Aux Etats-Unis, Facebook signale parfois aux internautes lorsqu'ils s'apprêtent à lire un article "satirique" tels que ceux que publie en France Le Gorafi. Une initiative qui pourrait en appeler d'autres plus contestables.

Se dirige-t-on vers un réseau social qui qualifiera le sérieux des informations relayées par ses utilisateurs ? Aux Etats-Unis, Facebook livre actuellement une expérimentation qui a pour effet de signaler aux internautes que les articles du site humoristique The Onion ne sont pas de vrais articles de presse sérieux, mais des articles satiriques.

Plus exactement, selon les constatations de Ars Technica, c'est lorsqu'un lien vers The Onion est ajouté automatiquement par Facebook dans un encadré "articles relatifs" que le qualificatif "[Satire]" est ajouté automatiquement avant le titre de l'article. Cette boîte apparaît notamment lorsqu'un utilisateur clique sur un lien de The Onion, puis revient sur le réseau social. Techniquement, ce ne sont donc pas les liens publiés par les utilisateurs qui sont modifiés, mais les liens suggérés par Facebook lui-même. Une subtilité qui lui évitera toute critique sur une modification des liens partagés par ses membres.

Reste que s'il persiste dans cette voie, qui pourrait être appliquée en France à des sites comme Le Gorafi, Facebook ouvrirait une boîte de Pandore. S'il prévient qu'un site est satirique, faudra-t-il aussi qu'il juge qu'un site de presse n'est "pas crédible", ou au contraire qu'il est "très sérieux", pour permettre aux internautes de se faire un avis sur la sincérité de l'information qu'il s'apprête à lire ?

C'était le vieux rêve de l'ancien ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres, qui avait suggéré la création d'un label de presse sérieuse.

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