Le journal Le Parisien a attaqué en contrefaçon le blog The Parisienne, au motif que celui-ci utilise une adresse trop proche d'une de ses marques, La Parisienne, utilisée pour son mensuel féminin. Le quotidien réclame l'abandon de l'URL, son transfert et 20 000 euros de dommages et intérêts.

Les habitants de Paris vont-ils devoir abandonner l'usage de leur gentilé lorsqu'ils voudront acquérir un nom de domaine pour leur blog ou leur site web ? C'est le sentiment qui se dégage depuis lundi, dans la mesure où le journal Le Parisien a décidé d'assigner en contrefaçon la propriétaire d'un blog qui a eu l'outrecuidance de l'intituler "The Parisienne", parce qu'elle vit dans la capitale.

L'affaire, racontée sur le blog de l'intéressée, a débuté avec l'envoi d'un courrier de mise en demeure il y a quelques mois. Le quotidien estime en effet que l'URL utilisée par la blogueuse ("theparisienne.fr") constitue une contrefaçon d'une de ses marques, à savoir "La Parisienne", qui est un magazine mensuel destiné à un public féminin. Et ce titre (lancé en 2008) est antérieur à The Parisienne (2009).

Heurtée par ce coup de pression juridique, la blogueuse a "pensé qu'il s'agissait d'un malentendu" et a donc "tenté de prendre contact directement avec le journal pour discuter"et trouver une solution pacifique, croyant que "le bon sens l’emporterait". Mais en matière judiciaire, le bon sens n'est guère utile, contrairement à un avocat. Or, la jeune femme a fait l'erreur de ne pas en prendre, pensant n'avoir rien fait de mal.

"J’ai donc ignoré la mise en demeure, plusieurs mois ont passé, et c’est l’assignation qui est arrivée", continue-t-elle. "Non content de demander l’abandon de l’URL, le transfert en pleine propriété de l’URL à la SAS Le Parisien libéré, le journal exige une somme de 20 000€ pour dommage et intérêts. Mais dans cette affaire, Le Parisien risque surtout d'écorner son image de marque et subir un "bad buzz".

Comme la blogueuse le raconte, de nombreux utilisateurs sur Twitter ont pris fait et cause contre le journal, estimant que ce dernier ne devrait pas pouvoir empêcher un internaute d'utiliser le gentilé de Paris dans l'URL d'un site, quand bien même celui-ci s'avère très proche des adresses utilisées par le quotidien.

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