Le ministre de l'économie Emmanuel Macron a confirmé cette semaine la mise en place dans les prochaines semaines de l'Agence du numérique, qui regroupera les services de la Délégation aux usages de l'Internet (DUI), la mission France THD, et la French Tech.

Elle avait été annoncée en 2013 par Fleur Pellerin, mais accuse du retard. A l'occasion de l'examen du projet de loi de finances par l'Assemblée Nationale, le ministre de l'économie Emmanuel Macron a confirmé la mise en place "bientôt" de la future "Agence du numérique", qui sera installée "dans les prochaines semaines et les prochains mois".

Pour les coordonner dans un même mouvement de développement du numérique, à la fois en terme d'usages, de réseaux et de croissance économique, l'Agence du numérique rassemblera trois entités déjà rattachées au ministère de l'économie, de l'industrie et du numérique :

  • La Délégation aux usages de l'Internet (DUI) créée en 2003. Elle est "chargée de proposer et de coordonner des mesures permettant la diffusion des technologies de l’Internet auprès de l’ensemble des citoyens ainsi que d’accompagner les entreprises de l’Internet face aux mutations du réseau". Impliquée en particulier dans les problématiques de "fracture numérique", la délégation pilote plusieurs initiatives comme le portail Proxima Mobile, le déploiement des espaces publics numériques (NetPublic), l'initiative Ordi 2.0, le portail des métiers de l'internet ou encore Internet Sans Crainte — autant d'initiatives dont le rapport coût/intérêt a été remis en question.
     
  • La Mission Très Haut Débit (France THD), chargée de mettre en oeuvre le plan THD de couverture de l'ensemble des foyers au très haut débit d'ici 2022, et de la moitié d'entre eux d'ici 2017. Un chantier qui accuse un profond retard, comme l'a montré la carte des débits dévoilée par France THD en juillet dernier. Alors que la DUI s'intéresse à la fracture numérique en terme d'usages, France THD doit résorber la fracture en terme d'inégalité de débits sur le territoire.

    "En ce qui concerne le numérique, la meilleure réponse aux problèmes de la ruralité, le meilleur remède à l’isolement, c’est aussi le plan France très haut débit – je le dis dans un esprit de consensus, parce que je sais que c’est notre préoccupation à tous. Les crédits qui y sont alloués contribuent au désenclavement de la ruralité, parce que ce que nos jeunes veulent avant tout, c’est pouvoir accéder à des savoirs et des services. Ce plan est un élément très important, pour lequel, vous l’avez reconnu, des crédits ont été engagés, et l’Agence du numérique jouera un rôle clé", a assuré Emmanuel Macron.
     

  • La Mission French Tech, engagée par Fleur Pellerin et reprise par Axelle Lemaire. Dotée d'un budget de plus de 200 millions d'euros, la mission vise à promouvoir et dynamiser les start-up françaises avec des prises de participation ou des prêts, un accompagnement à la croissance, mais aussi un soutien aux écosystèmes locaux, à travers la délivrance de "labels French Tech" aux métropoles qui remplissent divers critères. 

Juridiquement, l'Agence du numérique devrait être constituée sous la forme d'un service à compétence nationale, à mi-chemin entre le service bureaucratique centralisé à Bercy et le service de mise en oeuvre pratique sur le terrain. S'ils bénéficient d'une certaine autonomie, les services à compétence nationale n'ont pas la liberté d'une agence administrative indépendante (AAI), ni la structure d'un établissement public.

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