est pour le moment très loin de son ambition de conquérir d'ici 2020 à 2025 plus de 30 % du marché, soit environ 10 millions d'abonnés.

Le seuil de rentabilité de la plateforme se situerait autour de 10 % d'abonnés, et il n'en aurait pour l'instant que moins de 1 %, le public ayant été souvent déçu par la pauvreté du catalogue offert.

Le ministère de la Culture de Fleur Pellerin assure par ailleurs que "pour le moment, le lancement de Netflix (…) n'a pas eu d'impact très significatif sur le système de production audiovisuelle français", ni en bien (Marseille étant la seule série produite), ni en mal. Néanmoins, le gouvernement souhaite toujours renforcer la régulation pour assurer un terrain d'équité avec ses concurrents français, Canal+ en tête.

Il confirme ainsi sa volonté de faire appliquer le taux de TVA français sur les abonnements, de lui faire payer la taxe vidéo de 2 % payée par les services de VOD français pour financer le fonds du CNC, ou de lui faire payer l'impôt sur les sociétés en France. Autant de sujets qui dépendent des décisions européennes. La France veut aussi convaincre Bruxelles de soumettre les plateformes étrangères à ses règles de protection de l'exception culturelle, en particulier en terme de participation financière à la production des oeuvres françaises ou européennes, ou d'exposition de ces oeuvres dans les pages de listing. L'idée serait d'appliquer la législation du pays visé par l'offre commerciale, plutôt que celle du pays où elle est juridiquement implantée.

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